Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il leur dissipa la noirceur de ce nuage et en déchira l’unité. À Dieu appartiennent la grâce et la faveur, et louange à Dieu en toute circonstance.

Il advint, l’année de son décès, que mourut le souverain de Constantinople ; dès lors, la joie fut complète et l’espoir accompli. Louange à Dieu qui, par Sa grâce, fait parachever les bonnes actions et effacer les mauvaises, et par Sa miséricorde absout les fautes.

Ce qui importe, c’est que ce maudit – j’entends Nicéphore, surnommé ad-Dumastaq, roi des Arméniens – avait envoyé un poème au calife al-Muṭīʿ li-llāh. Ce poème avait été composé pour lui par l’un de ses secrétaires, un homme qu’Allah avait abandonné et humilié, en scellant son ouïe et son cœur, et en posant sur sa vue un voile, le détournant de l’islam et de ses fondements. Dans ce texte, il s’enorgueillit au nom de ce maudit, s’en prend à l’islam et aux musulmans, et menace les habitants des territoires de l’islam de la conquête totale, y compris des deux Lieux saints, et cela dans peu d’années. Or, il est plus insignifiant, plus méprisable et plus égaré que le bétail. Il prétend se faire le champion de la religion du Messie – fils de la Vierge – (que la paix soit sur lui). Il s’est peut-être même risqué à attaquer la noble personne du Messager – sur lui la bénédiction et la salutation de son Seigneur, et la prière sans fin tant que dureront les jours.

Je n’ai pas appris qu’aucun contemporain de cette époque ait formulé une réponse à son texte(1). Il se peut que cette attaque ne se soit pas répandue ou que l’on ait jugé ce personnage trop insignifiant pour répondre à ses écrits, car il n’était qu’un négateur obstiné ; d’ailleurs, le rédacteur de ce poème manifeste clairement un esprit diabolique et rebelle. Plus tard, Abū Muḥammad ibn Ḥazm aẓ-Ẓāhirī s’employa à y répondre ; il le fit avec brio et excellence, répliquant à chaque mensonge par la parole juste et la rectitude. Puisse Dieu arroser sa tombe de Sa miséricorde et faire du Paradis son refuge et sa demeure(2).

Voici donc le poème arménien honni, voué à l’échec, et je le ferai suivre de la pépite islamique victorieuse et bénie. Voici ce qu’écrivit l’apostat mécréant arménien au nom de son roi – que Dieu les maudisse tous les deux, ainsi que les adeptes de leur confession, jusqu’au dernier d’entre eux, Amen Seigneur de l’univers. Je l’ai recopié d’après le manuscrit d’Ibn ʿAsākir ; ils l’avaient pris dans le livre « Ṣilat aṣ-Ṣila » d’al-Farġānī(3) :

« Du roi pur, chrétien, Maʾlūk(4),
… À l’héritier des rois, issu de la famille de Hâshim ;
Au roi al-Faḍl al-Muṭīʿ, frère de la grandeur,
… Celui à qui l’on recourt pour les grandes difficultés ;
N’as-tu pas entendu de tes deux oreilles ce que je m’apprête à faire ?
Oui, mais la faiblesse t’a détourné de toute action décisive.
Si tu dors quant à ce qui t’incombe,
… Moi je ne dors pas quant à ce qui me préoccupe. »

(1) Réponse de l'imam Muhammad ibn Ali ibn Isma'il al-Qaffāl, décédé en 365 H, dont la poésie a été rapportée par al-Subkī dans ses Ṭabaqāt al-Shāfiʿiyya (3/209-213). Al-Subkī a également cité un poème d'Ibn Ḥazm. Le Dr Ṣalāḥ al-Dīn al-Munjid a publié les trois poèmes dans un petit fascicule édité en 1982 à Beyrouth. (2) Les deux poèmes ne figurent pas dans (B). (3) Abdullāh ibn Aḥmad al-Farghānī, décédé en 312 H, a écrit un livre d’histoire, qui est la continuation du Tārīkh de Ṭabarī. Son fils Aḥmad, décédé en 398 H, a ensuite composé une histoire qui prolongeait celle de son père. Voir Maʿjam al-Adabāʾ (3/105-106, 18/44) et Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (16/122-133). (4) Al-Mālik et al-Mālika : al-Risāla, voir al-Lisān (Alk).
وأزاح عنهم قَتَام ذلك الغمام، ومزَّق شمله، فلله النعمة والإفضال، والحمد للّه على كلِّ حال. واتفق في سنة وفاته موتُ صاحب القُسْطنطينية، فتكاملت المسرَّات وحصلت الأمنيَّة، فالحمد للّه الذي بنعمته تتمُّ الصَّالحات وتذهب السيئات، وبرحمته تغفر الزَّلَّات. والمقصود أن هذا اللعين - أعني النقفور الملقب بالدُّمَسْتَق ملك الأرمن - كان قد أرسل قصيدة إلى الخليفة المطيع للّه، نظمها له بعض كُتَّابه ممن كان الله قد خذله وأذلَّه، وختم على سمعه وقلبه، وجعل على بصره غِشاوة، وصرفه عن الإسلام وأصله. يفتخر فيها لهذا اللعين، ويتعرَّض لسبِّ الإسلام والمسلمين، ويتوعَّد فيها أهل حوزة الإسلام بأنه سيملكها كلها حتى الحرمين الشريفين، عما قريبٍ من الأعوام، وهو أقل وأذل وأخسُّ وأضلُّ من الأنعام، ويزعم أنه ينتصر لدين المسيح (عليه السلام) ابن البتول. وربما تعرَّض فيها بجناب الرسول عليه من ربه التحية والإكرام، ودوام الصَّلاة مدى الأيام. ولم يبلغني عن أحدٍ من أهل ذلك العصر أنه ردَّ عليه جوابه (١) ، وربما أنها لم تشتهر، أو أنهم رأوا أنه أقل من أن يردُّوا خطابه، لأنه كالمعاند الجاحد، ونفس ناظمها تدلُّ على أنه شيطان مارد، وقد انتخى للجواب عنها فيما بعد ذلك أبو محمد بن حَزْم الظَّاهري، فأفاد وأجاد، وأجاب عن كل فصل باطلٍ بالصواب والسَّداد، فبلَّ الله بالرحمة ثراه، وجعل الجنة منقلبه ومثواه (٢) . وها أنا أذكر القصيدة الأرمنية الملعونة المخذولة، وأتبعها بالفريدة الإسلامية المنصورة الميمونة. قال المرتد الكافر الأرمني على لسان ملكه لعنهما الله وأهل مِلَّتهم أجمعين أكْتَعين أبصعين، آمين يا ربَّ العالمين. ومن خطِّ ابنِ عساكر نقلتها، وقد كتبوها من كتاب "صِلة الصِّلة" للفَرْغاني (٣) : منَ المَلِكِ الطُّهْرِ المسيحيِّ مَألُكٌ (٤) … إلى خَلَفِ الأمْلاكِ من آلِ هاشمِ إلى الملكِ الفَضْلِ المُطيعِ أخي العُلا … ومَنْ يُرْتجى للمُعْضلاتِ العَظائمِ أمَا سَمِعَتْ أُذناك ما أنا صانع … بلى فعداك الوَهْنُ عنْ فعل حازم فإنْ تكُ عمَّا قد تقلَّدتَ نائمًا … فإنِّي عمَّا هَمَّني غيرُ نائمِ
(١) رد عليه الإمام محمد بن علي بن إسماعيل القفال المتوفى سنة (٣٦٥ هـ)، وقد أورد قصيدته السبكي في طبقات الشافعية (٣/ ٢٠٩ - ٢١٣) كما أورد السبكي قصيدة ابن حزم. وقد نشر الدكتور صلاح الدين المنجد القصائد الثلاثة في كتيب صغير نشره سنة (١٩٨٢ م) في بيروت. (٢) القصيدتان ليستا في (ب). (٣) لعبد اللّه بن أحمد الفرغاني، المتوفى سنة (٣١٢ هـ) كتاب في التاريخ هو ذيل لتاريخ الطبري، ثم ألف بعده ابنه أحمد المتوفى سنة (٣٩٨ هـ) تاريخًا رصل به تاريخ أبيه، انظر معجم الأدباء (٣/ ١٠٥ - ١٠٦، ١٨/ ٤٤) وسير أعلام النبلاء (١٦/ ١٢٢ - ١٣٣). (٤) المألك والمالكة: الرسالة، انظر اللسان (ألك).

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