Il (l’auteur) a également dit :
« Accorde à ton esprit, épuisé par l’effort, un moment de repos, afin qu’il reprenne des forces, et distrais-le par un peu de plaisanterie. Mais si tu lui accordes cela, que ce soit à la mesure du sel que l’on ajoute à un plat. »
Il a aussi dit :
« Si tu sers les rois, alors revêts la plus précieuse des tenues : la prudence. Entre chez eux comme si tu étais aveugle et, lorsque tu sors, sors comme si tu étais muet. »
Et encore :
« Si tu souhaites voir ton ennemi humilié, que tes soucis le tuent et que ta grandeur le consume de chagrin, alors poursuis la gloire et accrois tes mérites, car quiconque augmente son mérite avive la rancune de ses jaloux. »
Il déclare aussi :
« Nos épées, courtes mais solides, ont fait de notre royaume un empire de longue durée. Nous n’avons cessé de défendre les frontières, d’anéantir nos ennemis sans relâche, d’affronter les périls depuis le temps ancien et de nous partager les richesses depuis l’époque de Sām. »
Il écrit également :
« Ô toi, serviteur du corps, jusqu’à quand peineras-tu à son service ? Chercherais-tu un profit dans ce qui ne fait que causer des pertes ? Tourne-toi plutôt vers l’âme et parachève ses vertus, car c’est par l’âme, et non par le corps, que l’être humain se définit. »
Abou Firas ibn Hamdân, le poète, a laissé un recueil de poèmes très connu. Son frère, Sayf ad-Dawla, le nomma gouverneur de Harrân et de Manbij. Un jour, il livra bataille contre les Byzantins et fut fait prisonnier, puis Sayf ad-Dawla le libéra. Son décès survint cette même année, à l’âge de quarante-huit ans. Sa poésie se distingue par son élégance et la valeur de ses significations.