Il fut élevé chez Ibn Khuzayma et fut son élève. Ibn Khuzayma le préférait à ses propres enfants et lui récitait à lui seul ce qu’il ne récitait pas à d’autres. Quand Ibn Khuzayma ne se rendait pas aux séances du sultan, il envoyait Ḥusaynak à sa place. À son décès, Ḥusaynak était âgé de vingt-trois ans et vécut ensuite longtemps. Il comptait parmi les personnes les plus assidues dans l’adoration et la lecture [du Coran](1) : il ne délaissait jamais la prière nocturne, qu’il soit en voyage ou chez lui, en été comme en hiver. Il donnait beaucoup en aumônes, pratiquait le bien et entretenait ses liens de parenté. Il reproduisait les ablutions et la prière d’Ibn Khuzayma, et l’on ne vit jamais, parmi les riches, quelqu’un accomplir une plus belle prière que lui — qu’Allah lui fasse miséricorde. Al-Ḥāfiẓ Abū Aḥmad an-Naysābūrī accomplit la prière funéraire en sa faveur.
Abū al-Qāsim ad-Dārakī(2), ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿAbd Allāh ibn Muḥammad, connu sous le nom d’Abū al-Qāsim ad-Dārakī(3), fut l’un des imams de l’école shafiʿite à son époque. Il s’installa à Nishapur, puis vécut à Bagdad jusqu’à sa mort. Le shaykh Abū Ḥāmid al-Isfarāyīnī affirma n’avoir jamais rencontré quelqu’un de plus versé que lui dans la jurisprudence. Al-Khaṭīb al-Baghdādī a rapporté qu’on le sollicitait pour une fatwā, auquel il répondait après une longue réflexion ; il arrivait parfois que son avis contredise les positions de l’imām ash-Shāfiʿī ou d’Abū Ḥanīfa. Lorsqu’on le lui faisait remarquer, il répondait : « Malheur à vous ! Untel a rapporté d’Untel, d’après le Messager d’Allah ﷺ [telle et telle parole](4). Il est préférable de suivre ce ḥadīth plutôt que de s’en tenir au madhhab de Shāfiʿī ou d’Abū Ḥanīfa. Les contredire est plus facile que de contredire le ḥadīth —(5). » Ibn Khallikān a dit de lui : « Il a dans l’école (shafiʿite) des avis remarquables, qui témoignent de la solidité de son savoir. » Il fut accusé d’adhérer au muʿtazilisme. Il avait étudié la jurisprudence auprès du shaykh Abū Isḥāq al-Marwazī et le ḥadīth auprès de son grand-père maternel, al-Ḥasan ibn Muḥammad ad-Dārakī, lui-même l’un des maîtres du shaykh Abū Ḥāmid al-Isfarāyīnī. De nombreux savants de Bagdad et d’autres régions étudièrent auprès de lui(6).
Il mourut au mois de Shawwāl, selon certains en Dhū al-Qaʿda de la même année, alors qu’il avait un peu dépassé la soixantaine(7). Qu’Allah lui fasse miséricorde.