Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On rapporte qu’à son arrivée dans le lieu de son règne, il se prosterna en signe de gratitude (1) devant Dieu – Exalté soit-Il –. Puis, la première affaire judiciaire dont on le saisit fut celle de l’épouse de Kâfûr al-Ikhshîdî : elle déclara avoir confié à un orfèvre juif un qabâ’ (robe) en perles tissées d’or, et il le lui aurait nié. Al-Muʿizz le convoqua, l’interrogea, mais ce dernier nia catégoriquement. Al-Muʿizz donna alors l’ordre de fouiller sa maison, et l’on y trouva le qabâ’ qu’il avait déposé dans une jarre qu’il avait ensuite enterrée. Al-Muʿizz le rendit à la femme (2). Celle-ci le lui offrit et le présenta devant lui, mais il refusa de l’accepter et le lui restitua, suscitant l’admiration de l’assistance.

Il est établi dans le hadith : « En vérité, Dieu soutient cette religion par le biais de l’homme pécheur » (3).

En cette même année, mourut parmi les notabilités Al-Sarî al-Raffâ’, poète, fils de Aḥmad fils d’al-Sarî (4), Abû al-Ḥasan, al-Kindî, al-Mawṣilî, poète accompli, l’un des panégyristes de Sayf al-Dawla ibn Ḥamdân et d’autres. Il se rendit à Bagdad et y trouva la mort au cours de cette année. Ibn Khallikân rapporte que certains situent son décès l’année quatre, d’autres l’année cinq, ou encore l’année quarante-quatre. Il évoque aussi l’inimitié qui existait entre lui et Muḥammad et Saʿīd, fils de Hâshim, tous deux al-Khâlidîyayn de Mossoul. Il les accusa d’avoir plagié sa poésie (5). Il s’employait activement à copier le dîwân de Kushâjim, et y ajoutait parfois des poèmes des Khâlidî pour en gonfler le volume et leur en attribuer faussement le mérite. Il avait au préalable loué Sayf al-Dawla, qui lui accorda une rente ; mais les deux Khâlidî finirent par la lui faire couper. Il partit alors pour Bagdad, où il composa des éloges en l’honneur du vizir al-Muhallabî ; à nouveau, ces deux hommes le suivirent et ne cessèrent de le dénigrer auprès du vizir, si bien que ce dernier le délaissa. Ses dettes s’accumulèrent, et il mourut cette même année. Il laissa un grand dîwân de poésie, de bonne facture.

Voici quelques-uns de ses vers :
« Il aborde la générosité avec un visage limpide et serein ;
Mais lorsque les deux armées se rencontrent, il reprend un air redoutable.
Tant qu’il demeure, on trouve chez lui un logis spacieux ;
Mais sitôt qu’il s’élance dans une troupe nombreuse, il réduit l’espace à l’étroitesse. » (6)

Et également :
« Tu m’as revêtu de bienfaits qui me font voir la nuit comme une aube, alors que je la croyais sombre.
Je partis au point que l’ami en vint à me jalouser, alors qu’auparavant l’ennemi même m’accueillait avec mansuétude. » (7)

(1) Entre deux parenthèses de (b). (2) Entre deux parenthèses de (b). (3) Le hadith dans Sahih al-Bukhari (2897) au sujet du djihad et de la marche, et dans Sahih Muslim (111) concernant la foi. (4) Sa biographie a été donnée précédemment, ainsi que les sources dans Wafayat Sanat (360 H). (5) Wafayat al-A‘yan (tome 2, p. 362). (6) Son recueil de poèmes (p. 185). (7) Son recueil de poèmes (p. 251).
فيقال: إنه أول ما دخل إلى مَحَلِّ ملكه خَرَّ ساجدًا [شكرًا] (١) لله (عز وجل) ، ثم كان أول حكومةٍ أنهيت إليه أن امرأة كافور الإخشيدي تقدمت إليه، فذكرت له أنها كانت أودعت رجلًا من اليهود الصواغ قَبَاء من لؤلؤ منسوجٍ بالذهب، وأنه جَحَد ذلك. فاستحضره وقرره، فجحد اليهودي ذلك وأنكره، فأمر عند ذلك المعز بأن تحفر داره ويستخرج ما فيها، فوجد القَبَاء قد جعله في جَرَّة ودفنها فيها، فَسَلَّمه المعز إليها [ووفره عليها] (٢) ، فقدَّمته إليه، وعرضته عليه، فأبى أن يقبله منها، وردَّه عليها، فاستحسن منه ذلك الحاضرون. وقد ثبت في الحديث: "إن الله ليؤيد هذا الدين بالرجل الفاجر" (٣) . [وفيها توفي من الأعيان] السَّري الرَّفَّاء الشَّاعر بن أحمد بن السَّري (٤) : أبو الحسن، الكِنْدي، المَوْصلي، الشاعر المطبق، في جملة مُدَّاح سيف الدولة بن حمدان وغيره، وقد قدم بغداد، فاتفق موته بها في هذه السنة، قال ابن خلِّكان: وقيل: في سنةِ أربع وقيل خمس، وقيل: أربعٍ وأربعين، قال: وقد كانت بينه وبين محمد وسعيد ابْنَيْ هاشم الخالديين الموصليين معاداة، وادَّعى عليهما سرقة شعره (٥) ، وكان معتنيًا بنسخ ديوان كُشَاجم، وربما زاد فيه من شعر الخالديين ليكثر حجمه ويزينهما بالكذب، وكان قد امتدح سيف الدولة، فأحبى له رزقًا، فلم يزل به الخالديان حتى قطعا رسمه من عنده، فدخل بغداد، وامتدح الوزير المهلبي فدخلا وراءه، فلم يزالا في ثلبه عنده حتى هجره وقلاه، فركبه الدين، ومات في هذه السنة، وله ديوان شعر كبير جيد، فمن شعره قوله: يَلْقى النَّدى برقيقِ وجهٍ مُسْفرٍ … فإذا التقى الجمعانِ عادَ صفيقا رَحْبُ المَنَازِلِ ما أقام فإنْ سرَى … في جَحْفلٍ تركَ الفَضاءَ مَضِيْقا (٦) وله: ألبستني نعمًا رأيتُ بها الدُّجى … صُبْحًا وكنتُ أرى الصَّباحَ بهيما فغدوتُ يحسدني الصديقُ وقبلها … قد كان يَلْقَاني العدو رحيما (٧)
(١) ما بين حاصرتين من (ب). (٢) ما بين حاصرتين من (ب). (٣) الحديث في صحيح البخاري (٢٨٩٧) في الجهاد والسير، وصحيح مسلم (١١١) في الإيمان. (٤) سلفت ترجمته، وذكرت مظانها في وفيات سنة (٣٦٠ هـ). (٥) وفيات الأعيان (٢/ ٣٦٢). (٦) ديوانه (١٨٥). (٧) ديوانه (٢٥١).

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