Ils ne firent rien de tout cela [louange et grâce à Dieu].
(1) Cet homme appartenait aux gens de la Sunna, mais il était cupide. Il décréta qu’aucun témoin dont l’impartialité aurait été établie après Ibn Maʿrūf ne serait accepté. Or, beaucoup de ces témoins avaient consacré de fortes sommes d’argent pour obtenir leur reconnaissance, si bien qu’ils durent réunir quelque chose pour lui, et il approuva leur maintien. Lorsque vint le mois de Jumādā al-Ākhira, les Daylam et les Turcs complotèrent contre ce Ibn al-Muʿallim, se campant sous leurs tentes à la porte d’al-Shammāsiyya. Ils écrivirent à Bahāʾ al-Dawla pour qu’il leur soit remis, en raison de la mauvaise façon dont il les traitait. Le sultan le défendit vigoureusement, à maintes reprises, mais ils ne cessèrent de le presser au sujet de cette affaire, jusqu’à ce qu’on étranglât Abū al-Ḥasan ibn al-Muʿallim avec une corde. Il mourut et fut enterré à al-Mukharrim.
En rajab [de cette année], (2) le calife al-Ṭāʾiʿ li-llāh, destitué, fut remis à l’Émir des croyants, le calife régnant Abū al-ʿAbbās al-Qādir bi-llāh. Celui-ci ordonna qu’on l’installât dans une pièce de la demeure califale, et qu’on pourvoie à tous ses besoins, cadeaux et faveurs, à l’instar de ce que le calife al-Qādir utilisait en termes de nourriture, d’habillement et de parfums. Il désigna également des personnes pour le surveiller et le servir. Al-Ṭāʾiʿ se plaignait auprès d’al-Qādir de la modestie du régime alimentaire et vestimentaire qu’on lui attribuait, si bien qu’on lui désigna un service et qu’on lui procura tout ce qu’il désirait parmi divers mets et objets. Il demeura ainsi jusqu’à sa mort, alors qu’il était emprisonné.
Au mois de shawwāl de la même année naquit au calife al-Qādir bi-llāh un fils, Abū al-Faḍl [Muḥammad b.] (3) al-Qādir bi-llāh. Il le désigna comme son successeur et le nomma al-Ghālib bi-llāh, mais ce projet ne se réalisa pas. La même année, les prix grimpèrent considérablement à Bagdad, au point qu’une livre de pain se vendait quarante dirhams, et une carotte un dirham. En dhū al-qaʿda, le chef bédouin d’al-Uṣayfir arriva, s’engageant à protéger les pèlerins pendant leur aller et leur retour, à la condition que le prône (khutba) soit prononcé au nom d’al-Qādir, depuis al-Yamāma et al-Baḥrayn jusqu’à Kūfa. On accéda à sa requête et on lui remit des robes d’honneur, de l’argent et des bannières (4).
[Parmi ceux qui décédèrent cette année parmi les notables], on compte Muḥammad ibn al-ʿAbbās (5) ibn Muḥammad ibn (6) Zakariyyā ibn Yaḥyā ibn Muʿādh, Abū ʿUmar al-Qazzāz (7), connu sous le nom d’Ibn Ḥayawiyya.