Le Rashid bi-llah en personne se rendit à La Mecque. Les gens de La Mecque l’accueillirent et il reçut des biens qu’un homme lui avait légués par testament, ce qui lui permit de stabiliser ses affaires. Il ceignit ensuite un sabre, prétendant qu’il s’agissait de Dhu al-Faqar, et prit en main un bâton qu’il affirmait avoir appartenu au Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue). Il se dirigea ensuite vers la région d’ar-Ramla dans l’intention de solliciter l’appui des Arabes du Shâm, lesquels l’accueillirent chaleureusement, baisèrent la terre devant lui et le saluèrent en tant qu’Émir des croyants. Il proclama alors l’obligation du bien et l’interdiction du mal, tout en rétablissant l’application des peines légales.
Puis le [hâkim] (1) d’Égypte – qui avait assumé le pouvoir après son père al-‘Azîz la même année (2) – envoya aux Arabes du Shâm des missives empreintes de bienveillance, leur promettant des milliers de pièces d’or ainsi que des vêtements (3). Il fit de même pour les Arabes du Hijâz, nomma un émir à La Mecque et lui expédia une esclave ainsi que cinquante mille dinars. L’autorité du hâkim (4) se consolida alors, tandis que celle du Rashid bi-llah se dispersa. Ce dernier regagna son pays comme il en était parti, son sort se désagrégea, ses soutiens se séparèrent de lui et ses hommes se dispersèrent. Dieu fait ce qu’Il veut et Il choisit.
[Parmi ceux qui moururent cette année-là]
Il y eut tout d’abord Ahmad ibn al-Husayn (5) ibn Mahrân (6), Abû Bakr al-Muqri, décédé au cours du mois de Shawwâl à l’âge de quatre-vingt-six ans. Or, il advint qu’il mourut le même jour qu’Abû al-Hasan al-‘Âmirî, le philosophe. L’un des pieux vit en songe Ahmad ibn al-Husayn et lui demanda : « Ô maître, qu’a fait Dieu de toi ? » Il répondit : « Il a placé Abû al-Hasan al-‘Âmirî à mes côtés et a dit : “Le voici, ton prix de délivrance du Feu.” »
Ensuite, ‘Ubayd Allâh (7) ibn Ahmad ibn Ma‘rûf (8), Abû Muhammad, fut Qâdî al-Qudât à Bagdad. Il avait transmis le savoir d’Ibn Sâ‘id, et le Khallâl, l’Azhari et d’autres figurent parmi ses disciples. Il était un savant fiable, doté d’un grand discernement, d’une belle apparence et dont l’habillement était soigné ; il se montrait également pudique quant aux biens matériels. [Son âge] (9) au moment de sa mort s’élevait à soixante-quinze ans. Abû Ahmad al-Mûsawî accomplit la prière funéraire sur lui en prononçant cinq takbîrs, puis son fils fit également la prière en la mosquée al-Mansûr et prononça quatre takbîrs. On l’ensevelit ensuite dans sa demeure. Que Dieu lui fasse miséricorde.