Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Abou al-Husayn Ibn Sam‘oun le prédicateur (1) – qui était l’un des hommes pieux – persévérait à exhorter les gens selon son habitude. On l’envoya chercher et on le fit venir, on l’emmena de son assemblée et on lui dit : « Lorsque tu entreras auprès du roi, baise la terre devant lui et fais preuve d’humilité dans tes propos et tes réponses. »

Lorsqu’il entra dans la demeure du roi, il trouva le sultan assis à part, de sorte qu’Ibn Sam‘oun n’eût pas l’occasion, devant les personnes présentes, de prononcer à son encontre une parole dont on se souviendrait (2). Le chambellan le précéda pour demander l’autorisation au roi, mais remarqua qu’Ibn Sam‘oun était déjà entré derrière lui, et trouva le roi assis seul. Ibn Sam‘oun se tourna d’abord vers la résidence de ‘Izz ad-Dawla, puis commença la récitation en disant : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux » : « Et c’est ainsi que ton Seigneur saisit les cités, alors qu’elles sont injustes. Sa prise est certes douloureuse et très dure » [Hûd : 102]. Puis, il se tourna vers le roi et récita : « Ensuite, Nous vous avons désignés successeurs sur terre après eux, afin d’observer comment vous agiriez » [Yûnus : 14]. Après cela, il s’adressa au roi et le sermonna, si bien qu‘Adhud ad-Dawla se mit à pleurer abondamment et le remercia grandement.

Une fois sorti, il ordonna au chambellan : « Va, prends trois mille dirhams et dix vêtements et remets-les-lui ou aux pauvres de sa famille ; s’il les accepte, ramène-moi sa tête. » Le chambellan raconte : « Je suis allé vers lui et je lui ai dit : “Voici des vêtements que le roi t’envoie pour que tu les portes.” Il répondit : “Je n’en ai nul besoin ; voici mes habits (3) que je porte depuis l’époque de mon père, il y a quarante ans : quand je sors vers les gens, je les mets, et quand je reviens, je les plie.” Je lui ai dit : “Ceci est pour tes dépenses.” Il a répondu : “Je n’en ai pas besoin non plus, car je possède une maison transmise par mon père ; j’en vis du loyer et cela me suffit (4).” Je lui ai alors proposé : “Pour les pauvres de ta famille ?” Il m’a rétorqué : “Les pauvres du roi y ont plus droit que ceux de ma famille, et ils en ont davantage besoin.” Je suis donc retourné voir le roi pour le consulter et lui rapporter ses propos. Il resta silencieux un instant, puis dit : “Louange à Dieu qui nous a préservés de lui et l’a préservé de nous.” »

Puis ‘Adhud ad-Dawla s’empara d’Ibn Baqiyya, le vizir de ‘Izz ad-Dawla. Il ordonna qu’on le plaçât sous les pattes des éléphants, qui l’écrasèrent jusqu’à ce qu’il périsse, puis on le crucifia sur le pont au mois de Shawwâl de cette même année. Abou al-Husayn Ibn al-Anbârî le pleura dans des vers (5) où il disait :

« Tu t’élèves durant la vie et dans la mort ; vraiment, tu fus une forme de prodige,
Comme si les gens autour de toi, lorsqu’ils se levèrent, étaient les délégations de ta générosité aux jours de tes largesses.
On aurait dit que tu t’adressais à eux comme un orateur, tandis qu’ils étaient debout comme à la prière.
Tu leur tendais les mains pour les accueillir, comme tu les leur tendais jadis pour leur faire des dons. »

(1) Sa biographie sera mentionnée dans « Wafayāt » de l'année 387 de l'Hégire. (2) Dans (ṭ) augmentation : et ‘Uḍhud ad-Dawla quitta son conseil et s'assit seul afin qu'aucune parole déplaisante de l'œuvre de Ibn Samʿūn ne lui parvienne. (3) Dans (ḥ) : ce sont les vêtements de mon père, confirmés par (b) et (ṭ). (4) Dans (ṭ) : ajout, je suis dispensé d'envoyer ce que le roi a ordonné. (5) Dans « Wafayāt al-A‘yān » (t. 5, p. 120) : Abū al-Ḥasan Muḥammad ibn ʿUmar ibn Yaʿqūb al-Anbārī.
أن أبا الحسين بن سمعون الواعظ (١) - وكان من الصَّالحين - قد استمرَّ يعظ الناس على عادته، فأرسل إليه من جاءه به، فأخذ من مجلسه وقيل له: إذا دخلت على الملك فقبِّل التراب وتواضع في الخطاب والجواب. فلما دخل دار الملك وجد السُّلْطان قد جلس في حجرة وحده لئلا يبدر من ابن سمعون في حَقِّه كلامٌ بحضرة الناس يؤثر عنه (٢) . فدخل الحاجب بين يديه ليستأذن له عليه، فوجده قد دخل وراءه، فإذا الملك جالس وحده، فتنحا ابن سمعون بوجهه نحو دار عز الدولة ثم استفتح القراءة [بسم الله الرحمن الرحيم] ﴿وَكَذَلِكَ أَخْذُ رَبِّكَ إِذَا أَخَذَ الْقُرَى وَهِيَ ظَالِمَةٌ إِنَّ أَخْذَهُ أَلِيمٌ شَدِيدٌ﴾ [هود: ١٠٢] ، ثم استدار نحو الملك، فقال: ﴿ثُمَّ جَعَلْنَاكُمْ خَلَائِفَ فِي الْأَرْضِ مِنْ بَعْدِهِمْ لِنَنْظُرَ كَيْفَ تَعْمَلُونَ﴾ [يونس: ١٤] ، ثم أخذ في مخاطبة الملك وَوَعْظِهِ، فبكى عضد الدولة بكاء كثيرًا، وجَزَّاه خيرًا. فلما خرج من عنده قال للحاجب: اذهب فَخذْ ثلاثة آلاف دِرْهم وعشرة أثواب وادفعها إليه أو لفقراء أهله، فإن قبلها جِئْني برأسه، قال الحاجب: فجئته فقلتُ: هذه أثوابٌ أرسل بها إليك الملك لتلبسها. فقال: لا حاجة لي بها، هذه ثيابي (٣) من عهد أبي منذ أربعين سنة كلما خرجتُ إلى النَّاس لَبِسْتُها، فإذا رجعت طَويْتُها. قلت: وهذه نفقة. فقال: لا حاجة لي فيها، لي دارٌ آكل من أجرتها تَرَكها لي أبي، فأنا في غُنْية عنها (٤) . فقلت: لفقراء أهلك. فقال: أهله أحق بها من أهلي، وأفقر إليها منهم. فرجعتُ إلى الملك لأشاوره، وأخبر بما قال: فسكتَ ساعةً ثم قال: الحمد لله الذي سلَّمنا منه وسلّمه منا. [ثم إن عضد الدولة أخذ ابن بَقِيَّة الوزير لعز الدولة، فأمر به، فوضع بين قوائم الفِيَلة، فتخبطته بأرجلها حتى هَلَك، ثم صُلِب على رأس الجسر في شَوَّال منها، فرثاه أبو الحسين (٥) بن الأنباري بأبياتٍ يقول فيها: عُلُوٌ في الحَيَاةِ وفي المماتِ … لحقٌ أنتَ إحدى المُعْجزاتِ كأنَّ النَّاسَ حَوْلَكَ حينَ قاموا … وفودُ نَدَاكَ أيامَ الصِّلاتِ كأنَّك واقفٌ فيهم خَطيبًا … وكلُّهمُ وقوفٌ للصَّلاةِ مددتَ يديكَ نحوهُمُ احتفاءً … كمدهما إليهم بالهِباتِ
(١) سترد ترجمته في وفيات سنة (٣٨٧ هـ). (٢) في (ط) زيادة: وتحول عضد الدولة من مجلسه وجلس وحده لئلا يبدر من ابن سمعون إليه بين الدولة كلام يكرهه. (٣) في (ح): هذه ثياب أبي، والمثبت من (ب) و (ط). (٤) في (ط): زيادة، فأنا في غنية عما أرسل به الملك. (٥) في وفيات الأعيان (٥/ ١٢٠): أبو الحسن محمد بن عمر بن يعقوب الأنباري.

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