Muhammad ibn ‘Alî (1), Abû ‘Abd Allâh, le Hachémite, al-Khatib [le Damascène. Je pense qu’il est celui auquel est associé le quartier Al-Khatib, dans les environs de Bâb aṣ-Ṣaghîr], (2) fut le prédicateur de Damas à l’époque des Ikhchîdides.
C’était un jeune homme au visage agréable, à la silhouette gracieuse et aux qualités accomplies. Il décéda subitement un vendredi, le vingt-septième jour de Rabî‘ al-Awwal de cette année-là. Le vice-sultan assista à ses funérailles, ainsi qu’une foule immense qu’on ne saurait dénombrer. – qu'Allah lui fasse miséricorde – [C’est ainsi qu’en a fait la chronique] (2) Ibn ‘Asâkir. Il fut inhumé à Bâb aṣ-Ṣaghîr.
Puis arriva l’année 348 de l’Hégire. En cette année, un conflit opposa les Râfidites (chiites) et les gens de la Sunna, provoquant de nombreuses victimes. Un incendie se déclara à Bâb aṭ-Ṭâq, et un grand nombre de pèlerins originaires de Mawṣil, environ six cents personnes, se noyèrent dans le Tigre. Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons.
Cette même année, les Byzantins pénétrèrent à Ṭarsûs et à ar-Ruhâ (Édesse), tuèrent, capturèrent et s’emparèrent de butin, puis revinrent sains et saufs – qu’Allah les maudisse. Par ailleurs, les pluies furent rares et les prix montèrent. Les gens prièrent pour la pluie, mais ils ne furent pas exaucés. Un gigantesque essaim de sauterelles fit son apparition au mois de mars, dévorant toutes les plantes potagères : la situation devint alors extrêmement pénible [pour la population] (2). Ce qu’Allah veut se réalise, et ce qu’Il ne veut pas ne se réalise pas.
La même année, Mu‘izz ad-Dawla retourna à Bagdad depuis Mawṣil et maria sa fille au fils de son frère, Mu’ayyad ad-Dawla ibn Rukn ad-Dawla (3). Il l’envoya ensuite avec lui à Rayy (4).
[Parmi les notables décédés cette année-là figure] Ibrâhîm ibn Shaybân (5), Abû Isḥâq al-Qirmîsînî, maître du soufisme dans la montagne, compagnon d’Abû ‘Abd Allâh al-Maghribî. Parmi ses belles paroles, il disait : « Quand la crainte s’installe dans le cœur, elle en brûle les lieux de la concupiscence et y chasse tout désir du bas-monde. »