Au cours de cette année, sur ordre d‘Izz ad-Dawla, le juge suprême de Bagdad, Abou Muhammad ibn Ma‘rouf, siégea dans la demeure d‘Izz ad-Dawla afin de régler les différends et il rendit la justice parmi les gens en sa présence.
Au cours de cette même année, l’émir des Égyptiens, mandaté par al-‘Azîz ibn al-Mu‘izz al-Fâtimî, conduisit le pèlerinage (hajj) après que les habitants de La Mecque eurent été assiégés et eurent enduré de grandes difficultés, alors que les prix s’étaient fortement envolés chez eux.
Ibn al-Athîr rapporte que, cette année-là, Yûsuf Bullekîn, représentant d’al-Mu‘izz al-Fâtimî sur l’Ifriqiya, se rendit à Ceuta. De là, il l’observa depuis un mont qui la surplombait et demeura une demi-journée à examiner comment il pourrait l’assiéger. Les habitants eurent alors très peur de lui, puis il leur tourna le dos et se dirigea vers une ville appelée Basra du Maghreb. Il ordonna sa démolition et son pillage, puis poursuivit son chemin vers la ville de Barghawâta. S’y trouvait un homme nommé ‘Isâ ibn Umm al-Ansâr, son roi, qui avait infligé à son peuple de grandes épreuves par sa sorcellerie et ses supercheries; il prétendait être un prophète, et ils l’avaient suivi en adoptant la loi qu’il avait instaurée. Bullekîn le combattit, le vainquit, l’exécuta, pilla leurs biens et réduisit leurs familles à la captivité. Selon ce qu’en ont déclaré les habitants de ces contrées à cette époque, on n’avait jamais vu de captifs d’aussi belle apparence.
Au nombre des notables décédés cette année figure Ahmad ibn Ja‘far ibn [Muhammad ibn] Salm, surnommé Abou Bakr al-Khuttulî. Il était l’auteur d’un grand Musnad, et transmit (des hadiths) d‘Abdallah ibn Ahmad [ibn Hanbal], d’Abou Muslim al-Kakhî et de nombreux autres. Ad-Dâraqutnî, entre autres, rapporta également de lui. Il était reconnu digne de confiance et s’approchait de la quatre-vingt-dizaine.
Il y eut aussi la mort de Thâbit ibn Sinân ibn Thâbit ibn Qurra, le Sabéen historien, tel que l’a mentionné Ibn al-Athîr dans «Al-Kâmil». De même, al-Husayn ibn Muhammad ibn Ahmad, surnommé Abou ‘Alî al-Mâsarjiskî, le hâfiẓ, mourut cette année-là.