Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

J’ai dit alors aux jours de la fraîcheur de ma jeunesse : « Venez à moi, car voici le temps de la joie ! / Quand un homme a atteint l’ensemble de ses espérances, il ne lui reste plus de refuge où se retirer. »

Puis il déclara à ses compagnons : « Rejoignez-moi tôt demain pour la boisson matinale (aṣ-ṣabūḥ). » Il se dirigea ensuite vers la pièce où il prenait son repos. Mais à l’aube, Mu’ayyad ad-Dawla l’arrêta, s’empara de tout ce que renfermait sa demeure en provisions et en richesses, en fit un exemple pour tous, et rendit le vizirat à Ibn ‘Abbād.

Ibn al-Jawzī rapporte qu’au moment où la mort approcha Ibn ‘Abbād (1), le roi Fakhr ad-Dawla ibn Mu’ayyad ad-Dawla vint le voir pour qu’il le conseille dans la conduite de ses affaires. Il lui dit alors : « Je t’enjoins de poursuivre les choses selon l’ordre où je les ai laissées, et de ne rien changer. Car si tu les perpétues ainsi, elles te seront toutes attribuées, depuis le début jusqu’à la fin. En revanche, si tu les modifies et adoptes une autre voie, aussi bien ces affaires que tout le bien déjà accompli me seront alors imputés, et non à toi. Or, je préfère que ce bien te soit attribué, même si c’est moi qui t’en ai donné l’idée. » Le roi fut séduit par ces propos et resta fidèle aux bienfaits auxquels Ibn ‘Abbād l’avait invité. Celui-ci mourut dans l’après-midi du vendredi, six jours avant la fin du mois de Ṣafar (2).

Ibn Khallikān déclare : « Il est le premier ministre à avoir été désigné sous le nom d’al-Ṣāḥib, nom qui fut ensuite utilisé pour ceux qui lui succédèrent. On l’appela ainsi en raison de sa longue compagnie auprès du vizir Abū al-Faḍl ibn al-‘Amīd ; on le nommait “le compagnon d’Ibn al-‘Amīd”, et ce nom lui resta pendant qu’il occupait la fonction de vizir. » Al-Ṣābiʾ, dans son ouvrage “at-Tājī”, mentionne pour sa part que c’est Mu’ayyad ad-Dawla ibn Būyah qui le surnomma al-Ṣāḥib, car ils avaient été compagnons depuis l’enfance, si bien qu’il l’appelait « le Compagnon ». Lorsqu’il accéda au pouvoir et le nomma vizir, il le désigna à son tour par ce titre, et celui-ci lui resta. Les vizirs qui vinrent après lui héritèrent le même titre (3).

Ibn Khallikān évoque ensuite de larges extraits de ses libéralités, de ses vertus, ainsi que l’éloge que les gens faisaient de lui. Il énumère de nombreux ouvrages dont il est l’auteur, parmi lesquels on compte son livre “al-Muḥīṭ” consacré à la langue, en sept volumes, qui rassemble une grande partie du lexique arabe. Il cite également plusieurs citations poétiques, dont celle-ci – particulièrement subtile :

« Le verre s’est affiné, et le vin s’est affiné,
Ils se sont mêlés au point de ne plus se distinguer.
On dirait qu’il y a du vin, sans le verre,
Et l’on dirait qu’il y a le verre, sans le vin. »

(1) Entre deux parenthèses de (b). (2) Voir al-Muntaẓam (7/181). Je dis : Lorsque le compagnon est décédé, Fakhr ad-Dawla fit preuve de prudence envers ses biens et sa demeure, et transféra tout ce qui s'y trouvait à lui-même, puis il fit arrêter les compagnons d'Ibn ʿAbbād. Tout cela est rapporté par Ibn al-ʿAṭīr dans son al-Kāmil (9/110-111), qui dit : « Qu'Allah maudisse le service des rois ! C'est leur comportement envers celui qui leur prodigue des conseils, alors qu'en est-il envers les autres ! » (3) Voir Wafayāt al-Aʿyān (1/229).
وقُلْتُ لأيَّامِ شَرْخِ الشَّباب … إليَّ فهذا أوانُ الفَرَحْ إذا بَلَغَ المَرْءُ آمالَهُ … فليسَ لهُ بعدها مُنْتَزحْ ثم قال لندمائه: باكروني غدًا إلى الصَّبُوح، ونهض إلى بيت منامه، فما أصبح حتى قبض عليه مُؤَيَّد الدولة، وأخذ جميع ما في داره من الحواصل والأموال، وجعله مُثْلَةً في العباد، وأعاد إلى وزارته ابنَ عَبَّاد. وقد ذكر ابنُ الجوزي أن ابن عباد [لما] (١) حَضَرَتْه الوفاة جاءه الملك فخرُ الدولة بن مؤيد الدولة يعوده ليوصيه في أموره فقال له: إني موصيك أن تستمرَّ بالأمور على ما تركتها عليه، ولا تغيرها، فإنك إن استمريت بها نُسبت إليك من أول الأمر إلى آخره، وإن غيَّرْتها، وسلكت غيرَها نسبت هي والخير المتقدِّم إليَّ لا إليك، وأنا أحبُّ أن تكون نسبةُ الخير إليك، وإن كنتُ أنا المشير بها عليك. فأعجبه منه ذلك، واستمرَّ بما أوصاه به من الخير، وكانت وفاته في عشية يوم الجمعة لستٍّ بقين من صفر (٢) . قال ابنُ خلِّكان: وهو أول من سُمِّيَ من الوزراء بالصَّاحب، ثم استعمل بعده فيهم، وإنما سُمي بذلك لكثرة صحبته الوزير أبي الفَضْل بن العميد، فكان يقال له صاحب ابن العميد، ثم أطلق عليه أيام وزارته. وقال الصَّابئ في كتابه "التاجي" : إنما سمَّاه الصَّاحب مؤيدُ الدولة بن بويه لأنه كان صاحبه من الصِّغر، فكان يسميه الصَّاحب، فلما ملك واستوزره سمَّاه الصاحب فاستمر به، وتسمى به الوزراء بعده (٣) . ثم ذكر ابنُ خلِّكان قطعةً صالحة من مكارمه وفضائله وثناء الناس عليه، وعدَّد له مصنفات كثيرة، منها كتابه "المحيط" في اللغة في سبعة مجلدات، يحتوي على أكثر اللغة، وأورد من شعره أشياء منها قوله -وهو صنيع لطيف-: رَقَّ الزُّجاجُ ورَقَّتِ الخَمْرُ … وتشابها فَتَشَاكَلَ الأمْرُ فكأنَّما خَمْرٌ ولا قَدَحٌ … وكأنّما قَدَحٌ ولا خَمْرٌ
(١) ما بين حاصرتين من (ب). (٢) انظر المنتظم (٧/ ١٨١). قلت: وحين توفي الصاحب أنفذ فخر الدولة من احتاط على ماله وداره، ونقل جميع ما فيها إليه، ثم قبض على أصحاب ابن عباد، ذكر ذلك كله ابن الأثير في كامله (٩/ ١١٠ - ١١١) وقال: فقبح اللَّه خدمة الملوك، هذا فعلهم مع من نصح لهم، فكيف مع غيره! (٣) انظر وفيات الأعيان (١/ ٢٢٩).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies