Cette année, le pèlerinage en provenance d’Irak fut interrompu à cause des Bédouins.
[Parmi les notables décédés cette année, on compte :]
• Ibrāhīm ibn Aḥmad ibn Muḥammad, Abū Isḥāq, at-Ṭabarī le juriste mālikite, prééminent parmi les correcteurs de témoignages à Bagdad et maître des lectures (coraniques). Il écouta de nombreux hadiths, et ad-Dāraquṭnī compila pour lui cinq cents fascicules de hadiths. Il était généreux, et comblait les gens de savoir de ses largesses. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
• Aṭ-Ṭāʾiʿ, ʿAbd al-Karīm ibn al-Muṭīʿ (1) : Nous avons déjà relaté la manière dont Bahāʾ ad-Dawla Abū Naṣr ibn ʿAḍud ad-Dawla l’avait déposé (2), le confiant ensuite à une chambre dans le palais califal, où il reçut de nombreuses rentes et de très grandes faveurs jusqu’à sa mort, survenue la nuit de l’Aïd al-Fiṭr de cette année, alors qu’il était âgé de soixante-seize ans. Il exerça la fonction de calife pendant dix-sept ans, six mois et cinq jours. Al-Qādir bi-llāh fit la prière funéraire sur lui, en prononçant cinq takbīrs, et les grands dignitaires et notables assistèrent à ses funérailles. Il fut inhumé à ar-Ruṣāfa.
• Muḥammad ibn ʿAbd ar-Raḥmān ibn al-ʿAbbās ibn Zakariyyā (3), Abū Ṭāhir al-Mukhalliṣ : c’était un grand shaykh, abondant en transmissions. Il avait écouté (les hadiths de) al-Baghawī, Ibn Ṣāʿid et de nombreuses autres personnes. De son côté, al-Barqānī, al-Azharī, al-Khallāl et at-Tanūkhī rapportèrent ses témoignages. Il était digne de confiance et comptait parmi les pieux. Il mourut durant le mois de Ramaḍān de cette année, à l’âge de quatre-vingt-huit ans – qu’Allah lui fasse miséricorde.
• Muḥammad ibn ʿAbd Allāh (4), Abū al-Ḥasan as-Sallamī : un poète accompli, célèbre pour ses vers, et auteur d’odes à la gloire de ʿAḍud ad-Dawla [et d’autres] (5).
• Maymūna bint Sāqūla, la prédicatrice, gardienne (dans sa mémoire) du Coran : elle raconta un jour, au cours de son exhortation, que le vêtement qu’elle portait – en le montrant – était à son service depuis quarante-sept ans sans s’être altéré, précisant qu’il avait été tissé par sa mère. Puis elle ajouta : « Un vêtement dans lequel on ne désobéit pas à Dieu ne se déchire pas rapidement. »
Son fils, ʿAbd aṣ-Ṣamad, rapporta : « Il y avait dans notre maison un mur sur le point de s’effondrer. Je lui dis : “Ne devrions-nous pas appeler un maçon pour réparer ce mur ?” Alors elle prit un bout de papier, y écrivit quelque chose, puis me demanda de le déposer à un endroit précis du mur. Je l’y plaçai, et il resta ainsi pendant vingt ans. Lorsque ma mère mourut, je voulus prendre connaissance de ce qu’elle avait écrit sur ce papier. Mais dès que je l’ôtai du mur, celui-ci s’effondra. »