Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Son frère, Saïf ad-Dawla (1), le pleura en disant :
« L’homme est la cible (2) de calamités qui ne cessent de l’atteindre… jusqu’à ce que son corps repose dans sa tombe.
Certains, retardés, voient la mort frapper autour d’eux (3)… d’autres, hâtés, y font face eux-mêmes. »

Il advint qu’un Bédouin se trouvait alors auprès de Saïf ad-Dawla. Celui-ci lui dit : « Exprime-toi dans le même sens. » Il déclama :
« Que celui qui souhaite la longue vie… se mure dans la patience face à la perte de ses chers amis !
Et quiconque est gratifié d’une longue existence… verra s’abattre sur lui ce même sort qu’il désirait pour ses ennemis. »

C’est ainsi qu’Ibn as-Sa‘î (4) rapporta ces deux vers comme étant ceux de Saïf ad-Dawla à l’intention de son frère Abou Firas. Toutefois, Ibn al-Jawzî, dans “Al-Muntazam”, les attribue au propre recueil d’Abou Firas, tout en précisant que le Bédouin y répondit par les deux vers qui suivent (5). Ibn al-Jawzî mentionne aussi d’autres beaux extraits de la poésie d’Abou Firas, parmi lesquels :

« Mon peuple se languira de moi lorsque leurs épreuves deviendront pressantes… tout comme, durant la nuit obscure, on regrette la clarté de la pleine lune.
Même si un autre venait à remplir mon rôle, ils s’en contenteraient… car l’or ne vaudrait guère plus si le cuivre trouvait preneur (6) (7). »

Il cite également d’autres vers tirés d’un poème :
« Je me plains à Dieu de ce que nous vivons dans des demeures… où les lions sont soumis au pouvoir de simples chiens.
Puisses-tu m’être doux, quand bien même la vie est amère… puisses-tu être satisfait de moi quand bien même les gens sont en colère !
Plût au Ciel que ce qui nous unit subsiste… et que ce qui me lie au reste du monde soit ruiné (8). »

(1) Il s'agit de la transmission d'Ibn al-Sāʿī, comme il sera indiqué, et dans al-Muntaẓam (7/68), il pleura Saif al-Dawla. Je dis : il est connu que Saif al-Dawla est décédé un an avant lui, c'est-à-dire en l'année 356 de l'Hégire, comme cela a été mentionné précédemment dans les nécrologies de cette année. L'expression correcte serait : il pleura son cousin Saif al-Dawla en disant... Les deux vers figurent dans le dīwān d'Abū Firas (175). (2) Dans le « Dīwān » : رهن (rahn). (3) Dans le « Dīwān » : في أهله (chez lui). (4) Son histoire intitulée « al-Jāmiʿ al-Mukhtaṣar fī ʿUnwān al-Tārīkh wa ʿUyūn al-Siyar » se composait de vingt-cinq volumes, dont seul le neuvième nous est parvenu, édité à Bagdad en 1934 sous la direction de l’éminent Mustafa Jawwād. Son histoire est une source principale pour Ibn Kathīr. Il est décrit comme n'étant ni un hafidh (mémorisateur) ni un scribe rigoureux. Voir la notice sur Ibn al-Sāʿī dans ce livre, aux nécrologies de l'année 674 de l'Hégire. (5) al-Muntaẓam (7/68-69). (6) Dans le Dīwān (161) et al-Muntaẓam (7/70) : سيذكرني (il me rappellera). (7) Dans (ṭ), et le cas de l'aigle impétueux face au faucon, c’est une altération, ainsi que la divergence entre les versions du « Dīwān » et d'« al-Muntaẓam ». (8) al-Muntaẓam (7/71) et Dīwān (25).
وقد رثاه أخوه سيف الدولة (١) فقال: المَرْءُ نَصْبُ (٢) مَصَائبٍ لا تنقضي … حتى يُوارى جِسْمُه في رَمْسِه فَمُؤجَّلٌ يَلْقى الرَّدى في غيره (٣) … ومُعَجَّلٌ يَلْقى الرَّدى في نَفْسِهِ واتفق أن كان عند سيف الدولة رجلٌ من العرب، فقال له: قل في معناهما. فقال: من يتمنى العُمْرَ فَلْيَتَّخِذْ … صَبْرًا على فَقْدِ أحِبِائهِ ومن يُعَمَّرْ يَلْقَ في نَفْسِهِ … ما يتمنَّاه لأعدائهِ كذا ذكر ابن السَّاعي (٤) هذين البيتين من شعر سيف الدولة في أخيه أبي فراس، وإنما ذكرها ابن الجوزي في "المنتظم" من شعر أبي فراس نفسه، وأن الأعرابي أجازهما بالبيتين المذكورين بعدهما (٥) . وذكر من شعر أبي فراس أشياء حسنة، فمن ذلك قوله في قصيدة: سيفقدني (٦) قومي إذا جَدَّ جدُّهم … وفي اللَّيلةِ الظَّلْماءَ يُفْتقدُ البَدْرُ ولو سَدَّ غيري ما سَدَدْتُ اكتفوا به … وما [كان] يغلو التِّبْرُ لو نَفَقَ الصُّفْرُ (٧) ومن ذلك قوله من قصيدةٍ: إلى الله أشكو أننا في منازلٍ … تحكَّم في آسادهِنَّ كلابُ فليتكَ تحلو والحياةُ مَرِيْرةٌ … وليتكَ ترضى والأنامُ غِضَابُ وليتَ الذي بيني وبينكَ عامرٌ … وبيني وبين العالمينَ خَرَابُ (٨)
(١) هذه رواية ابن الساعي كما سيمر، وفي المنتظم (٧/ ٦٨) ورثاه سيف الدولة. قلت: والمعروف أن سيف الدولة توفي قبله بعام، يعني سنة (٣٥٦ هـ) كما سلف في وفيات ذلك العام، والعبارة على الصواب: ورثى ابنَ عمه سيف الدولة فقال … والبيتان في ديوان أبي فراس (١٧٥). (٢) في "الديوان": رهن. (٣) في "الديوان": في أهله. (٤) تاريخه "الجامع المختصر في عنوان التاريخ وعيون السير"، كان يقع في خمسة وعشرين مجلدًا، لم يصل إلينا منه سوى المجلد التاسع الذي طبع في بغداد سنة ١٩٣٤ بتحقيق العلامة مصطفى جواد، وتاريخه من موارد ابن كثير الرئيسة، ووصفه بأنه لم يكن بالحافظ ولا الضابط المتقن، انظر ترجمة ابن الساعي في هذا الكتاب في وفيات سنة (٦٧٤ هـ). (٥) المنتظم (٧/ ٦٨ - ٦٩). (٦) في الديوان (١٦١) والمنتظم (٧/ ٧٠): سيذكرني. (٧) في (ط): وما فعل النسر الرفيق مع الصقر، وهو تحريف، وما بين حاصرتين من "الديوان" و "المنتظم". (٨) المنتظم (٧/ ٧١) وديوان (٢٥).

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