Les notables l’accueillirent en raison de ses bienfaits à leur égard, le transportèrent pour le pèlerinage, le firent stationner à ʿArafāt, puis le ramenèrent à Médine et l’enterrèrent dans sa propre terre (1).
Ibn al-Ḥajjāj le poète (2), al-Ḥusayn ibn Aḥmad ibn al-Ḥajjāj, Abū ʿAbd Allāh, était un poète licencieux, dont les vers contiennent des termes si crus que la langue répugne à les prononcer et l’oreille à les écouter. Son père figura parmi les grands fonctionnaires. Quant à lui, il fut investi de la fonction de ḥisba à Bagdad à l’époque de ʿIzz ad-Dawla ibn Muʿizz ad-Dawla ibn Būyah ; il y nomma alors six adjoints, tandis que lui-même se détourna de cette responsabilité pour se consacrer à des poèmes futiles et à des opinions faibles. Toutefois, sa poésie se distinguait par sa qualité formelle, au point de révéler sa maîtrise et sa capacité à façonner des idées malsonnantes, extrêmement choquantes, en des expressions éloquentes. Il composa également d’autres poèmes estimables et, un jour (3), fit l’éloge du souverain d’Égypte, qui, en retour, lui envoya mille dinars.
Le qāḍī Ibn Khallikān rapporte qu’il aurait été relevé de ses fonctions de ḥisba à Bagdad par Abū Saʿīd al-Iṣṭakhrī (4). Cette affirmation est toutefois faible et difficile à admettre de la part d’un juge, car Abū Saʿīd est mort en 328 de l’Hégire : comment aurait-il pu démettre Ibn al-Ḥajjāj de la ḥisba de Bagdad ? Il n’est guère envisageable, en pratique, qu’il ait exercé cette fonction après Abū Saʿīd al-Iṣṭakhrī. Mais nous avons fait cette remarque à Ibn Khallikān, célèbre en la matière : il date en effet le décès de ce dernier de cette année-là, et mentionne al-Iṣṭakhrī selon ce qui précède (5).
Le šarīf al-Raḍī rassembla les poèmes de bonne facture d’Ibn al-Ḥajjāj dans un dīwān indépendant et le pleura à sa mort, à l’instar d’autres poètes. Quant à ʿAbd al-ʿAzīz ibn Aḥmad (6) ibn al-Ḥasan al-Kharazī (7), il fut juge à al-Mukharrim (8) ainsi que dans les districts jouxtant la demeure du califat. Il appartenait à l’école ẓāhirite de Dāwud et se distinguait par sa finesse et son esprit. Deux mandataires plaidèrent devant lui ; l’un d’eux se mit à pleurer durant la procédure. Le juge lui dit alors : « Montre-moi ta procuration. » Le plaideur la lui remit, il la lut puis lui dit : « Pourquoi… ? »