Il constata qu’il ne pouvait se passer du vizir, alors il le fit sortir de prison, le rétablit dans ses fonctions, et Aftakîn partit de son côté. Ceci est le résumé de ce qu’en a rapporté Ibn al-Athîr (1).
[Parmi les notables décédés cette année]
Subuktekîn le chambellan turc : affranchi d’al-Muʿizz al-Daylamî et son chambellan. Il gravit les échelons jusqu’à ce que le calife al-Ṭâʾiʿ le nommât émir, l’honorât d’une robe officielle, lui confiât l’étendard et le surnommât « Nûr al-Dawla » (2). La durée de son autorité à ce poste fut de deux mois et treize jours. Il fut enterré à Bagdad, et sa demeure est la Dâr al-Mulk de Bagdad, un vaste palais. Il arriva qu’un jour il chuta de cheval et se fractura une côte (3). Un médecin le soigna jusqu’à ce qu’il pût à nouveau se tenir droit et accomplir la prière, bien qu’il ne pût s’incliner. Il lui donna alors une somme considérable, et disait : « Quand je songe à ma maladie et à tes soins, je me sens incapable de te récompenser ; mais quand je me rappelle que tu as posé tes pieds sur mon dos, ma colère contre toi s’enflamme (4). »
Il mourut la nuit du mardi, sept jours avant la fin de Muḥarram [de cette année] (5). Il laissa de très grandes richesses (6) : un million de dinars en or, dix millions de dirhams d’argent, deux coffres de pierres précieuses, quinze coffres de cristal, quarante-cinq coffres d’objets en or, cent trente caisses d’or dont chacune renfermait cinquante paquets, avec dans chaque paquet mille dinars, six cents caisses d’argent, quatre mille vêtements de brocart, dix mille habits de dubayqî (7) et de ‘atabî (8), trois cents ballots remplis de tapis, trois mille chevaux et mules, mille chameaux, trois cents serviteurs masculins et quarante domestiques, sans compter ce qui était déposé auprès d’Abû Bakr al-Bazzâz, son associé. Dieu, Exalté soit-Il, le sait mieux.
[Puis débuta l’année trois cent soixante-cinq]
Cette année-là, Rukn al-Dawla ibn Bûyah partagea ses possessions entre ses fils lorsque le poids de l’âge se fit sentir. Il attribua à son fils ‘Aḍud al-Dawla les contrées du Fârs, du Kirmân et d’Arjân, à Mu’ayyad al-Dawla la région de Rayy et d’Ispahan, et à Fakhr al-Dawla celles de Hamadhân et de Dînawar. Il plaça enfin son fils Abû al-‘Abbâs sous la tutelle d’‘Aḍud al-Dawla et le lui recommanda vivement.