Combien de signes le Prophète Muhammad a-t-il manifestés… et combien d’emblèmes a-t-il présentés, lui qui anéantit le polythéisme !
Tous les hommes ont concouru à défendre la vérité qu’il apportait ; ainsi chacun, dans l’honneur qu’il lui vouait, se tenait en posture de serviteur. Des Arabes, des Abyssins, des Perses et des Berbères, et même leurs Kurdes, ont reçu la part des miséricordes. Et des Coptes, des Nabatéens, des Khazars et des Daylamites, tandis que les Byzantins s’en prenaient à vous pour le repousser de manière destructrice.
Mais ceux-là ont refusé la mécréance de leurs aïeux et embrassé la religion droite ; ils sont revenus porteurs d’une part assurée de félicité. Par lui, ils sont tous entrés dans la religion de la vérité et se sont soumis aux commandements inéluctables du Seigneur. Grâce à lui, l’interprétation du songe qu’apporta jadis Daniel s’est trouvée exacte, de façon irréfutable.
Les peuples du Sind et de l’Inde se sont convertis, adoptant la religion de la guidée et délaissant celle des non-Arabes. Il fendit pour nous la pleine lune des cieux en guise de miracle ; d’un seul sâ‘ de provision, il rassasia tout affamé. Des sources d’eau jaillirent du creux de sa main, abreuvant une armée nombreuse. Il est venu avec ce que la raison reconnaît pour vrai, loin de toute prétention vaine et sans fondement.
Que la paix de Dieu soit sur lui tant que se lève l’astre du jour, suivi par les ténèbres épaisses et obscures. Ses preuves sont comparables au soleil ; rien à voir avec vos discours et la confusion que vous semez autour de la substance et des hypostases. Nous possédons tout savoir ancien et nouveau, tandis que vous n’êtes que des ânes à l’échine meurtrie par le bât.
Vous êtes venus avec une poésie froide et chancelante, faible dans sa structure, saturée de lourdeurs. Alors, voici donc la présente ode comme un collier serti d’émeraudes, de perles et de rubis, ciselé avec la maîtrise d’un orfèvre.
(1) [Puis débuta l’an trois cent cinquante-six]
Elle commença alors que le calife était al-Muṭī‘ li-llāh et que le sultan était Mu‘izz ad-Dawla ibn Būyah ad-Daylamī. Quant aux Rawafid, ils marquèrent le jour de ‘Āshūrā’ par le deuil pour al-Ḥusayn (fils de ‘Alī), selon l’usage innové de la lamentation qu’ils instituèrent.