Cette année-là, al-Ḥakam mourut. Son surnom était al-Mustanṣir bi-llāh, fils d’al-Nāṣir li-Dīn Allāh ʿAbd al-Raḥmān al-Umawī. Il faisait partie des meilleurs rois et de leurs savants. (1) Il était versé dans le fiqh, les divergences juridiques et l’histoire, aimait les savants et leur témoignait de la bienveillance. Il décéda à l’âge de soixante-trois ans et sept mois, dont quinze ans et cinq mois passés au califat. Son fils Hishām lui succéda alors qu’il n’avait que dix ans et fut surnommé al-Muʾayyad bi-llāh. À son époque, on s’opposa à lui, la population fut troublée, il fut emprisonné pendant un certain temps, puis libéré et rétabli dans ses fonctions de calife. Son chambellan (2), al-Manṣūr Abū ʿĀmir Muḥammad ibn Abī ʿĀmir al-Maʿāfarī (3), ainsi que ses fils al-Muẓaffar et al-Nāṣir, prirent alors en charge la gestion des affaires, gouvernèrent la population avec sagesse et justice, combattirent leurs ennemis, et la situation demeura stable sous leur autorité pendant environ vingt-six ans. Ibn al-Athīr rapporta à ce sujet plusieurs de leurs histoires et en fit un long exposé (4).
Au cours de cette année, la souveraineté d’Alep revint à Abū l-Maʿālī Sharīf ibn Sayf al-Dawla ibn Ḥamdān. En effet, lorsque son père mourut, leur affranchi Qurghawiyyah s’empara du pouvoir et l’expulsa de la ville, le contraignant à fuir sous la menace. Il se rendit chez sa mère à Mayyāfāriqīn en l’an cinquante-sept, puis gagna Ḥamāt. Les Byzantins avaient dévasté Ḥimṣ, il œuvra donc à la reconstruire, la restaurer et s’y établit. Plus tard, Qurghawiyyah plaça, à la tête d’Alep, un affranchi nommé Bakjūr. Celui-ci s’empara du pouvoir, fit emprisonner Qurghawiyyah dans la citadelle durant environ six ans. Les habitants d’Alep écrivirent alors à Abū l-Maʿālī, qui se trouvait à Ḥimṣ, afin de lui demander de venir auprès d’eux. Il se mit en marche, assiégea Alep pendant quatre mois et parvint à la conquérir, mais la citadelle résista sous la protection de Bakjūr. Ils finirent par conclure une entente : Abū l-Maʿālī lui garantissait la sécurité et le nommait gouverneur de Ḥimṣ, ce que Bakjūr accepta. Il se repentit par la suite à Ḥimṣ, puis obtint, quelque temps après (5), la vice-gouvernance de Damas. C’est à lui que l’on attribue cette exploitation agricole située en périphérie de Damas, à l’ouest, connue sous le nom de « Qaṣr al-Bakjūrī ». Dieu sait mieux.
Commencement du règne de Subuktikīn, le père de Maḥmūd, souverain de Ghazna.
Subuktikīn était l’affranchi de l’émir Abū Isḥāq ibn Alptekīn (6), commandant de l’armée de Ghazna et de ses provinces.