Le hâfiẓ (maître de hadith) Abū Yaʿlā al-Khalīlī déclara dans son ouvrage «l’Irshād» : «Il est décédé en l’an deux (1) et quatre cents, et Dieu, qu’Il soit exalté, le sait mieux.»
[Puis vint l’année trois cent quatre-vingt-huit]
Ibn al-Jawzī a dit : «Au cours du mois de Dhu al-Ḥijja de cette année, une forte grêle s’abattit sur Bagdad, au point que l’eau gela dans les hammams et que l’urine des bêtes gela dans les rues.
Cette année-là, les envoyés d’Abū Ṭālib Rustom ibn Fakhr ad-Dawla arrivèrent. Le calife lui prêta serment et l’établit dans son autorité sur la région de Ray. Il lui attribua le titre de Majd ad-Dawla Kahf al-Umma, et lui envoya des robes d’honneur ainsi que des étendards. Le même traitement fut réservé à Badr ibn Ḥasanawayh, auquel il donna le titre de Nāṣir ad-Dīn wa ad-Dawla, et qui était particulièrement généreux dans ses aumônes.
En cette même année, ʿUbayd Allāh (3) ibn Jaʿfar, connu sous le nom d’Ibn al-Waththāb et affilié au service du calife al-Ṭāʾiʿ (4), s’échappa de la prison du palais califal vers la région de Baṭīḥa, où il fut accueilli par son maître, Mihdhab ad-Dawla. Puis al-Qādir bi-llāh envoya des hommes pour le ramener, en resserrant davantage sa détention. Il parvint pourtant à fuir de nouveau, cette fois en direction de Kīlān, où il prétendit être le calife al-Ṭāʾiʿ. Les gens le crurent, lui prêtèrent allégeance et lui versèrent la dîme (al-ʿushr) et d’autres taxes. Or, certains d’entre eux se rendirent à Bagdad et s’informèrent de la réalité de l’affaire, découvrant qu’elle n’avait aucun fondement ni validité. Ils se détournèrent alors de lui, son influence s’évanouit, et sa situation se détériora à tel point qu’il dut s’enfuir vaincu.
Cette année-là, l’émir des Égyptiens conduisit les gens au pèlerinage, et le prêche (khuṭba) y fut prononcé au nom du Ḥākim de la dynastie ʿUbaydī.
[Parmi ceux qui décédèrent cette année-là]
[al-Khaṭṭābī] (6) : il s’agit d’Abū Sulaymān Ḥamd – certains disent Aḥmad – ibn Muḥammad ibn Ibrāhīm ibn al-Khaṭṭāb al-Khaṭṭābī al-Bustī, l’une des figures notoires et des savants jurisconsultes spécialistes du hadith, particulièrement prolifique. Parmi ses ouvrages figurent «Maʿālim as-Sunan» et son «Commentaire (Sharḥ) du Saḥīḥ d’al-Bukhārī», ainsi que d’autres études bénéfiques et utiles. Il composa également de la belle poésie, dont ce vers :