Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

(1)
Trois années. Le deuxième jour de son arrivée, il tint une séance publique pour recevoir les félicitations et écouter les éloges et les poèmes qui étaient récités en son honneur, et ce fut durant les dix derniers jours de Ramadan.

Puis, au cours des dix derniers jours de Shawwâl, les gens se réunirent afin de prêter serment d’allégeance à Bahâ’ al-Dawla ; le calife lui confia tous les pouvoirs au-delà de sa propre porte. Ce fut un jour mémorable.

Le calife al-Qâdir bi-Llâh faisait partie des califes vertueux et des plus éminents savants de son époque. Il faisait beaucoup de charité, possédait une foi droite et rédigea une profession de foi (ʿaqîda) qui exposait notamment les mérites des Compagnons du Prophète, entre autres points. Cette profession était lue dans les cercles des traditionalistes (Ahl al-Ḥadîth) chaque vendredi à la mosquée al-Mahdî, et les gens s’y rassemblaient pour l’écouter durant toute la durée de son califat. Il récitait en se laissant transporter par la mélodie les vers suivants, attribués à Sâbiq al-Barbarî :

« Le Décret divin a précédé sur toute chose qui doit advenir… Par Dieu, ô toi, ta subsistance est assurée.
Tu t’épuises à ce dont tu es déjà dispensé et délais la part qui t’incombe, comme si tu te croyais à l’abri des épreuves.
Ne vois-tu donc pas ce monde et le sort de ses habitants ? Travaille pour le jour où il te faudra le quitter, ô toi le négligent !
Sache que, certes, tu n’as nul père pour te soutenir dans ce que tu entasses et que tu gardes pour autrui.
Ô celui qui bâtit ce monde, entends-tu bâtir une demeure dont la mort finira par chasser tout occupant ?
La mort est une réalité dont tu sais la certitude, et pourtant tu la prends à la légère.
En vérité, la mort ne consulte point la personne qu’elle frappe le jour où elle l’atteint, et elle ne demande à personne la permission. »

Le dix-huitième jour de Dhû l-Ḥijja de la même année – c’est-à-dire lors de la fête de Ghadîr Khumm – il y eut une émeute entre les Râfiḍites (Chiites) et les Sunnites, et ils s’affrontèrent dans un combat qui laissa de nombreuses victimes. Les habitants de la porte de Bassora prirent le dessus et mirent le feu aux étendards du sultan. Plusieurs personnes, soupçonnées d’avoir commis cet acte, furent tuées, puis leurs corps exposés sur le pont pour dissuader leurs semblables.

Au cours de cette même année, Abû l-Futûḥ al-Ḥasan ibn Jaʿfar al-ʿAlawî, émir de La Mecque, se manifesta dans cette ville en revendiquant la fonction de calife, et il se proclama tel

(1) Entre deux parenthèses dans (B), et dans « Al-Muntaẓam » 7/157 : sa résidence fut à Al-Baṭīḥa depuis qu’il s’y établit jusqu’à ce qu’il en sortît, soit deux ans et onze mois, ou selon d’autres, deux ans, quatre mois et onze jours. (2) Dans (Ṭ) il y a un poème, ce qui est une altération. (3) Il s’agit d’Abū Saʿīd, Sābiq ibn ʿAbd Allāh al-Barbarī, ce n’est pas une nisba liée aux Barbares, mais un surnom. Il était un poète parmi les ascètes, et il faisait partie des mawālī des Banū Umayya. Il résidait à Al-Raqqa et a été invité auprès d‘ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzīz, avec qui il eut de charmantes anecdotes. Il mourut vers 100 H. Voir Tahdhīb Tārīkh Ibn ʿAsākir d’Ibn Badrān (6/38-42) et Khazānat al-Adab d’al-Baghdādī (9/512-533). (4) C’est-à-dire « ne consulte pas ». Voir al-Qāmūs al-Muḥīṭ (ʾAmr). (5) Dans (B) : douzième, dans (Ṭ) : treizième, et ces deux sont des erreurs ; la version correcte est dans (Ḥ). (6) Entre deux parenthèses dans (B) et (Ṭ).
[قريبًا من] (١) ثلاث سنين. وجلس في اليوم الثاني من مقدمه جلوسًا عامًّا للتهنئة وسماع المدائح والقصائد فيه، وذلك في العشر الأخير من رمضان. وفي العشر الأواخر من شوال اجتمع الناس لبيعة بهاء الدولة وتفويض الخليفة إليه ما وراء بابه، وكان يومًا مشهودًا. وقد كان الخليفة القادر باللَّه من الخلفاء الأخيار، ومن سادات العلماء في أهل زمانه، كثير الصدقة، حسن الاعتقاد، صنَّف عقيدة (٢) فيها فضائل الصحابة وغير ذلك، وكانت تقرأ بحلق أصحاب الحديث في كل جمعة في جامع المهدي، وتجتمع الناس لسماعها مدَّةَ خلافته، وكان ينشد هذه الأبيات يترنَّم بها وهي لسابق البَرْبَري (٣) . سَبَقَ القضاءُ بكلِّ ما هو كائنٌ … واللَّه يا هذا لرِزْقِكَ ضَامِنُ تَعْنى بما تُكْفى وتتركُ ما بهِ … تُعنى كأنَّك للحَوَادِثِ آمِنُ أو ما ترى الدُّنيا ومَصْرَع أهلِها … فَاعْمَلْ ليومِ فِرَاقها يا خائنُ واعلمْ بأنَّكَ لا أبا لك في الذي … أصْبَحْتَ تَجْمَعُهُ لغيرِكَ خازِنُ يا عامِرَ الدُّنيا أتعْمَرُ مَنْزلًا … لم يبقَ فيه مع المنيّةِ ساكِنُ الموتُ شيءٌ أنْتَ تَعْلَمُ أنّهُ … حقٌ وأنتَ بذكرهِ متهاوِنُ إنَّ المنيَّةَ لا تؤامرُ (٤) من أتتْ … في نفسِه يَوْمًا ولا تستأذنُ وفي اليوم الثَّامن عشر (٥) من ذي الحِجة من هذه السنة -وهو يوم غدير خُمّ- جَرَت فتنة بين الرَّوافض والسُّنَّة واقتتلوا، فقتل منهم خَلْقٌ كثير، واستظهر أهل [باب] (٦) البصرة وحرَّقوا أعلام السلطان، فقتل جماعة اتهموا بفعل ذلك، وصلبوا على القنطرة ليرتدع أمثالهم. وفي هذه السنة ظهر أبو الفتوح الحسن بن جعفر العَلَوي أمير مكة بها، وادَّعى أنه خليفة، وسمى
(١) ما بين حاصرتين من (ب)، وفي "المنتظم" ٧/ ١٥٧: كان مقامه بالبطيحة منذ حصل فيها إلى أن أخرج عنها سنتين وأحد عشر شهرًا، وقيل سنتين وأربعة أشهر وأحد عشر يومًا. (٢) في (ط) قصيدة، وهو تحريف. (٣) هو أبو سعيد، سابق بن عبد اللَّه البربري، ليس نسبة إلى البربر، وإنما هو لقب له، كان شاعرًا من الزهاد، وهو من موالي بني أمية، سكن الرقة، ووفد على عمر بن عبد العزيز، وله معه حكايات لطيفة، توفي نحو (١٠٠ هـ) انظر تهذيب تاريخ ابن عساكر لابن بدران (٦/ ٣٨ - ٤٢) وخزانة الأدب للبغدادي (٩/ ٥١٢ - ٥٣٣). (٤) أي لا تشاور. انظر القاموس المحيط (أمر). (٥) في (ب): الثاني عشر، وفي (ط): الثالث عشر، وكلاهما خطأ، والمثبت من (ح). (٦) ما بين حاصرتين من (ب) و (ط).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies