Puis survint l’année trois cent soixante-quinze [de l’Hégire]. Au cours de celle-ci, le calife honora Ṣamṣāma ad-Dawla : il lui remit un habit d’investiture, lui passa un bracelet, lui mit un collier et le fit monter sur un cheval sellé d’or, précédé d’une monture de réserve (du même type) (1).
Cette année-là, on apprit également que deux éminents chefs qarmates, Isḥāq et Jaʿfar, étaient entrés à Kūfa avec une troupe nombreuse. Les esprits s’en trouvèrent troublés en raison de leur détermination et de leur bravoure. De plus, ʿAḍud ad-Dawla, malgré son courage, s’efforçait de les ménager en leur concédant des terres dans la région de Wāsiṭ, à l’instar de ʿIzz ad-Dawla avant lui. Un détachement militaire fut dépêché depuis Bagdad pour les repousser hors de ces contrées où ils avaient semé la corruption. De ce fait, les craintes que l’on nourrissait à leur égard s’évanouirent, et grâce à Dieu tout rentra dans l’ordre.
La même année, Ṣamṣāma ad-Dawla voulut établir un impôt (miks) sur les étoffes de soie (2). Le peuple se rassembla alors dans la grande mosquée al-Manṣūr et menaça de suspendre la prière du vendredi, provoquant une vive agitation. Le trouble faillit éclater, mais finalement ils en furent dispensés.
Au mois de Dhū l-Ḥijja, on apprit la mort d’Ibn Muʾayyad ad-Dawla (3). Ṣamṣāma ad-Dawla tint alors une séance de condoléances. Le calife al-Ṭāʾiʿ se rendit auprès de lui vêtu de noir, accompagné de lecteurs et de saints personnages. Ṣamṣāma ad-Dawla se leva pour l’accueillir et baisa la terre devant lui. Ils s’échangèrent des paroles de condoléances empreintes de bienveillance, puis le calife repartit chez lui. Ce fut un moment demeuré mémorable.
[Cette même année] vit le décès du shaykh Abū ʿAlī ibn Abī Hurayra (4), de son vrai nom al-Ḥasan ibn al-Ḥusayn. Il comptait parmi les principaux maîtres shāfiʿites et avait formulé nombre d’orientations juridiques singulières [dans le madhhab] (5). Nous avons relaté sa biographie dans l’ouvrage « At-Ṭabaqāt » (6) de manière suffisante.
Al-Ḥusayn ibn ʿAlī ibn Muḥammad ibn Yaḥyā (7), Abū Aḥmad an-Naysābūrī, surnommé « Ḥusaynak » (8).