Ubayd Allâh (1) ibn Muhammad ibn Nâfiʿ ibn Makram, Abû al-ʿAbbâs al-Bustî l’ascète, hérita de ses pères une grande fortune, qu’il dépensa entièrement dans les œuvres de bien et les actes de piété. Il était très assidu dans l’adoration. On raconte qu’il vécut soixante-dix ans sans jamais s’appuyer contre un mur ou autre chose, ni s’allonger sur un oreiller. Il accomplit le pèlerinage depuis Nishâbûr en marchant, pieds nus, se rendit en Syrie et séjourna plusieurs mois à Bayt al-Maqdis (Jérusalem), puis gagna l’Égypte et les pays du Maghreb, avant d’y faire le pèlerinage. Il retourna ensuite dans sa ville, Bust, où il lui restait encore une partie (2) de ses biens et propriétés, qu’il offrit en aumône. Lorsque la mort le surprit, il se mit à souffrir et à gémir. On lui demanda : « Qu’as-tu donc ? » Il répondit : « Je vois devant moi des choses redoutables et j’ignore comment m’en tirer. » Il rendit l’âme en Muharram de cette même année, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans. La nuit de son décès, une femme vit en rêve sa mère, déjà défunte, vêtue de beaux habits et parée de bijoux. Elle lui demanda : « Ô mère, que signifie tout cela ? » Sa mère répondit : « Nous célébrons ici l’arrivée de ʿUbayd Allâh l’ascète parmi nous. Qu’Allâh lui fasse miséricorde. »
ʿAlî ibn ʿÎsâ ibn ʿAlî ibn ʿAbd Allâh (3), Abû al-Ḥasan (4), le grammairien, connu sous le nom d’ar-Rummânî, transmit de Ibn Durayd. Il possédait une très grande expertise en grammaire, en langue, en logique et en kalâm. Il composa un grand Tafsîr. Il témoigna devant Ibn Maʿrûf, et ce dernier reçut son témoignage. At-Tanûkhî et al-Jawharî recueillirent également ses récits. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-huit ans et fut inhumé à ash-Shûnîziyya, près de la tombe d’Abû ʿAlî [al-Fârisî] (5). Ibn Khallikân rapporte que la nisba « ar-Rummânî » se réfère à la vente de grenades ou au Qasr ar-Rummân de Wâsiṭ (6).
Muḥammad ibn al-ʿAbbâs ibn Aḥmad ibn Muḥammad ibn al-Furât (7), Abû al-Ḥasan, était un écrivain et un transmetteur de hadith, d’une fiabilité reconnue. Al-Khaṭîb al-Baghdâdî affirme qu’il était digne de confiance, qu’il écrivit énormément et qu’il réunit plus de documents que quiconque à son époque, et l’on rapporte qu’il transcrivit