J’ai dit : Le roi al-Ẓāhir Baybars acheta sa demeure et en fit une école (madrasa), une maison d’enseignement du ḥadīth (dār ḥadīth), ainsi qu’une fondation funéraire (turba) où il fut inhumé (1). Cela se produisit vers l’année soixante-dix et six cents, comme nous l’exposerons plus loin.
Abū Saʿīd as-Sīrāfī (2), le grammairien, de son nom al-Ḥasan ibn ʿAbd Allāh ibn al-Marzubān, également appelé Abū Saʿīd le juge, vécut à Bagdad où il exerça la fonction de juge suppléant. Il est l’auteur du « Commentaire du Kitāb Sībawayh » (Sharḥ Kitāb Sībawayh) et de « Les couches (générations) de grammairiens » (Ṭabaqāt al-nuḥāt). Il transmit le savoir de Abū Bakr ibn Duraid et d’autres. Son père était mazdéen (3). Abū Saʿīd excellait en langue arabe, en lectures coraniques, en grammaire, en prosodie (ʿarūḍ), en droit successoral (farāʾiḍ), en calcul et dans d’autres sciences. Il menait une vie ascétique et ne se nourrissait que du fruit de son travail : chaque jour, il recopiait dix feuillets pour dix dirhams qui couvraient ses dépenses. Considéré comme l’un des plus érudits en matière de grammaire selon l’école de Baṣra, il adoptait, en jurisprudence, la doctrine des savants irakiens (4). Il apprit les lectures coraniques auprès d’Ibn Mujāhid, la langue auprès d’Ibn Duraid, et la grammaire auprès d’Ibn as-Sarrāj et d’al-Mabramān (5). Certains l’accusèrent d’adhérer au muʿtazilisme, accusation que d’autres contestèrent. Il mourut en Rajab de cette même année à l’âge de quatre-vingt-quatre ans et fut inhumé au cimetière d’al-Khayzurān.
ʿAbd Allāh ibn Ibrāhīm ibn Yūsuf (6), Abū al-Qāsim al-Jurjānī (7), connu aussi sous le nom d’al-Ābandūnī (8), voyagea à travers différentes régions à la recherche du savoir et du ḥadīth. Il accompagna Ibn ʿAdī dans une partie de ses périples, puis s’installa à Bagdad, où il transmit (des traditions) d’Abū Yaʿlā, d’al-Ḥasan ibn Sufyān, d’Ibn Khuzayma et d’autres. Il était considéré comme un homme de confiance, fiable, auteur d’ouvrages et d’une grande piété. Al-Barqānī reçut sa transmission et fit son éloge, mentionnant qu’il se contentait le plus souvent de pain agrémenté d’un bouillon de fèves (bāqilāʾ). Il raconta