Le cheikh l’appela, docile et attentif à son ordre… Il l’accompagne d’une large avancée là où il pose son doigt.
Et me voici, prêt à partir demain vers sa demeure… J’essaie de devancer au plus vite ce qu’il a fixé pour moi.
La mort d’Abou Sa‘îd al-Ismā‘îlî survint soudainement à Jurjân au mois de Rabî‘ al-Âkhir, alors qu’il se tenait debout en prière dans le mihrab, lors de la prière du Maghrib. Quand il récita : « C’est Toi [Seul] que nous adorons et c’est de Toi [Seul] que nous implorons secours » (Iyyâka na‘budu wa iyyâka nasta‘în), son âme s’envola. Il mourut — qu’Allah lui accorde Sa miséricorde (1).
Muhammad ibn Ahmad (2) ibn Muhammad ibn Ja‘far ibn Muhammad ibn Bahîr (3), Abou ‘Amr al-Muzakkî, le grand Hâfiẓ de Neyshâbûr, connu sous le nom d’al-Bahîrî (4), voyagea à travers différents horizons à la recherche du savoir. Il était un excellent mémorisateur et un rapporteur fiable. Il enseigna à Bagdad et dans d’autres régions, puis il mourut au mois de Sha‘bân de cette année, âgé de soixante-trois ans (5).
Abou ‘Abd Allâh ibn Mandah (6), le grand Hâfiẓ Muhammad ibn Isḥâq ibn Muhammad ibn Yaḥyâ ibn Mandah, Abou ‘Abd Allâh al-Aṣfahânî, provenait d’une famille réputée pour la science du ḥadîth et la mémorisation. Il voyagea dans de lointaines contrées, entendit de nombreux ḥadîths et composa des ouvrages sur l’histoire et les maîtres qu’il avait rencontrés.
Abou al-‘Abbâs Ja‘far ibn Muhammad al-Ḥâfiẓ déclara : « Je n’ai jamais vu personne ayant meilleure mémoire qu’Abou ‘Abd Allâh ibn Mandah. » Il mourut à Iṣfahan au mois de Ṣafar de la même année. Qu’Allah lui fasse miséricorde, ainsi qu’à nous.
[Puis vint l’année 397]
Cette année-là se produisit la révolte d’Abou Rukwah contre le ḥâkim ‘Ubaydî, maître de l’Égypte.
En résumé, cet homme descendait de Hishâm ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân, de la lignée omeyyade. Il portait le nom d’al-Walîd, mais on le surnommait Abou Rukwah à cause d’un petit récipient (rukwah) qu’il emportait dans ses voyages, à la manière des soufis. Il avait entendu des ḥadîths sur le territoire égyptien, puis s’était installé à La Mecque, avant de se rendre au Yémen, puis en Syrie. Dans tout ce parcours, il prenait l’allégeance de ceux qui reconnaissaient son autorité, parmi