Sur l’ordre de Mossoul et de Nāṣir ad-Dawla ibn Ḥamdān, lorsque la situation se stabilisa et qu’il revint à Bagdad, al-Mubarraqaʿ disparut et s’en alla parcourir les contrées, sans que ses affaires ne s’ouvrent ensuite pour lui.
[Parmi les notables décédés cette année]
Bakkār ibn Aḥmad (1) ibn Bakkār ibn Bunān ibn Bakkār ibn Ziyād ibn Darastawayh, Abū ʿĪsā (2), le récitateur du Coran. Il transmit le ḥadīth d’ʿAbd Allāh ibn Aḥmad, et Abū al-Ḥasan al-Ḥammāmī le transmit de lui. C’était un homme digne de confiance qui enseigna la lecture du Coran durant plus de soixante ans – qu’Allah lui fasse miséricorde. Il mourut au mois de Rabīʿ al-Awwal de cette année, après avoir dépassé soixante-dix ans, approchant les quatre-vingts (3). Il fut enterré au cimetière de al-Khayzarān, près de la tombe d’Abū Ḥanīfa – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Abū Isḥāq al-Hujaymī (4) : il naquit en l’an 250 de l’Hégire et apprit le ḥadīth. Lorsqu’on lui demandait de rapporter un ḥadīth, il jurait de ne le faire qu’une fois passé l’âge de cent ans. Allah exauça son serment, et il dépassa ce seuil, puis il transmit (les ḥadīths). Il mourut cette année à l’âge de cent-trois ans – qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Puis arriva l’année 354 de l’Hégire]
Le dixième de muḥarram, les chiites organisèrent le deuil, comme cela s’était déjà produit au cours des deux années précédentes. Les marchés furent fermés, on accrocha des étoffes de bure, et les femmes sortirent dévoilées, les cheveux dénoués, se lamentant, se frappant le visage dans les ruelles et les marchés. C’est là une affectation qui n’est nécessaire ni en religion ni dans la vie d’ici-bas. Si cet usage avait été louable, les premiers de cette communauté et ses élites l’auraient pratiqué, car s’il avait été bon, ils nous auraient précédés ; or, les gens de la Sunna suivent l’exemple et n’inventent pas.
Les sunnites se saisirent alors des rawāfiḍ (chiites), prirent d’assaut la mosquée Yirāthā, qui était leur repaire, et tuèrent certains de ceux qui s’y trouvaient parmi les responsables.
Cette même année, au mois de Rajab, le roi des Byzantins arriva avec d’imposantes armées à al-Maṣṣīṣa. Il la prit de force, tua un grand nombre de ses habitants, et emmena le reste en captivité. Ils étaient près de deux cent mille personnes — en vérité nous sommes à Allah et c’est à Lui que nous retournons. Il se rendit ensuite à Ṭarsūs, dont les habitants lui demandèrent la garantie de sécurité, qu’il leur accorda, tout en leur ordonnant de quitter la ville et de déménager ailleurs. Il transforma la grande mosquée en écurie pour ses chevaux, incendia le minbar, et transporta ses lampes dans les églises de son royaume. Certains de ses habitants se convertirent avec lui au christianisme — qu’Allah le maudisse. Quant aux habitants