Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ensuite survint l’année trois cent soixante-quatre (364). En cette année, ʿAḍud ad-Dawla, fils de Rukn ad-Dawla ibn Būyah, arriva à Wāsiṭ accompagné du vizir de son père, Abū al-Fatḥ ibn al-ʿAmīd. Alors, Afṭakīn s’enfuit devant lui avec un groupe de Turcs jusqu’à Bagdad, et ʿAḍud ad-Dawla les poursuivit jusque-là. Il descendit dans la partie orientale [de la ville] (1), tandis qu’il ordonna à Bakhtiyār de camper du côté occidental. Il imposa un siège très strict aux Turcs et ordonna aux chefs arabes de mener des incursions sur les confins pour couper l’acheminement de provisions à Bagdad, faisant grimper les prix. Les gens se retrouvèrent dans une grande détresse, ne pouvant plus subvenir à leurs besoins en raison de l’abondance de pillards (ʿayyārīn) et de l’ampleur des vols. Afṭakīn se mit à faire irruption dans les maisons pour y chercher de la nourriture, et la situation devint extrêmement critique.

Puis, lorsque les Turcs affrontèrent ʿAḍud ad-Dawla, ce dernier les vainquit, et ils s’enfuirent à Takrīt. ʿAḍud ad-Dawla s’empara alors de Bagdad et des territoires alentours. Les Turcs avaient emmené le calife avec eux, mais ʿAḍud ad-Dawla le rappela et le rétablit dans la demeure califale avec tous les honneurs. Lui-même s’installa à la Dār al-Mulk (la résidence royale). L’autorité de Bakhtiyār, ʿIzz ad-Dawla, s’affaiblit considérablement, si bien qu’il ne lui resta plus rien. Il ferma sa porte, renvoya chambellans et secrétaires et demanda à être relevé de l’émirat, [ce qui fut] (2) fait sur conseil de ʿAḍud ad-Dawla. En apparence, ce dernier feignit de vouloir le dissuader, tandis qu’en secret, il le poussait à ne pas accepter le pouvoir. Les échanges de lettres (3) se poursuivirent, et Bakhtiyār insista ouvertement pour se retirer. ʿAḍud ad-Dawla fit alors pression pour qu’il s’y tienne, et montra aux gens qu’il [Bakhtiyār] agissait ainsi par incapacité (4) à assumer les charges du gouvernement. Il ordonna ensuite l’arrestation de Bakhtiyār, de sa famille et de ses frères, ce qui causa la joie du calife aṭ-Ṭāʾiʿ li-llāh. ʿAḍud ad-Dawla rétablit alors la dignité de la fonction califale, et renouvela la Dār al-Khilāfa (maison du califat) au point de la rendre splendide. Il envoya au calife d’importants biens et des objets somptueux [rares] (5). Il fit mettre à mort plusieurs agitateurs, parmi les Turcs rebelles et les bandits (ʿayyārīn) émeutiers.

Ibn al-Jawzī dit : cette année-là, la calamité des ʿayyārīn s’accrut grandement à Bagdad. Ils incendièrent le marché de Bāb ash-Shaʿīr (la Porte de l’Orge), s’emparèrent de nombreux biens, enfourchèrent des chevaux, se donnèrent des titres de chefs militaires et percevaient des sommes (6) dans les marchés et les ruelles. Leur danger s’amplifia au point qu’un homme noir jugé sans importance [dut émerger parmi eux] (7) et amassa un grand trésor de richesses.

(1) Entre deux corchets de (ṭ).\n(2) Entre deux corchets de (b).\n(3) Dans (ṭ) : les messagers.\n(4) Dans (ḥ) : Bakhtiyar s’est opposé à cela par découragement, alors que c’est attesté dans (b) et (ṭ).\n(5) Entre deux corchets de (b) et (ṭ).\n(6) Au singulier : al-khafra, qui signifie la sûreté et la sécurité. Dictionnaire du Matn al-Lugha (2/305).\n(7) Entre deux corchets de (ṭ).
[ثم دخلت سنة أربع وستين وثلاثمئة] فيها جاء عضد الدولة بن ركن الدولة بن بُوَيه إلى واسط، ومعه وزير أبيه أبو الفتح بن العميد، فهرب منه أفتكين في جماعة الأتراك إلى بغداد، فسار وراءه إليها، فنزل في الجانب الشَّرْقي [منها] (١) ، وأمر بَخْتيار أن ينزل على الجانب الغَرْبي، وحصر الترك حصرًا شديدًا، وأمر أمراء الأعراب أن يغيروا على الأطراف، ويقطعوا الميرة الواصلة إلى بغداد، فَغَلَتِ الأسعار، وامتنع الناس من المعاش من كثرة العَيَّارين والنهب، وكبس أفتكين البيوت لطلب الطعام، واشتدَّ الحال جدًّا، ثم التقت الأتراك وعضد الدولة فكسرهم وهربوا إلى تكريت، واستحوذ عضد الدولة على بغداد وما والاها من البلاد. وكانت الترك قد أخرجوا معهم الخليفة، فردَّه عضد الدولة وأعاده إلى دار الخلافة مكرمًا، ونزل هو بدار الملك، وضَعُفَ أمر بختيار عز الدولة جدًّا، ولم يبق معه شيء بالكلية، فأغلق بابه، وطرد الحَجَبة والكتبة عن بابه، واستعفى من الإمارة، [وكان] (٢) ذلك بمشورة عضد الدولة، فاستعطفه عضد الدولة في الظَّاهر، وقد أشار عليه في الباطن أن لا يقبل، فلم يقبل. وتردّدت الرسائل (٣) بينهما، فصمَّم بختيار على الامتناع ظاهرًا، فألزمه عضد الدولة بذلك، وأظهر للنَّاس أنه إنما يفعل هذا عجزًا منه (٤) عن القيام بأعباء الملك، فأمر بالقبض على بَخْتيار وعلى أهله وإخوته، ففرح بذلك الخليفة الطائع لله وسرَّ به، وأظهر عضد الدولة من تعظيم الخلافة ما كان دارسًا، وجدَّد دار الخلافة حتى صار كل محل منها آنسًا، وأرسل إلى الخليفة بالأموال الكثيرة والأمتعة الحسنة [العزيزة] (٥) ، وقتل جماعةً من المفسدين من مردة الترك وشُطَّار العَيَّارين. قال ابن الجوزي: وفي هذه السنة عَظُمَ البلاء بالعَيارين ببغداد، وأحرقوا سوق باب الشعير، وأخذوا أموالًا كثيرة، وركبوا الخيول وتلقبوا بالقواد، وأخذوا الخُفَر (٦) من الأسواق والدُّروب، وعظمت المحنة بهم جدًّا، واستفحل أمرهم كثيرًا، حتى إن رجلًا منهم أسود كان مستضعفًا [نَجَمَ فيهم] (٧) فكثر ماله
(١) ما بين حاصرتين من (ط). (٢) ما بين حاصرتين من (ب). (٣) في (ط): الرسل. (٤) في (ح): فصمم بختيار على هذا عجزًا منه، والمثبت من (ب) و (ط). (٥) ما بين حاصرتين من (ب) و (ط). (٦) مفردها: الخفرة، وهي الذمة والأمانة. معجم متن اللغة (٢/ ٣٠٥). (٧) ما بين حاصرتين من (ط).

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