Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et au mois de Ramadan, la rumeur se répandit parmi les gens au sujet du calife al-Qâdir bi-llâh [qu’il était mort] (1). Il se présenta alors devant le public un vendredi après la prière, vêtu de la burda et tenant la baguette (qadîb). Le cheikh Abû Hâmid al-Isfarâ’înî arriva, baisa la terre devant lui et récita : « S’ils ne cessent, les hypocrites, ceux qui ont la maladie au cœur, et les propagateurs de rumeurs alarmantes dans la Ville, Nous te donnerons prise sur eux ; puis ils n’y demeureront avec toi que peu de temps (60), maudits où qu’on les trouve, on les saisira et on les massacrera impitoyablement » [al-Ahzâb, 60-61]. Alors les gens se mirent à pleurer, invoquèrent (Dieu) et s’en allèrent [en se réjouissant] (2).

Cette même année, on apprit que le Hâkim avait envoyé des émissaires à la demeure de Ja‘far ibn Muhammad al-Sâdiq à Médine, d’où ils saisirent un exemplaire du Coran et divers objets. Cette maison n’avait pas été ouverte depuis la mort de son propriétaire. Parmi les biens recueillis se trouvaient un gobelet en bois cerclé de fer, un battant en roseau, une lance et un lit. Le tout fut emporté en Égypte par un groupe de membres de la famille ‘alide. Là, le [Hâkim] (3) leur octroya de grands présents et des sommes généreuses. Il leur rendit le lit et prit le reste, en disant : « J’y ai plus droit qu’eux. » Ils repartirent en le blâmant [et en invoquant contre lui] (4).

La même année, le Hâkim fit construire une maison de la science (Dâr al-‘Ilm) et y installa des juristes. Puis, trois ans plus tard, il la fit démolir et exécuta nombre de ceux qui s’y trouvaient parmi les fuqahâ’, les traditionnistes et les gens de bien et de piété. Il fit aussi édifier la mosquée qui porte son nom dans les territoires égyptiens, la « mosquée du Hâkim », et mit beaucoup de soin dans sa construction.

La même année, au mois de Dhu al-Hijja, al-Mu’ayyad Hishâm ibn al-Hakam ibn ‘Abd al-Rahmân al-Umawî fut rétabli dans son règne, après en avoir été déchu puis emprisonné pendant une longue période. Cette année également, la khutba (prône du vendredi) des deux Lieux saints fut prononcée au nom du Hâkim al-‘Ubaydî, maître de l’Égypte et de la Syrie.

[Parmi les notables décédés cette année] (5), mentionnons Abû Ahmad al-Mûsawî an-Naqîb al-Husayn ibn Mûsâ ibn Muhammad ibn Ibrâhîm ibn Mûsâ ibn Ja‘far : il est le père d’al-Ridî et d’al-Murtadâ. Il exerça la fonction de naqîb (responsable des descendants du Prophète) à Bagdad à plusieurs reprises, environ cinq fois, étant parfois révoqué puis rétabli. Finalement, il conserva son poste jusqu’à la fin de sa vie, et mourut à l’âge de quatre-vingt-dix-sept ans (6). C’est Allâh al-Murtadâ lui-même qui dirigea sa prière funéraire, avant qu’il ne fût inhumé au sanctuaire d’al-Husayn.

(1) Entre crochets (ṭ). (2) Entre crochets (b) et (ṭ). (3) Entre crochets (ṭ). (4) Entre crochets (b) et (ṭ). (5) Entre crochets (ṭ). (6) Ibn Khallikān mentionne dans ses Vies (4/420) qu'il est né en 307 de l'Hégire, ce qui ferait de son âge à sa mort quatre-vingt-treize ans. Bachar ajoute toutefois que al-Dhahabī affirme qu'il est né en 304 de l'Hégire, comme il l'indique dans son Kitāb Tārīkh al-Islām (8/814).
وفي رمضان أرجف النَّاس بالخليفة القادر باللَّه [بأنه مات] (١) ، فجلس للنَّاس يوم جمعة بعد الصَّلاة، وعليه البُرْدَة وبيده القضيب، وجاء الشيخ أبو حامد الإسْفَرَاييني، فَقَبَّل الأرض بين يديه وقرأ ﴿لَئِنْ لَمْ يَنْتَهِ الْمُنَافِقُونَ وَالَّذِينَ فِي قُلُوبِهِمْ مَرَضٌ وَالْمُرْجِفُونَ فِي الْمَدِينَةِ لَنُغْرِيَنَّكَ بِهِمْ ثُمَّ لَا يُجَاوِرُونَكَ فِيهَا إِلَّا قَلِيلًا (٦٠) مَلْعُونِينَ أَيْنَمَا ثُقِفُوا أُخِذُوا وَقُتِّلُوا تَقْتِيلًا﴾ [الأحزاب: ٦٠ - ٦١] فتباكى الناس ودعوا وانصرفوا [وهم فراحا] (٢) . وفي هذه السنة ورد الخبر بأن الحاكم أنفذ إلى دار جعفر بن محمد الصَّادق بالمدينة، فأخذ منها مُصْحفًا وآلات كانت بها، وهذه الدار لم تفتح بعد موت صاحبها إلى هذه المدَّة، وكان مع المُصْحف قَعْبٌ خشب مطوَّق بحديد ودرفة خيزران وحربة وسرير، حمل ذلك كلَّه جماعةٌ من العلويين إلى الديار المصرية، فأطلق لهم [الحاكم] (٣) أنعامًا كثيرة ونفقات زائدة، ورد السرير وأخذ الباقي، وقال: أنا أحق به. فردوا وهم ذامُّون له [داعون عليه] (٤) . وبنى الحاكم في هذه السنة دارًا للعلم وأجلس فيها الفقهاء، ثم بعد ثلاث سنين هدمها، وقتل خلقًا كثيرًا ممن كان بها من الفقهاء والمحدِّثين وأهل الخير والدِّيانة. وعمَّر الجامع المنسوب إليه بالديار المصرية وهو جامع الحاكم، وتأنق في بنائه. وفي هذه السنة وفي ذي الحجَّة منها أعيد المُؤَيَّد هشام بن الحكم بن عبد الرحمن الأموي إلى ملكه بعد خلعه وحبسه مدة طويلة. وكانت الخطبة بالحرمين هذه السنة للحاكم العُبيدي صاحب مصر والشَّام. [وممن توفي فيها من الأعيان] [أبو أحمد الموسوي النقيب] (٥) الحسين بن موسى بن محمد بن إبراهيم بن موسى بن جعفر: أبو أحمد الموسوي النقيب، والد الرَّضي والمرتضى. ولي نقابة الطالبيين مرَّات ببغداد نحوًا من خمس مرات، يعزل ويعاد، ثم أقرَّ في آخر عمره، وتوفي عن سبعٍ وتسعين سنة (٦) ، وصلى عليه اللَّه المرتضى، ودفن في مشهد الحسين.
(١) ما بين حاصرتين من (ط). (٢) ما بين حاصرتين من (ب) و (ط). (٣) ما بين حاصرتين من (ط). (٤) ما بين حاصرتين من (ب) و (ط). (٥) ما بين حاصرتين من (ط). (٦) ذكر ابن خلكان في وفياته (٤/ ٤٢٠): أنه ولد سنة (٣٠٧ هـ) وعلى هذا تكون سِنُّهُ يوم توفي ثلاثًا وتسعين سنة. قال بشار: لكن الذهبي ذكر أنه ولد سنة (٣٠٤ هـ) كما هو بخطه في تاريخ الإسلام (٨/ ٨١٤).

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