Bahâ’ ad-Dawla gouverna cinq mois et composait de la poésie. Il mourut au mois de Shaʿbân de cette année.
Muhammad ibn Ahmad ibn Ibrâhîm, Abû al-Faraj (1), connu sous le nom de Ghulâm ash-Shanabûdhî, était un savant des lectures coraniques et de leur interprétation. On rapporte qu’il avait mémorisé cinquante mille vers (2) utilisés comme preuves et illustrations (shawâhid) pour le Coran. Malgré cela, on se montra critique à son égard, ainsi qu’à propos de sa transmission d’Abû al-Hasan ibn Shanabûd (3), et ad-Dâraqutnî en parla en des termes défavorables. Il mourut au mois de Safar de cette année et était né en l’an 301 (4).
[Ensuite vint l’année 389 (de l’Hégire)]
Cette année-là, Mahmûd ibn Subuktakîn se rendit dans les contrées du Khurâsân, qu’il arracha aux mains des Sâmânides. Il les affronta à plusieurs reprises au cours de cette année et de la précédente, jusqu’à leur ôter toute présence et tout vestige dans ces régions, faisant ainsi s’éteindre leur dynastie. Il se tourna ensuite contre Ilik, roi des Turcs par-delà le fleuve, après la mort du grand khan que l’on nommait Fâʾiq ; il entraîna avec eux guerres et épreuves.
Au cours de la même année, Bahâ’ ad-Dawla s’empara des territoires de Fârs et du Khûzistân.
Cette année-là, les chiites voulurent organiser la décoration qu’ils avaient coutume de préparer le jour de Ghadîr Khumm, correspondant, selon leur dire, au dix-huitième jour de Dhû al-Hijja. Ils furent alors combattus par d’autres gens ignorants se réclamant de la Sunna, lesquels prétendirent que c’était en ce même jour que le Prophète (ﷺ) et Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) étaient assiégés dans la grotte, et ils s’opposèrent à cette célébration. Cet argument procède lui aussi de l’ignorance, car l’événement en question se produisit plutôt au début du mois de Rabîʿ al-Awwal la première année de l’Hégire : ils y séjournèrent trois jours et, une fois sortis de la grotte, se dirigèrent vers Médine, y entrant environ huit jours plus tard. L’arrivée du Prophète (ﷺ) à Médine est d’ailleurs connue pour avoir eu lieu le douzième jour de Rabîʿ al-Awwal, fait établi et avéré.
Et comme les chiites instituaient, le jour de ʿÂshûrâ’, une cérémonie de deuil exprimant leur affliction pour al-Husayn, un autre groupe parmi les ignorants se réclamant de la Sunna les imita d’une certaine manière en instituant qu’au dix-huitième jour de Muharram, survint la mort de Musʿab ibn az-Zubayr. Ils organisèrent donc pour lui une cérémonie du même type que les chiites pour al-Husayn et se mirent à visiter sa tombe comme on visite celle d’al-Husayn. Tout cela relève de l’innovation (bidʿa), à laquelle on a opposé une autre innovation équivalente. Or, seule la Sunna authentique peut mettre fin à l’innovation. Qu’Allah accorde Sa grâce et Sa réussite.