Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il advint que les compagnons de Marwân firent prisonnier Badr, et Marwân le mit à mort devant lui avec patience. Marwân mourut ensuite quelques jours plus tard, et ses compagnons se dispersèrent – que Dieu les enlaidisse.

Cette même année, les habitants de Sijistân se rebellèrent contre leur émir, Khalaf ibn Aḥmad. En l’an cinquante-trois, celui-ci partit en pèlerinage et laissa la ville à la garde de Ṭâhir ibn al-Ḥusayn. Ṭâhir, convoitant le pouvoir, rallia la population à sa cause. À son retour de pèlerinage, Khalaf découvrit que Ṭâhir refusait de lui rendre la ville et menait une mutinerie. Khalaf alla alors trouver l’émir Manṣūr ibn Nûḥ as-Sâmânî à Boukhârâ pour solliciter son aide. L’émir dépêcha une armée avec lui qui reprit la ville à Ṭâhir et la rendit à Khalaf ibn Aḥmad – lequel était un homme instruit et amoureux du savoir. De son côté, Ṭâhir s’enfuit, rassembla des troupes et revint assiéger Khalaf, s’emparant à nouveau de la ville. Khalaf retourna alors auprès de l’émir Manṣūr, lequel envoya de nouveau des soldats qui lui reprirent la ville et la lui restituèrent. Une fois rétabli et solidement installé, Khalaf cessa d’envoyer au souverain de Boukhârâ, Manṣūr, ce qu’il avait coutume de lui faire parvenir comme présents, dons et provisions. Manṣūr envoya alors une armée contre lui. Khalaf se retrancha dans une forteresse appelée Ḥiṣn Ark, que l’armée assiégea neuf ans durant sans réussir à la prendre, en raison de la sûreté de ses défenses, de la difficulté de ses accès, de la profondeur de ses douves et de la solidité de son rempart. Nous évoquerons plus loin ce qu’il advint ensuite de lui.

La même année, un groupe de Turcs attaqua les terres des Khazars, lesquels sollicitèrent l’aide des habitants du Khwârazm. Ces derniers leur dirent : « Si vous embrassez l’islam, nous vous viendrons en aide. » Tous les Khazars se convertirent, à l’exception de leur roi, et combattirent aux côtés des Khazars contre les Turcs, jusqu’à les repousser. Plus tard, leur roi se convertit lui aussi à l’islam, à Dieu la louange et le bienfait.

[Parmi ceux qui moururent cette année-là figure] le poète célèbre al-Mutanabbî : Aḥmad ibn al-Ḥusayn ibn al-Ḥasan ibn ʿAbd aṣ-Ṣamad, Abū Ṭayyib, al-Juʿfî, plus connu sous le nom d’al-Mutanabbî. Son père était appelé ʿĪdân as-Saqqâ’, car il puisait de l’eau à la disposition des gens de Kûfa sur son chameau, alors qu’il était déjà âgé. Ibn Mâkûlâ et al-Khaṭīb rapportent que son nom, ʿĪdân, s’écrit avec un ʿayn brisé suivi d’un yâ’ souscrit, tandis que d’autres affirment qu’il se lit avec un ʿayn ouvert, et Dieu sait mieux.

Al-Mutanabbî naquit à Kûfa en l’an 306 (de l’Hégire), grandit dans le désert du Shâm et s’adonna à l’apprentissage de la littérature, surpassant ainsi les lettrés de son époque.

(1) Dans al-Kāmil (8/564) : sept ans. (2) Les sources de sa biographie sont trop nombreuses pour être comptées, parmi les études les plus agréables à son sujet figure celle rédigée par le savant de la langue arabe Mahmoud Muhammad Shākir dans son livre "al-Mutanabbī". (3) Entre deux parenthèses de la lettre (b). (4) Voir al-Ikmāl (6/99) et la biographie d’al-Mutanabbī par Ibn al-ʿAdīm publiée dans le livre "al-Mutanabbī" du savant Mahmoud Muhammad Shākir (p. 609), et dans certaines sources : ʿAbdān, ce qui est une erreur de lecture. (5) Il est connu qu’il est né en l’an 303 de l’Hégire.
واتفق أن أسر أصحابُ مروان بدرًا، فقتله مروان بين يديه صبرًا، ومات مروان بعد أيام، وتفرقت أصحابه، قبحهم اللّه. وفيها عصى أهل سِجِسْتان أميرَهم خلف بن أحمد، وذلك أنه حجَّ في سنة ثلاث وخمسين، واستخلف عليهم طاهر بن الحسين، فطمع في الملك بعده، واستمال أهل البلد، فلما رجع من الحجّ لم يسلمه البلد وعصى عليه، فذهب إلى بخارى إلى الأمير منصور بن نوح السَّاماني فاستنجده، فبعث معه جيشًا فاستنقذ البلد من طاهر، وسلَّمها إلى الأمير خلف بن أحمد - وقد كان خلف عالمًا محبًا للعلماء - فذهب طاهر، فجمع جموعًا، ثم جاء فحاصر خلفًا وأخذ منه البلد، فرجع خلف إلى الأمير منصور السَّاماني، فبعث معه من استرجع له البلد ثانية وسلَّمها إليه، فلما استقرَّ خلف بها، وتمكَّن فيها؛ منع ما كان يحمله من التحف والهدايا والحمل إلى الأمير منصور ببخارى، فبعث إليه جيشًا، فتحصَّن خَلَف في حصنٍ يقال له حصن أرك، فنازله الجيش فيه تسع سنين (١) لم يقدروا عليه، وذلك لمناعة هذا الحصن وصعوبته وعمق خندقه وارتفاعه هو في نفسه، وسيأتي ما آل إليه أمره من بعد ذلك. وفيها قصدت طائفة من الترك بلاد الخَزَر، فاستنجد الخَزَر بأهل خوارزم فقالوا: لو أسلمتم لنصرناكم. فأسلموا إِلَّا ملكهم، فقاتلوا معهم الترك، فأجلوهم عنهم، ثم أسلم الملك بعد ذلك، ولله الحمد والمنة. [وممن توفي فيها من الأعيان] المُتَنبِّي الشَّاعر المشهور (٢) ، أحمد بن الحسين بن الحسن بن عبد الصَّمد: أبو الطيب، الجُعْفي، الشَّاعر المعروف بالمتنبي. وكان أبوه يعرف بعِيْدان السَّقَّاء - كان يستقي الماء لأهل الكوفة على بعيرٍ له، وهو شيخٌ كبير. وعِيْدان [هذا] (٣) قال ابن ماكُولا والخطيب: هو بكسر العين وبعدها ياء مثناة من تحت، وقيل بفتح العين لا كسرها (٤) ، فالله أعلم. كان مولد المتنبي بالكوفة سنة ستٍّ وثلاثمئة (٥) ، ونشأ بالشَّام بالبادية، وطلب الأدب، ففاق أهل
(١) في الكامل (٨/ ٥٦٤): سبع سنين. (٢) مصادر ترجمته أكثر من أن تحصى، ومن أمتع الدراسات عنه ما خطَّه يراع شيخ العربية محمود محمد شاكر في كتابه "المتنبي". (٣) ما بين حاصرتين من (ب). (٤) انظر الإكمال (٦/ ٩٩) وترجمة المتنبي لابن العديم المنشورة ضمن كتاب "المتنبي" للعلامة محمود محمد شاكر (٦٠٩) وفي بعض المصادر: عبدان، وهو تصحيف. (٥) المشهور أنه ولد سنة (٣٠٣ هـ).

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