Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il était au service des Samanides, et il ne s’agit pas du chambellan de Muʿizz ad-Dawla, car ce dernier était déjà décédé avant cette année, comme nous l’avons signalé précédemment (1). Quant à celui-ci, lorsque son maître mourut, il ne laissa personne, ni parmi ses enfants ni parmi les siens, pouvant prétendre au trône (2)(3). Aussi l’armée s’entendit pour prêter allégeance à Soubouktakîn, attirée par sa bienveillance (4), l’excellence de sa conduite, la perfection de son intelligence, sa bravoure et sa piété. La royauté se consolida alors entre ses mains et demeura ensuite chez son fils, le bienheureux Mahmoud ibn Soubouktakîn.

Soubouktakîn entreprit des campagnes militaires contre les contrées de l’Inde. Il s’empara de nombreuses forteresses, s’appropria de grands trésors, brisa un grand nombre de leurs idoles et de leurs statues (5), et mena, avec ses troupes, des guerres si intenses qu’elles feraient blanchir les cheveux d’un enfant [et remplir de joie l’allié, tout en affligeant l’ennemi] (6). Jaypâl (7), le plus important roi de l’Inde [le plus grand] (8), vint lui-même à sa rencontre, à la tête de troupes innombrables qui envahirent plaines et montagnes, mais il subit deux défaites consécutives et dut se replier dans ses territoires dans des conditions lamentables et funestes.

Ibn al-Athîr rapporte dans son « Kâmil » que, lors de l’une de ces expéditions, Soubouktakîn affronta Jaypâl, roi de l’Inde, à proximité d’une source située dans le col de Ghûrk. Selon leurs coutumes, si l’on y jetait une impureté ou une saleté, le ciel s’assombrissait aussitôt, tonnait, lançait des éclairs et déversait la pluie sans discontinuer jusqu’à ce que l’on purifiât la source de ce qui y avait été jeté. Soubouktakîn ordonna alors d’y déposer une impureté, profitant de la proximité de l’ennemi. Le tonnerre, les éclairs, les pluies et les coups de foudre persistèrent au point que l’armée adverse dut prendre la fuite et regagner ses terres, bredouille et en déroute. Le roi de l’Inde envoya ensuite demander la paix à Soubouktakîn, lequel finit par accepter, malgré l’opposition de son fils Mahmoud, en échange d’une importante somme d’argent (9), de nombreux territoires qu’il lui céda (10), de cinquante éléphants, et en laissant parmi les siens des otages éminents jusqu’à s’acquitter entièrement de ses engagements (11).

(1) Voir les événements de l'année 364 de l'Hégire. (2) Entre deux variantes critiques dans (B) et (T). (3) Entre deux variantes critiques dans (T). (4) Dans (T) ajout : « pour sa droiture parmi eux et sa bonté ». (5) Dans (T) : « et leurs vœux », ce qui est une altération, et al-buddu : un lieu où il y a des idoles et des images ; c'est un terme perse arabisé. Voir al-Lisān (entry « بدد »). (6) Entre deux variantes critiques dans (B). (7) Dans (H) : « Khibāl », la lecture confirmée dans (B) et (T), et la même dans al-Kāmil d'Ibn al-ʿAṭṭīr. (8) Entre deux variantes critiques dans (T). (9) Dans (H) : « faḥmalahu », lecture confirmée dans (B) et (T). (10) Entre deux variantes critiques dans (T). (11) Dans (H) : « al-tazamahu », lecture confirmée dans (B).
للسَّامانية، وليس هذا بحاجب معز الدولة، ذاك توفي قبل هذه السنة كما قدَّمنا (١) . وأما هذا فإنه لما مات مولاه لم يترك أحدًا يصلح للملك [من] (٢) بعده [لا] (٣) من ولده ولا من قومه، فاصطلح الجيش على مبايعة سُبُكْتِكِين هذا خيره (٤) وحُسْنِ سيرته، وكمال عقله وشجاعته وديانته. فاستقرَّ الملك بيده، واستمر من بعده في ولده السعيد محمود بن سُبُكتِكين. وقد غزا سُبُكْتِكين هذا بلاد الهند، ففتح شيئًا كثيرًا من حُصُونهم، وغَنمَ أشياء كثيرة من أموالهم، وكسر من أصنامهم وبدودهم (٥) أمرًا هائلًا، وباشر بمن معه من الجيوش حروبًا تشيب الولدان [والمَفارق، وتسر الصديق وتغم المُفَارق] (٦) وقد قصده جيبال (٧) ملك الهند [الأعظم] (٨) بنفسه وجنوده التي تعمُّ السهول والجبال، فكسرهم مرتين، وَرَدَّهم إلى بلادهم في أسوأ حال وأردأ بال. وذكر ابن الأثير في "كامله" أن سبكتكين لما التقى مع جيبال ملك الهند في بعض الغَزَوات كان بالقُرْب منهم عين في عقبة غورك، وكان من عاداتهم أنه إذا وضعت فيها نجاسة أو قذَر اكفهرَّت السماء وأرعدت وأبرقت وأمطرت، ولا تزال كذلك حتى تطهر تلك العين من ذلك الشيء الذي أُلقي فيها، وأن سُبُكْتِكِين أمر بإلقاء نجاسة في تلك العين عند ذلك - وكانت قريبًا من العدو - فلم يزالوا في رعود وبروقٍ وأمطار وصواعق حتى ألجأهم ذلك الحال إلى الهرب والرجوع إلى بلادهم خائبين هاربين، وأرسل ملك الهند يطلب من سُبُكتكين الصُّلْح، فأجابه بعد امتناعٍ من ولده محمود على مالٍ جزيل يحمله (٩) إليه، وبلاد كثيرة يسلمها [إليه] (١٠) ، وخمسين فيلًا ورهائن من رؤوس قومه يتركها عنده حتى يقوم بما التزم (١١) له من ذلك.
(١) انظر حوادث سنة (٣٦٤ هـ). (٢) ما بين حاصرتين من (ب) و (ط). (٣) ما بين حاصرتين من (ط). (٤) في (ط) زيادة: لصلاحه فيهم وخيره. (٥) في (ط): ونذورهم، وهو تحريف، والبُدُّ: بيت فيه أصنام وتصاوير، وهي كلمة فارسية معربة. انظر اللسان (بدد). (٦) ما بين حاصرتين من (ب). (٧) في (ح): خيبال، والمثبت من (ب) و (ط)، ومثلهما في "الكامل" لابن الأثير. (٨) ما بين حاصرتين من (ط). (٩) في (ح): فحمله، والمثبت من (ب) و (ط). (١٠) ما بين حاصرتين من (ط). (١١) في (ح): التزمه، والمثبت من (ب).

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