Au moment de sa mort (1), on lui demanda : « Qu’a fait Dieu de toi ? » Il répondit : « Il m’a pardonné, et Il m’a ordonné d’entrer au Paradis malgré les confusions (ou fautes) que j’ai commises, et Il m’a dit : “J’ai fait serment de ne point châtier les octogénaires.” » Cet homme fut le premier parmi les chaféites à assumer la fonction de juge suprême (Qâḍî al-Quḍât) à Bagdad.
Muhammad ibn Aḥmad ibn Khanb (2) ibn Aḥmad ibn Rājiyān (3), surnommé Abû Bakr al-Dihqân, était originaire de Bagdad et s’établit à Boukhârâ. Il y transmit des hadiths de Yaḥyā ibn Abî Ṭâlib, al-Ḥasan ibn Mukram, et d’autres, avant de décéder à l’âge de quatre-vingt-sept ans (4).
Abû ‘Alî al-Khâzin (5) mourut en sha‘bân de cette même année. On découvrit dans sa demeure des trésors et des dépôts confiés par les gens, dont la valeur avoisinait quatre cent mille dinars.
[Ensuite débuta l’année 351 (de l’Hégire)]
[L’entrée des Byzantins à Alep.]
Cette année-là, Al-Dumastaq, roi des Byzantins – que Dieu le maudisse – pénétra à Alep à la tête de deux cents mille combattants. La raison en fut son arrivée subite dans la ville. Sayf al-Dawla ibn Ḥamdân marcha contre lui avec les compagnons qu’il avait sous la main. Il combattit Al-Dumastaq, mais ne put lui tenir tête en raison du grand nombre de ses troupes ; il tua nombre d’hommes parmi les compagnons de Sayf al-Dawla. Ce dernier, manquant de patience, prit la fuite avec un petit groupe de ses hommes.
La première chose que ce Al-Dumastaq – puisse Dieu le déshonorer – s’empressa de conquérir fut la demeure de Sayf al-Dawla, située à l’extérieur de la ville ; il s’en empara et y trouva de grandes richesses, des réserves considérables et une quantité innombrable d’armes et d’équipements de guerre. Puis il approcha des remparts et assiégea la muraille. Les habitants de la ville la défendirent vaillamment, causant de nombreuses pertes dans les rangs byzantins. Les Byzantins ouvrirent une large brèche dans le rempart, et certains d’entre eux y pénétrèrent, mais les musulmans les chargèrent et réussirent à les en déloger. La nuit venue, les musulmans s’employèrent activement à la réparer, si bien qu’au matin elle était restaurée comme auparavant. Ils gardèrent alors la muraille avec un soin extrême.
Puis parvint la nouvelle selon laquelle l’infanterie de la police commettait des exactions dans la ville, pillant les maisons. Les habitants revinrent alors protéger leurs demeures, et c’est ainsi que les Byzantins prirent le dessus sur le rempart et parvinrent à le gravir.