Puis arriva l’année trois cent quatre-vingt-dix (390). Cette année-là, dans la région de Sijistān, on découvrit un gisement d’or. On y creusait comme dans des puits et on en extrayait de l’or rouge.
Au cours de la même année, l’émir Abū Naṣr ibn Bakhtiyār, gouverneur des terres de Fārs, fut tué, et Bahāʾ al-Dawla en prit possession.
De même, cette année-là, al-Qādir bi-llāh confia la magistrature (qadāʾ) de Wāsiṭ et de ses environs à Abū Ḥāzim Muḥammad ibn al-Ḥasan al-Wāsiṭī. Son acte de nomination fut lu à Dār al-Khilāfa, et al-Qādir lui adressa une longue et belle recommandation, que Ibn al-Jawzī rapporta intégralement dans son “Muntaẓam” (1). Cette recommandation comportait de bons conseils, des commandements et des interdits louables [excellents] (2).
Parmi les notables décédés cette année-là, on compte :
• Aḥmad ibn Muḥammad ibn Abī Mūsā, Abū Bakr al-Hāshimī, le juriste mālikite, qui exerça le rôle de cadi à al-Madāʾin et ailleurs. Il prêcha à la mosquée al-Manṣūr, écouta de nombreux enseignements et une foule considérable transmit de lui, notamment d’après la sélection d’al-Dāraquṭnī. Il était chaste, intègre, digne de confiance et pieux. Il mourut en Muḥarram de cette année, âgé de soixante-quinze ans.
• ʿUbayd Allāh ibn ʿUthmān ibn Yaḥyā, Abū al-Qāsim al-Daqqāq, connu sous le nom d’Ibn Janīqā (4). Le remarquable juge Abū Yaʿlā ibn al-Farrāʾ – qui était son petit-fils (5) – déclara que la forme correcte était « Jaliqā » avec un lām, et non « Janīqā » avec un nūn. Il avait entendu le ḥadīth dans des conditions d’authenticité et al-Azharī ainsi qu’al-ʿUtayqī transmirent de lui. Muḥammad ibn Abī al-Fawāris (6) dit de lui : « Il était digne de confiance, sûr, de caractère noble ; nous n’avons jamais vu son pareil. Que Dieu lui fasse miséricorde. »
• Al-Ḥusayn ibn Muḥammad ibn Khalf ibn al-Farrāʾ, le père du cadi Abū Yaʿlā. Il était pieux, juriste selon la doctrine d’Abū Ḥanīfa, et il transmit le ḥadīth. Son fils, Abū Khāzim Muḥammad ibn al-Ḥusayn (8), a rapporté de lui.