Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Miṣrī, auteur de l’ouvrage « al-Zīj al-Ḥākimī » en quatre volumes, était fils de l’un des plus grands maîtres du ḥadīth et huffāẓ (1). Il composa une chronique de l’Égypte particulièrement utile, à laquelle les savants se réfèrent. Quant à lui, il se consacra à l’astronomie et atteignit (de son rang) (2) un niveau fort honorable. Il portait une grande attention à la science de l’observation astrologique (rasaḍ). Malgré cela, il était considéré comme simple d’esprit et vivait dans des conditions difficiles, portant des vêtements usés. Il était de haute taille, nouait un turban au-dessus d’un long tarbouche, passait un manteau par-dessus, et montait un âne, ce qui faisait rire ceux qui l’apercevaient.

Il se présentait pourtant devant le Ḥākim, souverain d’Égypte, qui lui témoignait des honneurs. On racontait à propos de sa naïveté des faits montrant qu’il ne se souciait guère de ses propres affaires. Il jouissait néanmoins de la réputation de témoin digne de confiance (shāhid muʿaddal) et il composa de belles poésies. Parmi celles-ci, citées par Ibn Khallikān dans son « al-Wafayāt » :

« Je charge le souffle du vent, quand il se lève,
d’un message d’un être qui languit de voir son bien-aimé.
Par mon âme, celui auprès de qui les cœurs revivent,
cet être par qui le monde s’épanouit, ainsi que sa fragrance.
La vision d’un hôte nocturne venu de lui a ranimé mon tourment :
celui-ci s’est glissé à l’heure avancée, à l’insu de son surveillant.
Par ma vie, j’ai délaissé ma coupe depuis son départ,
et je l’ai mise à l’écart, tant son éloignement a duré. » (3)

Quant à la mère d’Amir al-Muʾminīn al-Qādir bi-llāh, esclave affranchie de ʿAbd al-Wāḥid ibn al-Muqtadir, elle faisait partie des femmes dévotes et vertueuses, attachées à la religion. Elle mourut dans la nuit du jeudi 22 Shaʿbān de cette même année. Son fils al-Qādir pria sur sa dépouille, et elle fut transportée après la prière du soir à al-Ruṣāfa.

Ensuite arriva l’an 400 de l’Hégire de notre Prophète — que la meilleure des prières et le plus noble des saluts soient sur lui. Au mois de Rabīʿ al-Ākhir (de cette année) (4), le niveau du Tigre (Dijla) baissa fortement, révélant des îles jusqu’alors inconnues, si bien que la navigation fut interrompue dans certaines parties de la rivière autour d’Awāna et al-Rāshidiyya. On ordonna alors de curer ces endroits, ce qui n’avait jamais été fait auparavant.

Cette année-là, le mur de l’enceinte du sanctuaire (mashhad) à al-Ḥāʾir (5) fut achevé. Celui qui l’érigea fut Abū Muḥammad ibn al-Faḍl ibn Sahlān, pour s’acquitter d’un vœu qu’il avait fait (6).

(1) Sa biographie a été mentionnée dans "Wafayāt al-Sīyān" en l'année 347 de l'Hégire. (2) Entre des crochets dans la source (B). (3) Voir "Wafayāt al-A‘yān" (tome 3, p. 430) avec une divergence dans l’ordre des deux derniers vers. (4) Entre des crochets dans la source (T). (5) Al-Ḥāʾir : nom du lieu de la tombe de al-Ḥusayn ibn ʿAlī (que la paix soit sur lui), dans le "Muʿjam al-Buldān" (tome 2, p. 208). (6) Dans la source (T) : "et elle", les murs ont été achevés au mausolée de l’Amir al-Muʾminīn ʿAlī (que Dieu soit satisfait de lui), construit par Abū Isḥāq al-ʾArjānī, car Abū Muḥammad ibn Suhlān tomba malade et fit un vœu, s’il guérissait, de le construire. Il guérit, et ce qui est rapporté dans (Ḥ) et (B) concorde avec ce qui est dans "al-Muntaẓam".
المصْري، صاحب كتاب "الزِّيج الحاكمي" في أربع مجلَّدات، كان أبوه من كبار المحدِّثين الحُفَّاظ (١) ، أرخ لمصر تاريخًا نافعًا يرجع إليه العلماء. وأما هذا فإنه اشتغل بعلم النُّجوم، فنال [من شأوه] (٢) منالًا جيدًا، وكان شديد الاعتناء بعلم الرصد، وكان مع هذا مغفلًا سيئ الحال، رَثَّ الثياب، طويلًا يتعمم على طرطور طويل، ويتطيلس فوقه، ويركب حمارًا، فمن رآه ضحك منه، وكان يدخل على الحاكم صاحب مصر فيكرمه، ويذكر من تغفله ما يدلُّ على عدم اعتنائه بأمر نفسه، وكان شاهدًا معدلًا، وله شعر جيد، فمنه قوله فيما ذكره ابن خَلِّكان في "الوفيات" : أُحمِّلُ نَشْرَ الرِّيح عند هبوبه … رسالة مشتاقٍ لوجه حبيبه بنفسيَ من تحيا القلوبُ بقُرْبه … ومن طابت الدنيا به وبطيبه وجدَّد وَجْدي طائفٌ منه في الكَرَى … سَرَى مَوْهنًا في خُفْيةٍ من رقيبهِ لَعَمْري لقد عَطَّلْتُ كأسيَ بَعدَهُ … وغيَّبتُها عنِّي لطولِ مغيبهِ (٣) تعني أم أمير المؤمنين القادر باللَّه: مولاة عبد الواحد بن المقتدر. كانت من العابدات الصَّالحات، ومن أهل الفَضْل والدِّين، توفيت ليلة الخميس الثاني والعشرين من شعبان من هذه السنة، وصلَّى عليها ابنها القادر، وحُملت بعد العِشاء إلى الرُّصافة. ثم دخلت سنة أربعمئة من الهجرة النَّبوية على صاحبها أفضل الصلاة والسلام في ربيع الآخر [منها] (٤) نقصت دِجْلة نقصًا كثيرًا، حتى ظهرت جزائر لم تكن تعرف، وامتنع سير السفن في أماكنها من أوَانا والرَّاشدية، فأمر بكري تلك الأماكن ولم تكر قبل ذلك. وفيها كمل السُّور على المشهد بالحائر (٥) ، وكان الذي بناه أبو محمد بن الفضل بن سهلان عن نذر نذره (٦) .
(١) سلفت ترجمته في وفيات سنة (٣٤٧ هـ). (٢) ما بين حاصرتين من (ب). (٣) انظر وفيات الأعيان (٣/ ٤٣٠) مع اختلاف في ترتيب البيتين الأخيرين. (٤) ما بين حاصرتين من (ط). (٥) الحائر: اسم موضع قبر الحسين بن علي ﵁ ، معجم البلدان (٢/ ٢٠٨). (٦) في (ط): وفيها كمل السور على مشهد أمير المؤمنين علي (عليه السلام) الذي بناه أبو إسحاق الأرجاني، وذلك أن أبا محمد بن سهلان مرض، فنذر إن عوفي ليبنينَّه، فعوفي، والذي في (ح) و (ب) يوافق ما في المنتظم.

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