Les livres (koutoub) font office d’excuse et les messagers informent ; la vérité est à suivre et le bien est présent. (1)
La guerre est en repos, les chevaux se tiennent immobiles (2), la paix est à la portée de tous, et l’ombre est étendue.
Si vous revenez (à la bonne voie), votre retour est accepté, mais si vous vous y refusez, alors voici déjà les ballots (3) solidement attachés sur le dos des montures (4), prêts à vous emmener vers Damas, tandis que la porte est déjà démolie (5) et fermée.
Je suis un homme dont ni la vocation ni l’aspiration ne consistent en un tambour qui résonne, ni en une flûte, ni en un luth. Je ne m’isole pas pour m’enivrer de vin ou pour veiller près d’un brasero, ni pour une femme pleine de charme et de coquetterie (6) dont les paroles sont vaines. Je ne m’endors pas le ventre repu de satiété alors que j’ai un compagnon au ventre creux (7), épuisé. Jamais la vie d’ici-bas ne m’a incité à la cupidité, et jamais ses promesses ne m’ont égaré (8).
Et dans un autre de ses poèmes, il dit :
« Ô toi qui habites la cité élevée, fier de ses forteresses, de ses remparts et de ses grottes ! Il n’est point de gloire hormis pour celui qui possède lui-même sa dignité : avec ses chevaux, ses soldats et ses sabres. Il se pare aussi d’une bannière blanche, déployée au sommet des tentes pour ses voisins et ses alliés (9). Un peuple qui, quand la bataille fait rage, abat ses ennemis et guérit les âmes par ses coups et sa fermeté (10). Il ne se satisfit pas (11) de sa haute lignée ancienne, jusqu’à exalter (12) son antique noblesse par quelque honneur nouveau (13). »
Cette année-là, Qâbous ibn Wushmkir (Qâbous ibn Washmakîr) s’empara des contrées de Jurjân et de Tabaristân, ainsi que de ces régions voisines. Et cette même année, le calife al-Tâ’i‘ li-llâh épousa Shâh Nâz, fille de ‘Izz al-Dawla ibn Bûyah ; ce fut un mariage grandiose.