Il mourut au mois de Chaʿbân de cette année. Il était un homme de lettres éminent, un styliste accompli et un poète talentueux. Parmi ses vers, on cite :
« Ô toi dont la beauté et le caractère se ressemblent,
si bien que seuls mes yeux voyagent vers toi.
Le rougissement de mes larmes provient en secret de tes joues,
et la maigreur de mon corps est dérobée par tes paupières.
Il ne me reste plus un souffle pour me plaindre de ma passion pour toi,
car on ne se plaint que lorsqu’on a encore un souffle. »
• Muḥammad ibn Yaḥyā : Abū ʿAbd Allāh al-Jurjānī, l’un des savants pieux et ascètes, qui débattaient avec Abū Bakr al-Rāzī. Il enseignait à Qaṭīʿat al-Rabīʿ. Il fut frappé de paralysie à la fin de sa vie. À sa mort, il fut enterré auprès d’Abū Ḥanīfa (que Dieu lui fasse miséricorde).
[Badiʿ al-Zamān]
(1) Aḥmad ibn al-Ḥusayn ibn Yaḥyā ibn Saʿīd : Abū al-Faḍl al-Hamadānī, le ḥāfiẓ connu sous le nom de Badiʿ al-Zamān, était l’auteur d’épîtres raffinées et de maqāmāt remarquables. Al-Ḥarīrī a composé son œuvre sur le même modèle, suivant ses traces, le remerciant pour son antériorité et reconnaissant son mérite. Badiʿ al-Zamān avait étudié la langue auprès d’Ibn Fāris, puis s’était distingué. C’était l’un des éminents orateurs de son temps. On raconte qu’il fut empoisonné puis frappé d’une crise qui le laissa sans connaissance. Il fut enterré rapidement, mais on entendit par la suite ses cris en provenance de sa tombe. Quand on le déterra, on le trouva mort, agrippé à sa barbe, sous l’effet de la terreur de la tombe. Cela se passa un vendredi, le onzième jour de Jumādā al-Ākhira de cette même année. Que Dieu lui fasse miséricorde, lui pardonne, et nous accorde aussi Sa grâce.
[Puis vint l’année trois cent quatre-vingt-dix-neuf]
Cette année-là, Abū ʿAlī ibn Thamāl, gouverneur d’ar-Raḥba au nom du Ḥākim ʿUbaydī, fut tué par ʿĪsā ibn Khalaṭ al-ʿUqaylī, qui s’empara de la ville. ʿAbbās ibn Mirdās, seigneur d’Alep, l’en délogea ensuite et prit possession de la cité.
Cette même année, Abū ʿUmar ibn ʿAbd al-Wāḥid fut relevé de sa fonction de qāḍī à Baṣra, remplacé par Abū al-Ḥasan ibn Abī al-Shuwwārib. Les gens allaient alors féliciter le nouveau juge et présenter leurs condoléances à l’ancien. À ce propos, al-ʿUṣfurī déclara :
« J’ai une histoire plaisante, qu’on chanterait avec bonheur… »