Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au mois de Dhû al-Ḥijja de cette même année, le qâḍî al-quḍât (juge suprême) Abû Muḥammad ibn Maʿrûf accepta le témoignage du ḥâfiẓ Abû al-Ḥasan al-Dâraquṭnî et d’Abû Muḥammad ibn ʿUqba. Il est rapporté qu’al-Dâraquṭnî le regretta par la suite et déclara : « Autrefois, il (le juge) acceptait ma parole, même à propos du Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), lorsque j’étais seul. À présent, il n’accepte plus ma parole au sujet d’une simple herbe (baqlî) si je n’ai pas d’autres témoins. Il n’y a ni puissance ni force si ce n’est par Dieu, le Très-Haut, l’Immense. »

[Ensuite vint l’an 377 (de l’Hégire)]
Au mois de Ṣafar de cette année, une assemblée fut organisée en présence du calife, à laquelle assistaient les juges et les notables de l’État. Le serment d’allégeance y fut renouvelé entre al-Ṭâʾiʿ li-llâh et Sharaf al-Dawla ibn ʿAḍud al-Dawla, et ce fut un jour mémorable.

Puis, au mois de Rabîʿ al-Awwal de la même année, Sharaf al-Dawla partit de sa demeure à Ṭayyâr pour se rendre au palais du calife. La cité fut ornée, on fit résonner les trompettes et battre les tambours, puis le calife le revêtit d’une robe d’honneur, le ceignit d’une ceinture et d’un bracelet, lui remit deux étendards, et lui conféra l’autorité sur ce qui se trouvait au-delà de sa résidence, le désignant comme son lieutenant. Parmi ceux qui accompagnèrent Sharaf al-Dawla se trouvait le juge Abû Muḥammad ʿUbayd Allâh ibn Aḥmad ibn Maʿrûf.

Lorsque le calife aperçut ce dernier, il s’exclama :
« Bienvenue aux bien-aimés qui nous parviennent…
Ils nous ont manqué, et de tout temps nous ont tenus compagnie.
»

Alors, il baisa le sol devant le calife. Quand le serment d’allégeance fut achevé, Sharaf al-Dawla entra auprès de sa sœur, l’épouse du calife, et y demeura jusqu’à l’après-midi, tandis que la foule l’attendait. Il ressortit ensuite et gagna son domicile pour recevoir les félicitations, et foule et dignitaires vinrent l’honorer.

Cette année-là, la cherté de la vie s’accrut considérablement, suivie d’une grande mortalité. Au cours de la même année, la mère de Sharaf al-Dawla – une concubine turque – mourut, et le calife vint lui présenter ses condoléances. Dans cette même période, Sharaf al-Dawla eut deux fils jumeaux, et il fut congratulé pour les deux à la fois. Dieu est plus savant.

[Parmi les notables décédés cette année-là]

Aḥmad ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlî, Abû Ḥâmid al-Marwazî, également appelé Ibn al-Ṭabarî :

Il était un grand mémorisateur du ḥadith, assidu dans l’adoration, compétent et bien versé dans la science des traditions, polyvalent et jurisconsulte de rite ḥanafite. Il étudia auprès d’Abû al-Ḥasan al-Karkhî, composa des ouvrages de fiqh et d’histoire, et exerça la fonction de qâḍî al-quḍât (juge suprême) au Khorasan. Puis il se rendit à Bagdad alors qu’il était déjà avancé en âge, y transmit le ḥadith, et les étudiants notèrent ses traditions sous la supervision d’al-Dâraquṭnî.

(1) Voir al-Muntaẓam (7/131-132). (2) Entre parenthèses de (Ṭ). (3) Voir al-Muntaẓam (7/135-136). (4) Dans (Ṭ) : Abū al-Ḥusayn, ce qui est une erreur de transcription, sa notice biographique ayant déjà été donnée dans Wafayāt, année 340 H.
وفي ذي الحِجَّة منها قبل قاضي القضاة أبو محمد بن معروف شهادة الحافظ أبي الحسن الدَّارَقُطْني، وأبي محمد بن عقبة، فذكر أنَّ الدارقطني نَدِمَ على ذلك وقال: كان يقبل قولي على رسول اللَّه ﷺ وَحْدي، فصار لا يقبل قولي على بَقْلي إلا مع غيري. فلا حول ولا قوة (١) إلا باللَّه العلي العظيم. [ثم دخلت سنة سبع وسبعين وثلاثمئة] في صفر منها عقد مجلس بحضرة الخليفة فيه القضاة وأعيان الدَّوْلة، وجُدِّدت البيعة بين الطائع للَّه وبين شرف الدولة بن عضد الدولة، وكان يومًا مشهودًا. ثم في ربيع الأول منها ركب شرف الدولة من داره في طيَّار إلى دار الخليفة، وزينت البلد، وضربت [البوقات و] (٢) الطُّبول والدَّبادب، فخلع عليه الخليفة وطوَّقه وسوَّره، وأعطاه لواءين، وعقد له على ما وراء داره، واستخلفه على ذلك، وكان في جملة من قَدِمَ مع شرف الدولة القاضي أبو محمد عبيد اللَّه بن أحمد بن معروف، فلما رآه الخليفة قال: مَرْحَبًا بالأحِبَّةِ القَادِمِيْنا … أوْحَشُونا وطال ما آنسُونا فقبَّل الأرض بين يدي الخليفة. ولما قُضِيَت البيعة دخل شرف الدولة إلى عند أخته امرأة الخليفة، فمكث عندها إلى العصر، والنَّاس ينتظرونه، ثم خرج، وسار إلى داره للتهنئة، وجاءه الخاصة والعامة يهنونه. وفي هذه السنة اشتدَّ الغلاء جدًا، ثم لحقه فناء كثير. وفيها توفيت أم شرف الدولة -وكانت تركية أم ولد- فجاءه الخليفة فعزَّاه. وفيها ولد لشرف الدولة ابنان توأمان، فهني بهما معًا (٣) ، واللَّه أعلم. [وممن توفي فيها من الأعيان] أحمد بن الحسين بن علي: أبو حامد المَرْوزي، ويعرف بابن الطَّبري. كان حافظًا للحديث، مجتهدًا في العبادة، متقنًا بصيرًا بالأثر، متفننًا فقيهًا حنفيًا، دَرَس على أبي الحسن الكَرْخِي (٤) ، وصنَّف كتبًا في الفِقْه والتَّاريخ، وولِّي قضاء القضاة بخراسان، ثم دخل بغداد وقد عَلَتْ سِنُّه، فحدَّث بها، وكتب النَّاس عنه بانتخاب الدَّارَقُطْني.
(١) انظر المنتظم (٧/ ١٣١ - ١٣٢). (٢) ما بين حاصرتين من (ط). (٣) انظر المنتظم (٧/ ١٣٥ - ١٣٦). (٤) في (ط): أبي الحسين، وهو تصحيف، وقد سلفت ترجمته في وفيات سنة (٣٤٠ هـ).

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