Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Après sa mort, vous avez attaqué ses Compagnons par des injures, des calomnies et des atteintes aux interdits sacrés. (1)

Ceci est le dernier de ces discours : qu’Allah maudisse son auteur et le fasse entrer au Feu. « Le jour où les excuses des injustes ne leur profiteront pas, la malédiction sera sur eux, et ils auront la pire demeure » (Ghafir, 52). C’est le jour où celui qui l’a composé réclamera sa perte et subira une braise ardente, goûtant à l’humiliation prolongée. « Le jour où l’injuste se mordra les deux mains, en disant : “Hélas pour moi ! Si seulement j’avais suivi une voie avec le Messager ! (27) Malheur à moi ! Si seulement je n’avais pas pris untel pour ami ! (28) Il m’a détourné du Rappel après qu’il me fut parvenu. Et le Diable abandonne toujours l’homme” » (Al-Fourqane, 27-29).

Voici la réponse d’Abou Mohammed Ibn Hazm az-Zâhirî d’Andalousie, qu’il prononça spontanément lorsqu’il en eut connaissance, par colère pour Allah et pour Son Messager, comme en témoignèrent ceux qui le virent. Qu’Allah lui fasse miséricorde, qu’Il honore sa demeure et lui pardonne ses faux pas et ses péchés.

De la part de celui qui se met sous la protection d’Allah, le Seigneur des mondes,
Et de la religion du Messager d’Allah issu des Banou Hachim,
De Mohammed, le guide vers Allah par la piété,
Et par la droiture et l’Islam, le plus noble des défenseurs.
Que la paix d’Allah soit répétée sur lui,
Jusqu’à ce que la Résurrection parvienne à tout l’univers.

À toi qui profère le mensonge par ignorance et égarement,
À propos de Niqfûr, le rebelle chez les étrangers.
Tu as invoqué un Imâm qui, quant aux affaires de sa Famille,
Ne détient rien d’elles si ce n’est l’empreinte de signes indéchiffrables.
Des épreuves terribles l’ont frappé dans son califat,
Comme elles avaient touché auparavant les rois, sous forme de grands malheurs.
Il n’est point étonnant qu’un coup du sort ou qu’une calamité
Atteigne l’homme généreux et valeureux, fils de nobles ancêtres.

Si seulement il avait bénéficié de l’époque de ses illustres aïeux,
Vous auriez subi de sa part le venin des vipères.
Puisse-t-il se manifester une faveur d’Allah à l’égard des gens de Sa religion,
Ranimant chez eux les signes disparus.
Vous vous êtes enorgueillis d’un fait qui, si la vérité vous était dévoilée,
Vous montrerait la réalité du Jugement de l’Arbitre Suprême.
Alors, vous seriez gagnés par la honte à l’évocation de ce fait,
Et toute bouche contestataire parmi vous serait réduite au silence.

Nous vous avons ôté un terrain de manœuvre, et vous avez gagné une petite bribe
Au terme d’une riposte propre aux volontés faibles.
Vous avez jubilé et bombé le torse après cela,
Tel un être vil, faible et pourtant plein de vanité.
Mais ce ne fut que dans un moment de négligence qui nous surprit,
Et les vicissitudes du temps recèlent bien des batailles.
Lorsque nous nous disputâmes les affaires, minés par la désunion,
Le pouvoir échut aux ignorants et à l’État de l’oppresseur.
Alors, les califes allumèrent parmi nous une discorde
Emportant leurs serviteurs, les Turcs et les Daylamites.
Par ingratitude de leur part et par reniement de leurs devoirs,
Eux qu’on avait élevés de la condition la plus misérable.

(1) Le poème se trouve dans les « Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya » d’al-Subkī (3/205‑209), avec des variations dans certains de ses termes et dans le nombre de ses vers. Il y a des mots dont je n'ai pas pu saisir le sens ; je prie Dieu de lever leur obscurité pour moi un jour. (2) Dans (J) : al-Muftarī, tandis que dans (Ḥ) c’est plus proche.
تناوَلْتُمُ أصحابَهُ بعدَ مَوْتِهِ … بسبٍّ وقَذْفٍ وانتهاكِ محارِم (١) هذا آخرها لعن اللّه ناظمها وأسكنه النار ﴿يَوْمَ لَا يَنْفَعُ الظَّالِمِينَ مَعْذِرَتُهُمْ وَلَهُمُ اللَّعْنَةُ وَلَهُمْ سُوءُ الدَّارِ﴾ [غافر: ٥٢] يوم يدعو ناظمها ثبورًا ويصلى سعيرًا ويباشر ذلًّا طويلًا ﴿وَيَوْمَ يَعَضُّ الظَّالِمُ عَلَى يَدَيْهِ يَقُولُ يَالَيْتَنِي اتَّخَذْتُ مَعَ الرَّسُولِ سَبِيلًا (٢٧) يَاوَيْلَتَى لَيْتَنِي لَمْ أَتَّخِذْ فُلَانًا خَلِيلًا (٢٨) لَقَدْ أَضَلَّنِي عَنِ الذِّكْرِ بَعْدَ إِذْ جَاءَنِي وَكَانَ الشَّيْطَانُ لِلْإِنْسَانِ خَذُولًا﴾ [الفرقان: ٢٧ - ٢٩] . وهذا جوابها لأبي محمد بن حَزْم الظَّاهري الأندلسي، قالها ارتجالًا حين بلغته غضبًا لله ولرسوله كما شاهدَه من رآه، فرحمه اللّه وأكرم مثواه، وغفر له زلله وخطاياه. مِن المُحْتمي للّه رَبِّ العَوَالمِ … ودينِ رسولِ اللّه من آل هاشمِ محمدٍ الهادي إلى اللّه بالتُّقى … وبالرُّشْدِ والإسلِام أفضلِ قائمِ عليه من اللّه السَّلامُ مرَدَّدًا … إلى أن يُوافي البعثَ كلُّ العوالِمِ إلى قائل بالإفكِ جَهلًا وضِلَّةً … عنِ النِّقفُورِ المنتزي (٢) في الأعاجمِ دَعَوْتَ إمامًا ليسَ من أمر آله … بكفَّيْهِ إِلَّا كالرُّسومِ الطَّوَالسِمِ دَهَتْهُ الدَّوَاهي في خِلافتِهِ كما … دَهَتْ قَبْلَهُ الأملاكَ دُهْمُ الدَّوَاهِمِ ولا عَجَبٌ من نَكْبَةٍ أو مُلِمَّةٍ … تُصيبُ الكريمَ الحرَّ وابنَ الأكارمِ ولو أنَّهُ في حال ماضي جُدودِهِ … لَجُزَعْتُمُ منهُ سِمَامَ الأراقمِ عسى عَطْفةٌ للّه في أهلِ دينهِ … تُجدِّدُ منهم دارساتِ المعالمِ فَخَرْتُمْ بما لو أنَّ فيكم يُريكمُ … حقائقَ حكمِ اللّه أحكمِ حاكم إذن لَعَرَتْكُمْ خَجْلةٌ عندَ ذكرهِ … وأُخْرِسَ منكم كلُّ فاهٍ مُخَاصمِ سَلَبْناكُمُ كَرًّا ففُزْتُمْ ببرَّةٍ … من الكرِّ أفعالِ الضِّعافِ العزائمِ فَطِرْتُمْ سُرورًا عند ذاك ونَخْوةً … كفِعْلِ المَهينِ النَاقصِ المتعاظم وما ذاك إلَّا في تضاعيفِ غَفْلةٍ … عَرَتْنا وصَرْفُ الدَّهْر جمُّ الملاحِمِ ولمَّا تَنَازَعْنا الأُمورَ تخاذُلًا … ودانَتْ لأهلِ الجهلِ دولةُ ظالمِ وقد شَعَلَتْ فينا الخلائفُ فِتْنةً … لعُبْدانهم مَعْ تُرْكهمْ والدَّيالمِ بكُفْرِ أياديهم وجَحْدِ حُقُوقهم … بمن رفَعُوهُ من حضِيْضِ البَهائمِ
(١) القصيدة في طبقات الشافعية للسبكي (٣/ ٢٠٥ - ٢٠٩) مع اختلاف في بعض ألفاظها، وعدد أبياتها، وثمة كلمات لم أقف على معناها، أرجو من الله أن يكشف لي سترها ذات يوم. (٢) في (ج): المفتري، وما في (ح) أشبه.

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