Al-Khaṭīb al-Baghdādī a dit : « Le shaykh Abou al-Ṭayyib al-Ṭabarī nous a récité ceci en disant : “Al-Muʿāfā ibn Zakariyyā nous a rapporté de lui-même :
‘Ô toi qui me jalousais, sais-tu à qui tu as manqué d’égards ?
En vérité, c’est envers Dieu que tu as failli dans Son acte (1),
car tu n’as pas agréé (2) ce qu’Il m’a accordé.
C’est pourquoi Il t’a rétribué à mon sujet en m’augmentant encore
et en te fermant toutes les voies (3) pour parvenir à tes fins.’”
Il (Al-Muʿāfā ibn Zakariyyā) mourut – qu’Allah lui fasse miséricorde – en Dhū al-Ḥijja [de cette année] (4), à l’âge de quatre-vingt-cinq ans.
Ibn Fāris, l’auteur du “Mujmal”, serait décédé en l’an quatre-vingt-quinze selon une autre version, comme il sera mentionné plus loin (5).
‘Amat al-Salām (6) – fille du cadi Abou Bakr Aḥmad ibn Kāmil ibn Khalaf ibn Shajara (7), dite Umm al-Fatḥ – avait entendu (des hadiths) de Muḥammad ibn Ismāʿīl al-Baṣlānī et d’autres. Al-Azharī, al-Tanoukhī, Abou Yaʿlā ibn al-Farrā et bien d’autres ont transmis d’elle. Plusieurs l’ont louée pour sa piété, son mérite et son rang éminent. Elle naquit en Rajab de l’an quatre-vingt-dix-huit et mourut en Rajab de cette même année, à l’âge de quatre-vingt-douze ans. Qu’Allah lui fasse miséricorde ainsi qu’à nous, par Sa générosité.
[Ensuite vint l’année trois cent quatre-vingt-onze]
Cette année-là, le calife al-Qādir bi-llāh désigna son fils Abou al-Faḍl comme héritier (walī al-ʿahd) pour lui succéder, et on prononça le sermon (khuṭba) en sa faveur [sur les chaires après son père] (8). On lui attribua le surnom de “al-Ghālib bi-llāh”. Il était alors âgé de huit ans et quelques mois, mais la chose ne put être menée à bien. La raison de cette précipitation tenait à ce qu’un homme du nom de ʿAbd Allāh ibn ʿUthmān al-Wāthiqī (9) se rendit dans certaines contrées turques, prétendant qu’al-Qādir bi-llāh l’avait fait walī al-ʿahd après lui, si bien que l’on prononça là-bas le sermon en son nom. Lorsque la nouvelle parvint à al-Qādir, celui-ci envoya des hommes pour l’arrêter, et il prit la fuite…»