Chez son grand-père – ils veulent dire Marwān ibn al-Ḥakam. Lorsque Muʿizz ad-Dawla en fut informé, il ne le désapprouva pas et ne le modifia pas. Puis, il apprit que les gens de la sunna avaient effacé cela, alors il ordonna de rédiger ceci : « Qu’Allah maudisse ceux qui ont commis l’injustice envers la Famille de Muḥammad, qu’ils soient des premiers ou des derniers », et d’y mentionner explicitement le nom de Muʿāwiya dans la malédiction. Ainsi fut-ce écrit. Qu’Allah discrédite Muʿizz ad-Dawla et ses partisans parmi les rawāfiḍ (chiites extrémistes), tout comme Sayf ad-Dawla ibn Ḥamdān à Alep, qui se montrait favorable aux rawāfiḍ. Il n’est pas étonnant qu’Allah ne leur accorde pas la victoire et qu’Il donne la prépondérance à leurs ennemis, car ils ont préféré suivre leurs propres passions, imiter leurs chefs, leurs notables et leurs ancêtres, délaissant ainsi la voie de leurs prophètes et de leurs savants. C’est pourquoi, lorsque la dynastie fatimide s’empara du Bilād al-Shām (la Grande Syrie), les Francs prirent possession de toutes ses côtes, jusqu’à Bayt al-Maqdis (Jérusalem), ne laissant aux musulmans que Alep, Homs, Ḥamā, Damas et quelques territoires alentour, tandis que la totalité du littoral resta aux Francs. Les cloches chrétiennes et les prêtres de l’Évangile résonnaient au sommet des forteresses et des citadelles, et investissaient même certains lieux de prière et des sites sacrés (1).
La même année, il y eut à Baṣra une grave discorde autour de la question des injures (sabb), qui entraîna la mort d’un grand nombre de personnes et fit beaucoup de victimes.
Cette année encore, Sayf ad-Dawla rebâtit la source dʾAyn Zarba, puis envoya son affranchi Najā, qui pénétra en territoire byzantin, où il tua un grand nombre d’ennemis, captura beaucoup de prisonniers, s’empara d’un important butin et revint sain et sauf. Il dépêcha aussi son chambellan à la tête d’une armée en provenance de Ṭarṣūs pour pénétrer en pays byzantin : ceux-ci remportèrent du butin, prirent des captifs et revinrent eux aussi indemnes. Louange et gratitude à Allah.
Au cours de la même année, al-Muʿizz al-Fāṭimī conquit la forteresse de Ṭabarmin (2) au Maghreb – l’une des places fortes les plus solidement défendues par les Francs. Il s’en empara par la force, après un siège de sept mois et demi. Les Francs dirigèrent alors leur attaque vers l’île d’Aqrīṭish, dont les habitants réclamèrent le secours d’al-Muʿizz. Celui-ci envoya donc une armée à leur rescousse, qui vainquit les Francs. Louange à Allah pour cela.
[Parmi les notables décédés cette année]
Al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn Hārūn (3), Abū Muḥammad al-Muhallabī, qui fut le vizir de Muʿizz ad-Dawla ibn Būyah, occupant ce poste durant treize ans. Il était connu pour sa patience, sa générosité et sa pondération.
Abū Isḥāq aṣ-Ṣābī raconta : « Un jour, j’étais chez lui lorsque l’on apporta un écritoire orné et un pose-plume richement décoré. Abū Muḥammad al-Faḍl ibn… »