Puis débuta l’année quatre-cent-un (1).
Le vendredi, quatrième jour de Muḥarram de cette année-là, la khuṭba fut prononcée à Mossoul au nom d’al-Ḥākim l’Ubaydite, sur ordre de son gouverneur Qirwāsh ibn Muqallad Abū Manīʿ (2), lequel y contraignit ses administrés. Ibn al-Jawzī (3) a reproduit in extenso la formulation de cette khuṭba, et l’on y lisait à la fin :
« Priez pour ses ancêtres parmi les califes : al-Mahdī, puis son fils al-Qāʾim, puis son fils al-Manṣūr, puis son fils al-Muʿizz, puis son fils al-ʿAzīz ; puis pour son fils al-Ḥākim, détenteur du pouvoir en ce temps. Multipliez les invocations en leur faveur, spécialement pour ledit al-Ḥākim. »
De même, on procéda ainsi dans le reste de ses dépendances (4), à al-Anbār, aux Madāʾin et ailleurs.
La cause en était qu’al-Ḥākim avait, à maintes reprises, dépêché lettres, émissaires et présents à Qirwāsh, cherchant à l’incliner vers lui, jusqu’à ce qu’advînt ce que nous avons rapporté [la khuṭba et autres]. Lorsque la nouvelle parvint à al-Qādir [bi-Llâh] (5) l’abbasside, il écrivit pour blâmer Qirwāsh ibn Muqallad de son acte et fit parvenir, par l’intermédiaire de Bahāʾ ad-Dawla, cent mille dīnārs à l’ʿAmīd al-Juyūsh afin de combattre Qirwāsh. Quand celui-ci l’apprit, il se ravisa, regretta ce qu’il avait fait, ordonna que la khuṭba pour al-Ḥākim fût interrompue dans ses territoires et la rétablit, selon l’usage, au nom d’al-Qādir l’abbasside.
Ibn al-Jawzī (6) relate encore : « Cinq jours avant la fin de Rajab, le Tigre connut une crue considérable ; celle-ci se maintint jusqu’au mois de Ramaḍān et atteignit vingt-et-une coudées et un tiers. L’eau pénétra dans la plupart des demeures de Bagdad. »
Au cours de la même année, le vizir Abū Ghālib ibn Khalaf revint à Bagdad, et Fakhr al-Mulk reçut le titre de ʿAmīd al-Juyūsh.