« Si j’obtiens de toi l’affection, alors la richesse n’a plus d’importance… et tout ce qui est sur la terre n’est que poussière.
(1) Il a déjà été mentionné qu’il naquit à Koufa en l’an trois cent six (306), et qu’il fut tué au mois de Ramadan de l’an trois cent cinquante-quatre (354). Ibn Khallikân a rapporté : il se sépara de Sayf ad-Dawla ibn Ḥamdân en l’an trois cent quarante-six (346), à cause de ce qui advint entre lui et Ibn Khâlawayh [à son égard] (2), lorsque ce dernier le frappa à la figure avec une clé et le blessa. Al-Mutanabbî se rendit alors en Égypte où il loua Kâfûr al-Ikhshîdî et y résida pendant quatre années. Il se déplaçait accompagné d’un groupe de ses serviteurs, ce qui éveilla la méfiance de Kâfûr, qui finit par se détourner de lui. Redoutant alors sa réaction, al-Mutanabbî prit la fuite ; Kâfûr envoya des hommes à sa poursuite, sans parvenir à le rattraper.
On demanda à Kâfûr : « Quelle est donc l’importance de cet individu pour que tu te méfies de lui ? » Il répondit : « C’est un homme qui a voulu être prophète après Muḥammad (ﷺ). Ne chercherait-il pas à devenir roi sur la terre d’Égypte ? » Plus tard, al-Mutanabbî se rendit auprès de ʿAḍud ad-Dawla, qu’il loua, et qui le combla de nombreux présents. Il reprit alors le chemin du retour, mais Fatik ibn Abî al-Jahl al-Asadî se dressa contre lui et le tua, ainsi que son fils Muḥassad et son serviteur Mufliḥ, le mercredi, à six jours de la fin du mois de Ramadan – ou, selon certains, à deux nuits de sa fin, ou encore le lundi alors qu’il restait huit jours, ou bien cinq. Cela se produisit dans la région rurale de Bagdad. Les poètes le pleurèrent et de nombreux savants de la littérature ont commenté son recueil poétique : on dénombre près de soixante commentaires, qu’ils soient concis ou détaillés (3).
Parmi les notables décédés cette même année figure également Abû Ḥâtim al-Bustî (4) Ibn Ḥibbân, l’auteur du « Ṣaḥîḥ ». Il s’agit de Muḥammad ibn Ḥibbân ibn Aḥmad ibn Ḥibbân ibn Muʿâdh ibn Maʿbad, Abû Ḥâtim al-Bustî, auteur de « al-Anwâʿ wa-l-Taqâsîm » et l’un des grands maîtres (ḥuffâẓ) dans la composition et la recherche. Il voyagea dans différentes contrées, étudia auprès de nombreux professeurs, puis fut nommé juge dans sa ville natale, où il mourut cette année-là. Certains (5) ont critiqué sa croyance, prétendant qu’il soutenait que la prophétie pouvait s’acquérir, une inclination philosophique. Dieu seul sait si cela lui est réellement attribuable. Je l’ai mentionné dans « Ṭabaqāt aš-Šāfiʿiyya ».