Et parmi ses vers, il a dit :
« De mon être, je suis celui qui se montre généreux envers lui, jusqu’à m’offrir moi-même…
Tandis qu’il rechigne à prodiguer la salutation et la paix.
Ma mort est tapie dans ses prunelles…
Tel le trépas dissimulé dans la lame de l’épée. » (1)
Muhammad ibn Hânî (2), l’Andalou, le poète, fut emmené par al-Muʿizz al-Fâṭimî depuis les terres de Qayrawân lorsqu’il se mit en route pour l’Égypte. Puis, au cours du voyage, on retrouva Muhammad ibn Hânî assassiné, gisant sur le rivage, cela au mois de Rajab de la même année. Il fut un poète accompli, à la diction puissante, mais plus d’un savant l’a jugé mécréant en raison des excès de ses louanges. Parmi ses vers à l’adresse d’al-Muʿizz — qu’Allah les enlaidisse tous deux —, on compte :
« Ce que Tu veux – et non pas ce que décrète le destin – se réalise.
Or décrète, car Tu es l’Unique, le Vainqueur. »
C’est là une grave erreur et une grande mécréance. Il a également dit :
« Bien souvent, j’ai bousculé Gabriel sous ses étriers… »
Et il existe encore ce vers :
—
Ibn al-Athîr rapporte : « Je n’ai pas trouvé ceci dans son “Dîwân” :
“Le Messie s’est installé à Raqqâda (3),
Adam et Noé s’y sont aussi établis.
Allah, le Sublime, y a demeuré,
et toute chose en dehors de Lui n’est que vent.” »
Ibn al-Athîr dit encore : « Certains de ses partisans fanatiques ont entrepris de s’en excuser, mais Dieu est plus savant. » (4)
J’ajoute : Si ces vers sont effectivement de lui, il n’existe aucune excuse, ni dans l’au-delà ni en ce monde.
Parmi ceux qui décédèrent à cette période figure également : Ibrâhîm ibn Muḥammad (5) ibn Sakhtawayh ibn ʿAbd Allâh al-Muzakkî, l’un des maîtres de ḥadîth les plus éminents, qui dépensa ses biens au service de la science du ḥadîth.