Il avait fréquenté al-Shiblî(1) entre autres, et il prêchait aux gens dans la grande mosquée. Lorsque son âge avançait, on bâtit pour lui le ribât faisant face à la mosquée d’al-Manṣûr. Il fut ensuite connu par son compagnon, al-Zawzanî(2). Il ne sortait qu’une fois par semaine, d’un vendredi à l’autre, et il avait de belles paroles au sujet du soufisme selon leur méthode.
Parmi ce qu’Ibn al-Jawzî a rapporté de lui, il a dit : « Qu’ai-je à faire de moi-même ? Et qu’y a-t-il qui me revienne en moi pour que je craigne et espère ? S’Il fait miséricorde, Il fait miséricorde à ce qui Lui appartient, et s’Il châtie, Il châtie ce qui Lui appartient(3). »
Il mourut au mois de Dhû al-Ḥijja après avoir dépassé quatre-vingts ans, et il fut inhumé au cimetière de Bâb Ḥarb à Bagdad.
‘Alî ibn Muḥammad al-Aḥdab, le faussaire(4), avait une écriture très assurée et une grande aptitude à la contrefaçon : dès qu’il souhaitait imiter l’écriture de quelqu’un, il le faisait ; si bien que celui dont l’écriture était imitée ne doutait pas que ce fût la sienne. Les gens eurent à subir de grandes épreuves à cause de ses agissements. Le sultan l’avait contraint à cesser à plusieurs reprises, sans résultat. Il mourut ensuite la même année(5).
Le shaykh Abû Zayd [al-Marwazî ash-Shâfi‘î](6), c’est-à-dire Muḥammad ibn Aḥmad ibn ‘Abd Allâh ibn Muḥammad al-Marwazî, était le maître des shâfi‘ites de son époque et l’imam de son temps en jurisprudence, ascèse, adoration et piété. Il étudia le ḥadîth, entra à Bagdad et y enseigna ; ad-Dâraquṭnî et d’autres reçurent ses traditions.
Abû Bakr al-Bazzâr a dit : « J’ai voyagé aux côtés(7) du shaykh Abû Zayd sur la route du pèlerinage et je ne crois pas que les anges aient inscrit contre lui la moindre faute. »
J’ai évoqué sa biographie complète dans “Ṭabaqât ash-Shâfi‘iyya”.
Selon le shaykh Ibn Nu‘aym(8), il mourut à Marw, le vendredi treize du mois de Rajab de cette même année ; qu’Allâh lui fasse miséricorde.