Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les nations ont été distinguées, tout comme le vendredi a été préféré à tout autre jour (1). Quant à ce hadith – qui est mensonger –, il n’est valide ni quant à sa chaîne de transmission ni quant à son texte. Jamais il ne se tiendrait en personne devant le Messager d’Allah (ﷺ) pour lui rendre le salut et apprendre de lui. Pourtant, ils relatent dans leurs récits, et attribuent à certains de leurs maîtres, qu’al-Khaḍir viendrait à eux, les saluerait, connaîtrait leurs noms, leurs demeures et leurs endroits. Or, en parallèle, il ne reconnaîtrait pas Moïse fils de ‘Imrān, interlocuteur direct de Dieu, que Celui-ci a choisi en ce temps au-dessus de tout autre, au point de devoir se présenter à lui comme étant Moïse des Banū Isrāʾīl. Al-Ḥāfiẓ Abū l-Ḥusayn ibn al-Munādī a d’ailleurs déclaré, après avoir cité ce hadith rapporté d’Anas : « Les spécialistes du hadith s’accordent pour dire qu’il s’agit d’un hadith dont la chaîne de transmission est rejetée et dont le texte est faible, révélant les marques d’une invention. »

Pour ce qui est du hadith rapporté par l’imam Abū Bakr al-Bayhaqī (2), qui affirme : « Abū ‘Abd Allāh al-Ḥāfiẓ nous a informés, Abū Bakr ibn Bālawayh nous a informés, Muḥammad ibn Bishr ibn Maṭar nous a rapporté, Kāmil ibn Ṭalḥah nous a rapporté, [d’après] ‘Abbād ibn ‘Abd al-Ṣamad, selon Anas ibn Mālik, qui a dit : “Lorsque le Messager d’Allah (ﷺ) mourut, ses Compagnons se rassemblèrent autour de lui et pleurèrent. Alors un homme à la chevelure cendrée et de belle prestance entra, franchit leurs rangs, pleura, puis se tourna vers les Compagnons du Messager d’Allah (ﷺ) en disant : ‘Auprès de Dieu se trouve la consolation pour toute affliction, la compensation pour toute perte et le remplaçant pour tout ce qui disparaît. Revenez donc à Lui et tournez-vous vers Lui, car Son regard se porte sur vous dans l’épreuve, observez bien : celui qui subit réellement l’épreuve est celui qui ne trouve pas réparation à son malheur.’ Puis il partit.”

Certains se dirent alors : ‘Reconnaissez-vous cet homme ?’ Abū Bakr et ‘Alī répondirent : ‘Oui, c’est le frère du Messager d’Allah (ﷺ), al-Khaḍir (– paix sur lui –).’ » Abū Bakr ibn Abī l-Dunyā a également rapporté ce récit, d’après Kāmil ibn Ṭalḥah, avec un texte différent de celui d’al-Bayhaqī. Puis al-Bayhaqī dit : « ‘Abbād ibn ‘Abd al-Ṣamad est faible, et ce hadith est totalement rejeté. » J’ajoute : ‘Abbād ibn ‘Abd al-Ṣamad est Abū Maʿmar al-Baṣrī, qui a transmis un recueil de traditions d’Anas. Ibn Ḥibbān (3) a déclaré

(1) Ibn Kathīr a résumé le texte ici, ce qui a conduit à une certaine confusion de son contenu. Ce que rapporte Ibn ʿAsākir dans son abrégé (tome 8, p. 65) : selon Anas, le Messager de Dieu ﷺ se faisait ses ablutions de nuit à nuit. Une nuit, je suis sorti avec lui dans certains chemins de Médine, tenant le matelas de purification (ṭahūr) avec moi. J’entendis la voix d’un homme qui priait : « Ô Dieu, aide-moi à ce qui me sauvera de ce qui m'effraie. » Le Messager de Dieu ﷺ dit : « S’il avait fait la prière suivante » — Allah donna réussite à la langue de cet homme qui invoquait, celui qui partageait l’âme du Messager de Dieu ﷺ — et l’homme dit : « Ô Dieu, accorde-moi le désir sincère des véridiques envers ce qu’ils désirent. » Le Prophète ﷺ dit alors : « Laisse le matelas, ô Anas, par Celui qui réunit les deux vendredi et le Seigneur de la Kaʿba, va vers cet homme et dis-lui : prie pour le Messager de Dieu ﷺ afin qu’Allah l’aide dans ce pour quoi Il l’a envoyé, et prie également pour sa communauté qu’elle s’empare de ce que leur a donné leur Prophète. » Il demanda : « Qui t’envoie ? » — Le Prophète ﷺ ne m’avait pas dit de lui rapporter qui m’envoyait — Je dis : « Et toi, qu’en est-il ? » Il répondit : « Je ne prie pas tant que tu ne me dis pas qui t’envoie. » Je dis : « Et toi, qu’en est-il ? » Il répondit : « Je ne prie pas tant que tu ne me dis pas qui t’envoie. » Je retournai auprès du Prophète ﷺ et lui dis : « Ô Messager de Dieu, il refuse tant que je ne lui dise qui t’envoie. » Il dit : « Dis-lui : “Le Messager de Dieu” ﷺ. » Je retournai et lui dis : « Le Messager de Dieu ﷺ m’envoie. » Il répondit : « Salut au Messager de Dieu ﷺ et à son envoyé, je suis plus digne d’aller vers le Messager de Dieu ﷺ. Va vers le Messager de Dieu ﷺ et dis-lui : « Je suis ton frère al-Khaḍir, et certes Dieu t’a honoré au-dessus des prophètes comme Il a honoré le mois de Ramadan au-dessus des autres mois, et Il a honoré ta communauté au-dessus des autres communautés comme Il a honoré le vendredi au-dessus des autres jours. » Quand je me détournai, je l’entendis dire : « Ô Dieu, fais-moi faire partie de cette communauté bénie, guidée et agréée. » (2) Dans Dalāʾil al-Nubuwwa (7/269). (3) Al-Majrūḥīn (2/171).
الأمم كما فضّل يوم الجمعة على غيره (١) . الحديث -وهو مكذوب- لا يصح لا سندًا ولا متنًا، لا يتمثَّل بين يدي رسول الله ﷺ ويجيء بنفسه مسلّمًا ومتعلِّمًا وهم يذكرون في حكاياتهم وما يسندونه عن بعض مشايخهم أن الخضر يأتي إليهم، ويسلّم عليهم، ويعرف أسماءهم ومنازلهم ومحالّهم، وهو مع هذا لا يعرف موسى بن عمران كليم الله الذي اصطفاه الله في ذلك الزمان على مَن سواه حتى يتعرف إليه بأنه موسى بني إسرائيل. وقد قال الحافظ أبو الحسين بن المنادي، بعد إيراده حديث أنس هذا: وأهل الحديث متفقون على أنه حديثٌ منكر الإسناد سقيم المتن يتبين فيه أثر الصنعة. فأما الحديث الذي رواه الحافظ أبو بكر البيهقي (٢) قائلًا: أخبرنا أبو عبد الله الحافظ، أخبرنا أبو بكر ابن بالويه، حدّثنا محمد بن بشر بن مطر، حدّثنا كامل بن طلحة، حدّثنا عباد بن عبد الصمد، عن أنس ابن مالك قال: لما قُبض رسول الله ﷺ أحدق به أصحابه فبكوا حولَه واجتمعوا، فدخل رجلٌ أشْهَب اللجة جسيمٌ صبيح، فتخطّى رقابَهم، فبكى ثمّ التفت إلى أصحاب رسول الله ﷺ فقال: إن في الله عَزاءً من كلِّ مصيبةٍ، وعِوَضًا من كلِّ فائت، وخَلَفًا من كلِّ هالك، فإلى الله فأنيبوا وإليه فارغبوا، ونظره إليكم في البلاء، فانظروا فإن المصاب من لم يُجْبَر، وانصرف. فقال بعضهم لبعض: تعرفون الرجل؟ فقال أبو بكر وعلي: نعم هذا أخو رسول الله ﷺ الخضر (عليه السلام) . وقد رواه أبو بكر بن أبي الدنيا عن كامل بن طلحة، به، وفي متنه مخالفة لسياق البيهقي، ثم قال البيهقي: عباد بن عبد الصمد ضعيفٌ، وهذا منكر بمرة. قلت: عباد بن عبد الصمد هذا هو أبو معمر البصري، روى عن أنس نسخه؛ قال ابن حِبان (٣) ،
(١) اختصر ابن كثير النص هاهنا فالتبس مضمونه. والذي عند ابن عساكر، في المختصر (٨/ ٦٥): عن أنس قال: كان رسول الله ﷺ يتوضأ من الليل إلى الليل، فخرجتُ معه ذات ليلة في بعض طرق المدينة ومعي الطَّهُور، فسمعت صوت رجل يدعو: اللهم أعني على ما ينجيني مما خوّفتني. فقال رسول الله ﷺ : لو دعا بالتي تليها - قال: وفّق الله على لسان الداعي الذي كان في نفس رسول الله ﷺ - فقال: اللهم ارزقني شوق الصادقين إلى ما شوقتهم إليه. فقال: دع الطهور يا أنس، جُمعتا له وربّ الكعبة، ائت هذا الداعي فقل له: ادع لرسول الله ﷺ فليُعنه الله على ما بعثه، وادع لأمته أن يأخذوا ما آتاهم نبيهم. قال: من أرسلك؟ - قال: ولم يكن النبي ﷺ قال لي: أخبره من أرسلني- قال: فقلت: وما عليك؟ قال: لست أدعو حتى تخبرني من أرسلك. فقلت: وما عليك؟ قال: لست أدعو حتى تخبرني من أرسلك. قال: فأتيت النبي ﷺ فقلت: يا رسول الله إنه أبى حتى أخبره من أرسلني. قال: قل له: "رسول الله ﷺ ". فأتيت فقلت له: رسول الله ﷺ أرسلني. قال: مرحبًا برسول الله ﷺ ، وبرسوله، أنا أحق أن آتي رسولَ الله ﷺ ، فائت رسول الله ﷺ وقل له: أنا أخوك الخضر، وإن الله فضلك على النبيين كما فضّل رمضان على سائر الشهور، وفضل أمتك على سائر الأمم، كما فضل الجمعة على سائر الأيام. قال: فلما ولّيت سمعته يقول: اللهم اجعلني من هذه الأمة المرحومة المرشدة المتاب عليها. (٢) في دلائل النبوة (٧/ ٢٦٩). (٣) المجروحين (٢/ ١٧١).

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