Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils entrèrent dans la ville, tuant quiconque se trouvait sur leur chemin, et ils massacrèrent un grand nombre de musulmans. Ils pillèrent les biens, s’emparèrent des enfants et des femmes, puis libérèrent ceux qui, parmi les Byzantins, étaient jusque-là captifs des musulmans (ils étaient au nombre de mille quatre cents). Ces derniers prirent aussitôt les armes pour combattre aux côtés de leurs compatriotes, se montrant encore plus acharnés contre les musulmans [que leurs propres troupes] (1). Ils firent prisonniers près de plusieurs dizaines de milliers de personnes, parmi lesquelles des garçons et des filles, un grand nombre de femmes, et deux mille hommes. Ils détruisirent et incendièrent les mosquées, versèrent de l’eau dans les jarres d’huile au point que l’huile se répandit et soit perdue, et tout ce qu’ils ne pouvaient emporter, ils le brûlaient. Ils restèrent dans la ville neuf jours, y perpétrant ces grands méfaits. Puis le Dumastaq décida de se retirer, de crainte que Sayf ad-Dawla ne revienne. Son neveu lui dit : « Te retires-tu en laissant la citadelle derrière toi ? » Il répondit : « Nous avons déjà accompli au-delà de nos espérances, et il s’y trouve des combattants et de vaillants guerriers. » Le neveu insista : « Nous devons absolument nous en emparer. » Il lui rétorqua : « Vas-y donc. » Il se dirigea (2) alors vers la citadelle pour l’assiéger, mais on lui jeta une pierre qui le tua immédiatement, au milieu de l’armée. Le Dumastaq, furieux, ordonna qu’on amenât devant lui les prisonniers musulmans qu’ils détenaient, au nombre d’environ deux mille, et il ordonna de leur trancher la tête sous ses yeux — que Dieu le maudisse. Puis il rebroussa chemin — que Dieu l’enlaidisse.

Auparavant, ils étaient entrés dans ‘Ayn Zarba (3) au mois de Muharram de la même année. Les habitants sollicitèrent la protection (amân), que le roi leur accorda, mais il ordonna que tous se rendent à la mosquée, menaçant de tuer ceux qui resteraient chez eux. Ainsi, tous se retrouvèrent dans la mosquée et quiconque tardait fut exécuté. Le roi dit alors : « Que personne ne demeure aujourd’hui : partez où vous voudrez ; celui qui restera sera mis à mort. » Dans leur empressement à quitter la mosquée, beaucoup périrent, et ils errèrent çà et là sans savoir où se réfugier, de sorte que nombre d’entre eux décédèrent sur les routes. Puis il démolit la grande mosquée, brisa le minbar, coupa quarante mille palmiers des alentours, et détruisit l’enceinte de la ville ainsi que certaines maisons désignées. Il séjourna un temps en ce lieu et, dans ses environs, conquit cinquante-quatre forteresses — certaines par la force, d’autres en accordant la sécurité — tout en massacrant nombre de gens. De leur côté, les Byzantins firent prisonnier Abû Firâs ibn Sa‘îd ibn Ḥamdân, vice-gouverneur de Manbidj pour le compte de Sayf ad-Dawla. C’était un poète remarquable, possédant un beau recueil. Après un séjour de vingt et un jours à ‘Ayn Zarba, ils se rendirent à Qaysariyya. Là, quatre mille habitants de Tarsoûs, avec son gouverneur Ibn al-Zayyât, les affrontèrent, mais furent en grande partie tués. Le jeûne des chrétiens survint et les occupa jusqu’à ce qu’ils l’achèvent ; ensuite, ils attaquèrent Alep à l’improviste, et il advint alors ce que nous avons relaté plus haut.

La même année, la populace parmi les Râfidites (4) écrivit sur les portes des mosquées de Bagdad des formules maudissant Mu‘âwiya ibn Abî Sufyân (qu’Allah l’agrée), ainsi que celui qui aurait usurpé à Fâtima la possession de Fadak — visant Abû Bakr (qu’Allah l’agrée) — celui qui aurait exclu al-‘Abbâs de la shûrâ — visant ‘Umar (qu’Allah l’agrée) — celui qui aurait exilé Abû Dharr — visant ‘Uthmân (qu’Allah l’agrée) — et celui qui aurait empêché d’ensevelir al-Ḥasan.

(1) Entre deux parenthèses de (Ṭ). (2) C’est-à-dire qu’il l’a visée. Al-Lisān (Ṣamad). (3) Dans Muʿjam al-Buldān (4/177) : ʿAyn Zarbā - avec un alif maqṣūra - un village dans les environs de al-Musayṣa. (4) En marge de (Ḥ) : Les rawāfiḍ se sont multipliés à Bagdad cette année-là, et ils ont publiquement prononcé la malédiction, que Dieu les tue.
ودخلوا البلد يقتلون من لقوه، فقتلوا من المسلمين خلقًا كثيرًا، وانتهبوا الأموال والأولاد والنِّساء، وخلَّصوا من كان بأيدي المسلمين من أسارى الروم، وكانوا ألفًا وأربعمئة، فأخذوا السيوف فقاتلوا مع قومهم، وكانو أضرى على المسلمين [من قومهم] (١) ، وأسروا نحوًا من بضعة عشر ألفًا ما بين صبي وصبيَّة، ومن النساء شيئًا كثيرًا، ومن الرجال ألفين، وخربوا المساجد وأحرقوها، وصبُّوا في حِباب الزيت الماء حتى فاض الزيت على وجه الأرض وهلك، وكل شيء لا يقدرون على حمله أحرقوه، وأقاموا في البلد تسعة أيام يفعلون هذه المفاسد العظيمة، ثم عزم الدُّمَسْتَق على الانصراف خوفًا من رجوع سيف الدولة، فقال له ابنُ أخيه: أتذهب وتترك القلعة وراءك؟ ! فقال له: إنا قد بلغنا فوق ما كُنَّا نؤمله، وإن بها مقاتلة ورجالًا غُزاةً. فقال: لابد لنا منها. فقال له: اذهب إليها. فَصَمَدَ إليها (٢) ليحاصرها، فرموه بحجر، فقتلوه في السَّاعة الراهنة من بين الجيش كله، فغضب الدُّمَسْتَق عند ذلك، وأمر بإحضار من كان بأيديهم من أسارى المسلمين، وكانوا قريبًا من ألفين، فَضُربت أعناقهم بين يديه لعنه الله، ثم كر راجعًا قبحه اللّه. وقد دخلوا عين زَرْبة (٣) قبل ذلك في المحرَّم من هذه السنة أيضًا، فاستأمنهم أهلُها، فأمنهم الملك، وأمر بأن يدخلوا كلهم إلى المسجد، ومن بقي في منزله قتل، فصار أهلها كلهم في المسجد، ومن تأخر منهم قتل، ثم قال: لا يبقين أحد منكم اليوم إِلَّا ذهب حيث شاء، ومن تأخر قتل. فازدحموا في خروجهم من المسجد، فمات كثير منهم، وخرجوا على وجوههم لا يدرون أين يذهبون، فمات في الطُّرقات منهم خَلْقٌ كثير. ثم هَدَمَ الجامع وكسر المِنْبر، وقطع من حول البلد أربعين ألف نخلة، وهدم سور البلد والمنازل المشار إليها منها، وأقام بها مدة، وفتح حولها أربعةً وخمسين حِصْنًا، بعضها بالسيف وبعضها بالأمان، وقتل خلقًا كثيرًا، وأسرتِ الرُّوم أبا فراس بن سعيد بن حمدان نائب مَنْبج من جهة سيف الدولة، وكان شاعرًا مطبقًا، له ديوان حسن، وكان مدة مقامه بعين زَرْبة أحدًا وعشرين يومًا، ثم سار إلى قَيْساريَّة، فلقيه أربعة آلاف من أهل طَرَسُوس مع نائبها ابن الزيَّات، فَقَتلَ أكثرهم، وأدركه صوم النَّصارى، فاشتغل به حتى فرغ منه، ثم هجم على حلب بغتة، فكان من أمره ما ذكرناه آنفًا. وفي هذه السنة كتبت العامة من الرَّوافض (٤) على أبواب المساجد ببغداد لعن معاوية بن أبي سُفْيان (رضي الله عنه) ، ولعن من غَصَبَ فاطمة فَدَكًا؛ - يعنون أبا بكر (رضي الله عنه) ومن أخرج العباس من الشُّورى - يعنون عمر (رضي الله عنه) ومن نفى أبا ذر - يعنون عثمان (رضي الله عنه) ومن منع دفن الحسن
(١) ما بين حاصرتين من (ط). (٢) أي قصدها. اللسان (صمد). (٣) في معجم البلدان (٤/ ١٧٧): عين زربى - بألف مقصورة - بلد من نواحي المصيصة. (٤) في هامش (ح): كثر الروافض في بغداد بهذه السنة، وأعلنوا اللعن قاتلهم اللّه.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies