Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il récitait le Coran et étudia le madhhab (école juridique) shaféite auprès d’Abou Saʿid al-Iṣṭakhri. Il reçut également la transmission de hadiths de la part d’Abou Bakr Aḥmad ibn Salmān al-Najjād. Al-Azji et al-Ṣaymari transmirent de lui. C’était un homme digne de confiance, pieux, qui faisait figure d’exemple dans la lutte contre les penchants de l’âme, dans la sincérité absolue (1), la chasteté et l’ascèse, le commandement du bien et l’interdiction du mal, ainsi que dans la qualité de ses sermons et le bienfait qu’il procurait aux cœurs.

Un jour, un homme vint à lui avec cent dinars et dit : « Je n’en ai pas besoin. » Il répliqua : « Prends-les et distribue-les à tes compagnons ici présents. » L’homme répondit : « Pose-les donc par terre », [ce qu’il fit] (2). Puis il dit à l’assistance : « Que chacun de vous prenne ce dont il a besoin [de cette somme] (3). » Ils en prirent donc la quantité nécessaire, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien. Puis son fils vint lui faire part [de] (4) leur indigence, et il lui répondit : « Va chez l’épicier et prends à mon compte un quart de livre de dattes. »

Un autre homme le vit un jour acheter un poulet et quelques douceurs ; intrigué, il le suivit et le vit remettre ses achats, une fois arrivé, à une maison où vivaient des orphelins et des veuves. Il gagnait par ailleurs sa subsistance en pilant le “saʿd” (5) pour les droguistes en échange d’un salaire, sur lequel il vivait.

Au moment de sa mort, il ne cessait de dire : « [Ô mon Seigneur] (6), c’est pour cette heure que je t’ai préservé. » Il décéda un mardi, alors qu’il restait sept jours à écouler du mois de Ḏū l-Ḥijja de cette année-là. On pria sur lui dans la mosquée al-Manṣūr, puis on l’inhuma dans le cimetière de l’imam Aḥmad.

Quant à Abou l-ʿAbbās ibn Wāṣil, qui gouverna Sīrāf, Baṣra et d’autres régions, il commença d’abord au service d’al-Karkh. On lui avait annoncé (7) qu’il règnerait, et ses compagnons se moquaient alors de lui et plaisantaient à son sujet. L’un disait : « Quand tu seras roi, engage-moi. » Un autre : « Fais-moi l’honneur de m’offrir un vêtement. » Et un troisième : « Inflige-moi ta punition. » Or, il arriva que les circonstances se modifièrent pour lui, au point qu’il prit effectivement le pouvoir sur Sīrāf, puis sur la Baṣra, et s’empara des terres de la Baṭīḥa appartenant à Muhadhdhab al-Dawla, qu’il chassa au loin, si bien que celui-ci dut, à un moment du trajet, chevaucher une vache. Ibn Wāṣil s’empara alors des biens et provisions qui s’y trouvaient, marcha sur al-Ahwāz et vainquit Bahāʾ al-Dawla. Par la suite, Bahāʾ al-Dawla parvint à le capturer, le mit à mort au mois de Shaʿbān de cette année, et fit promener sa tête de ville en ville. Dieu Très-Haut est plus savant quant à la vérité.

(1) Dans al-Muntaẓam (7/235) : et l'emploi du terme « al-jadd al-muḥaḍ ». (2) Entre deux parenthèses de (Ṭ). (3) Entre deux parenthèses de (B) et (Ṭ). (4) Entre deux parenthèses de (Ṭ). (5) Al-Suʿd : agréable, et il présente un bénéfice étonnant pour les ulcères dont la cicatrisation est difficile. Al-Qāmūs (Saʿd). (6) Entre deux parenthèses de (B) et (Ṭ). (7) Dans (Ṭ) : « manṣūran ». C’est une erreur de copie.
قرأ القرآن، ودرس مذهب الشَّافعي على أبي سعيد الإصْطخري، وسمع الحديث من أبي بكر أحمد بن سلمان النَّجَّاد، وروى عنه الأزجي والصَّيْمري، وكان ثِقَةً صالحًا يضرب به المثل في مجاهدة النَّفْس، والصِّدْق المحض (١) ، والتعفُّف والتقشُّف، والأمر بالمعروف والنهي عن المنكر، وحُسْنِ وَعْظه ونفعه في القلوب. جاءه يومًا رجل بمئة دينار فقال: أنا غنيٌّ عنها. قال: خُذْها، فَفَرِّقْها على أصحابك هؤلاء. فقال: ضَعْها على الأرض، [فوضعها] (٢) ، ثم قال للجماعة: ليأخذ كلُّ واحدٍ منكم حاجته [منها] (٣) . فجبلوا يأخذون بقدر حاجتهم حتى أنفدوها، وجاءه ولده بعد ذلك فشكا [إليه] (٤) حاجتهم فقال: اذهب إلى البَقَّال، فخذ عليَّ ربع رطل تمر. ورآه رجلٌ وقد اشترى دجاجة وحلواء، فتعجَّب من ذلك فاتبعه، فانتهى إلى دارٍ فيه أيتام وأرامل فدفعها إليهم. وقد كان يدقُّ السُّعد (٥) للعطَّارين بالأُجرة، ويقتات منه، ولما حَضَرَتْهُ الوفاة جعل يقول: [سيدي] (٦) لهذه السَّاعة خَبَّأْتك. كانت وفاته يوم الثلاثاء لسبع بقين من ذي الحجّة من هذه السنة، وصُلِّي عليه بجامع المنصور، ودفن بمقبرة الإمام أحمد. أبو العَبَّاس بن واصل: صاحب سِيراف والبَصْرة وغيرهما من البلاد، كان أولًا يخدُم بالكَرْخ، وكان مَبْصُورًا (٧) له أنه سيملك، فكان أصحابه يهزؤون به ويمجنون عليه، فيقول أحدهم: إذا ملكتَ فاستخدمني، ويقول الآخر: اخلع عليَّ، ويقول الآخر: عاقبني. فقدر له أنه تنقلت به الأحوال إلى أن ملك سيراف ثم البصرة، وأخذ بلاد البطيحة من مهذَّب الدولة، وأخرجه منها طريدًا، بحيث احتاج في بعض الطريق إلى أن ركب بقرةً. واستحوذ ابن واصل على ما هناك من الأموال والحواصل، وقصد الأهواز وهزم بهاء الدولة، ثم ظفر به بهاءُ الدولة، فقتله في شعبان من هذه السنة، وطيف برأسه في البلاد. واللَّه تعالى أعلم بالصواب.
(١) في المنتظم (٧/ ٢٣٥): واستعمال الجد المحض. (٢) ما بين حاصرتين من (ط). (٣) ما بين حاصرتين من (ب) و (ط). (٤) ما بين حاصرتين من (ط). (٥) السُّعْد: طيب، وفيه منفعة عجيبة في القروح التي عَسُرَ اندمالها. القاموس (سعد). (٦) ما بين حاصرتين من (ب) و (ط). (٧) في (ط): منصورًا. وهو تصحيف.

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