Il s’en empara aux dépens des Qarmates après un siège acharné, et fit arrêter le responsable de l’administration, Abū al-Hayjāʾ (1) al-Qizmīṭī, ainsi que son fils. Il arrêta aussi un homme nommé Abū Bakr, originaire de Naplouse (2), qui tenait des propos contre les Fatimides en disant : « Si je disposais de dix flèches, j’en lancerais une contre les Byzantins, et le reste contre les Maghrébins » – c’est-à-dire les Fatimides. Cet homme fut écorché (3) en présence [du calife] (4) al-Muʿizz, on bourra sa peau de paille, puis il fut crucifié.
Quand Abū Maḥmūd le commandant eut terminé de combattre les Qarmates, il se dirigea vers Damas. Ẓālim ibn Marhūb sortit à sa rencontre hors de la ville, l’honora et l’hébergea dans les environs de Damas. Mais les hommes d’Abū Maḥmūd saccagèrent al-Ghūṭa et al-Marj, pillèrent les paysans et coupèrent les routes. À cause de l’ampleur des pillages, les habitants d’al-Ghūṭa se réfugièrent en ville. On amena un groupe de tués et on les déposa dans la grande mosquée, provoquant de vives protestations. Les marchés furent fermés et le peuple se rassembla pour combattre. Ils affrontèrent les Maghrébins et des hommes tombèrent des deux côtés. À plusieurs reprises, la foule fut mise en déroute. Les Maghrébins incendièrent le secteur de Bāb al-Farādīs, brûlant un grand nombre de biens et d’habitations. Les hostilités se prolongèrent jusqu’à l’année soixante-quatre, puis la ville fut incendiée une seconde fois après la destitution de Ẓālim ibn Marhūb et la nomination de Jaysh ibn Ṣumṣāma, neveu d’Abū Maḥmūd – que Dieu le déshonore. On coupa les canaux et toutes les sources d’eau, si bien que beaucoup de pauvres moururent dans les rues, accablés par la faim et la soif. La situation demeura ainsi jusqu’à ce que le ṭawāshī (eunuque) Rayyān al-Khādim, représentant al-Muʿizz (5), prenne en charge la ville. Les choses s’apaisèrent alors (6), [louange à Dieu] (7).
[Chapitre] (8) Quand les Turcs prirent de la force à Bagdad, ʿIzz al-Dawla Bakhtiyār [fils de Muʿizz al-Dawla] (9) se trouva fort perplexe quant à la conduite à adopter. Il résidait alors à al-Ahwāz (10) et sollicita l’aide de son oncle Rukn al-Dawla, qui lui envoya une armée sous la direction de son vizir Abū al-Fatḥ ibn