Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

C’était un homme pieux en lui-même, un dévot et un ascète. Ceux qui étaient présents à ses côtés ont rapporté qu’il était à l’agonie tout en formulant une prière, puis il éleva la voix et déclama : « Pour une chose semblable, qu’agissent donc ceux qui œuvrent » (as-Saffât, 61), la répétant trois fois avant que son âme ne quitte ce monde – qu’Allah lui fasse miséricorde. Il mourut le mardi, le deuxième jour du mois de Chawwâl de cette même année, et fut inhumé dans sa demeure à Dâr al-Qutn.

Muhammad ibn Sa‘îd (1) : Abou Bakr al-Harbi, l’ascète, connu sous le nom d’Ibn ad-Darîr. Il jouissait d’une grande fiabilité et d’une grande piété. Parmi ses paroles, on rapporte celle-ci : « J’ai repoussé les désirs jusqu’à ce que mon désir même soit devenu de repousser les désirs. »

Puis débuta l’année 352 (2). Le dixième jour de Mouharram de cette année-là, Mu‘izz ad-Dawla ibn Bouyah ordonna la fermeture des marchés, demanda aux gens de porter des vêtements en poil (sackcloth) et enjoignit aux femmes de sortir dans les marchés le visage découvert, les cheveux défaits, se frappant le visage et se lamentant sur al-Husayn ibn ‘Alî. La chose fut accomplie, et il ne fut pas possible aux sunnites de l’empêcher, tant les chiites étaient nombreux et soutenus par le souverain.

Le dix-huitième jour de Dhou l-Hijja de la même année, Mu‘izz ad-Dawla ordonna de déployer les ornements festifs à Bagdad, d’ouvrir les marchés la nuit comme pour les jours de fête, de faire battre les tambours et sonner les trompettes, et d’allumer des feux aux portes des émirs et auprès des gardes, en l’honneur de la fête de Ghadîr. Ce fut un temps étonnant, un jour mémorable, et une innnovation manifestement répréhensible.

Cette année-là, les Byzantins lancèrent un raid sur ar-Ruhâ, où ils tuèrent et firent des prisonniers, puis revinrent avec un butin considérable – qu’Allah les maudisse. Ils se révoltèrent ensuite contre leur propre empereur, le mirent à mort et en intronisèrent un autre.

Le Dumastaq, roi des Arméniens, mourut également ; il s’appelait an-Naqfour et fut celui qui s’empara d’Alep. [Ils en désignèrent un autre] (3). Sa biographie devra être consignée à la fin du volume (4).

Au cours de la même année, Ibn Abî ash-Shuwwârib fut révoqué de sa fonction de juge. Ses registres furent annulés, et tous les jugements rendus durant sa période d’exercice furent déclarés nuls ; un autre fut alors nommé à sa place.

(1) Târîkh Baghdâd (5/310) ; Al-Muntaẓam (7/15). (2) En marge de (H) : une correspondance exacte avec son original transmis. (3) Entre deux parenthèses de (B). (4) La notice biographique de Nagfour est présente dans l'édition imprimée après cette phrase, et figure dans (H) et (B) à la fin des événements de l'année 355 H, ce à quoi Ibn Kathîr se réfère. Cette question est confirmée par ce qui est mentionné à la page 261, selon lequel le poème que Nagfour envoya à al-Muṭīʿ est rapporté à la fin du volume précédent, dans l'année 355. Nous avons préféré l'inclure tel qu'il apparaît dans nos manuscrits. Veuillez consulter cet endroit.
وقد كان رجلًا صالحًا في نفسه، عابدًا ناسكًا، حكى من حضره أنه يجود بنفسه وهو يدعو بدعاء ثم رفع صوته يقول: ﴿لِمِثْلِ هَذَا فَلْيَعْمَلِ الْعَامِلُونَ﴾ [الصافات: ٦١] ، يرددها ثلاث مرات، ثم خرجت روحه، (رحمه الله) . وقد كانت وفاته يوم الثلاثاء الثاني من شوال من هذه السنة، ودفن في داره بدار القُطْن. محمد بن سعيد (١) : أبو بكر الحَرْبي، الزاهد، ويعرف بابن الضَّرير. وكان ثِقَةً عابدًا، ومن كلامه قوله: دافعتُ الشهواتِ حتى صارت شهوتي المُدَافعة. ثم دخلت سنة ثنتين وخمسين وثلاثمئة (٢) في عاشر المُحرَّم من هذه السنة أمر معز الدولة بن بويه أن تغلق الأسواق، وأن يَلْبسَ الناسُ المسوحَ من الشعر، وأن يخرج النساء حاسرات عن وجوههن، ناشرات شعورهن في الأسواق، يلطمن وجوههن، ينحن على الحسين بن علي، ففعل ذلك، ولم يمكن أهل السنة منع ذلك لكثرة الشيعة وكون السلطان معهم. وفي ثامن عشر ذي الحجة منها أمر معز الدولة بإظهار الزينة ببغداد، وأن تفتح الأسواق بالليل كما في الأعياد، وأن تضرب الدبادب والبُوقات، وأن تشعل النيران بابواب الأمراء وعند الشرط، فرحًا بعيد الغدير، فكان وقتًا عجبًا، ويومًا مشهودًا، وبدعة ظاهرة منكرة. وفيها أغارت الروم على الرُّها، فقتلوا وأسروا، ورجعوا موفورين لعنهم الله، وثارت الروم بملكهم فقتلوه، وولَّوْا غيره. ومات الدُّمَسْتَق، ملك الأرمن، واسمه النقفور، وهو الذي أخذ حلب، [وولوا غيره] (٣) ، ولتكتب ترجمته في آخر الجزء (٤) . وفيها عُزِلَ ابنُ أبي الشوارب عن القضاء، ونقضت سجلاته، وأبطلت أحكامه مُدَّة أيامه، وولي
(١) تاريخ بغداد (٥/ ٣١٠) المنتظم (٧/ ١٥). (٢) في هامش (ح): بلغ مقابلة بأصله المنقول منه. (٣) ما بين حاصرتين من (ب). (٤) وردت ترجمة نقفور في المطبوع عقب هذه الجملة، وجاءت في (ح) و (ب) في آخر حوادث سنة (٣٥٥ هـ)، وهو ما أراده ابن كثير، وقد زاد هذا الأمر تأكيدًا ما ذكره ص ٢٦١ من أن القصيدة التي بعث بها نقفور إلى المطيع قد أوردها في آخر الجزء الذي قبل هذا في سنة خمس وخمسين وثلاثمئة، لذا آثرنا إثباتها كما في نسخنا الخطية، فلتنظر هناك.

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