«Leur monde s’est épanoui aux jours de leur puissance… puis lorsque celle-ci toucha à sa fin, il se lamenta sur eux et pleura.»
Abū ʿAlī al-Qālī (1), auteur des «al-Amālī» (2), est Ismāʿīl ibn al-Qāsim ibn ʿAyḍūn ibn Hārūn ibn ʿĪsā ibn Muḥammad ibn Salmān (3), Abū ʿAlī al-Qālī, le linguiste, affranchi omeyyade : en effet, ce Salmān était le client dʾAbd al-Malik ibn Marwān. Le surnom «al-Qālī» renvoie à Qālī Qalā, et on raconte qu’il pourrait s’agir d’Arzan al-Zūm — Dieu seul sait.
Il naquit à Manāzijird, en terre de la Jazīra, région de Diyār Bakr. Il étudia le ḥadīth auprès d’Abū Yaʿlā al-Mawṣilī et d’autres, et apprit la grammaire et la langue auprès d’Ibn Durayd, Abū Bakr ibn al-Anjārī, Nifṭawayh et d’autres. Il composa les «Amālī», un ouvrage célèbre (4), ainsi que le «al-Bāriʿ» (5), classé selon l’ordre alphabétique en cinq mille feuillets, et divers autres ouvrages de linguistique. Il se rendit à Bagdad, y écouta des transmissions, puis partit pour Cordoue. Il y arriva en l’an 330 de l’Hégire et s’y établit, y rédigeant plusieurs livres, jusqu’à son décès cette année-là à l’âge de soixante-huit ans, selon le récit du qāḍī Ibn Khallikān (6).
Cette année-là, Abū ʿAlī Muḥammad ibn Ilyās, souverain des terres de Kirmān et de son territoire, mourut également. ʿAḍud al-Dawla ibn Rukn al-Dawla s’empara alors du pays de Kirmān, appartenant aux fils de Muḥammad ibn Ilyās, au nombre de trois : al-Yasaʿ, [Ilyās] (7) et Sulaymān. Parmi les grands rois, on compte aussi la disparition de Washmakīr, comme nous l’avons rapporté pour cette même année.
Parmi ceux qui moururent cette année, on compte al-Ḥasan ibn al-Fayrzān, Muʿizz al-Dawla ibn Būyah al-Daylamī et Sayf al-Dawla, seigneur de Ḥalab, comme nous l’avons déjà mentionné (8). Ibn al-Athīr rapporte qu’au cours de la même année périt également Naqfūr, roi des Byzantins (9) – on l’appelle «le Damastuq», maître des terres arméniennes, ce que nous avons déjà noté.