Puis débuta l’année trois cent quarante-sept (347 de l’Hégire). Au cours de celle-ci, il y eut un tremblement de terre à Bagdad au mois de nīsān (avril), ainsi que dans d’autres régions orientales. Un grand nombre de personnes y perdirent la vie et de nombreuses habitations furent détruites. Vers la fin de nīsān et durant ayyār (mai), un immense essaim de sauterelles fit son apparition, dévastant les récoltes estivales et les arbres fruitiers.
Les Byzantins pénétrèrent à Āmid et Mayyāfāriqīn, tuèrent mille cinq cents personnes, prirent la ville de Sumaysāt et la ravagèrent. – « Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons. »
Pendant le mois de muḥarram de cette année, Muʿizz ad-Dawla se rendit à al-Mawṣil (Mossoul) et la reprit des mains de Nāṣir ad-Dawla, qui s’enfuit d’abord à Naṣībīn, puis à Mayyāfāriqīn. Muʿizz ad-Dawla le poursuivit jusqu’à ce que Nāṣir ad-Dawla se réfugie auprès de son frère Sayf ad-Dawla à Alep. Ensuite, Sayf ad-Dawla entra en pourparlers avec Muʿizz ad-Dawla pour parvenir à une réconciliation entre lui et son frère Nāṣir ad-Dawla. La paix fut conclue contre le versement annuel de deux millions neuf cent mille (2 900 000) dirhams. Muʿizz ad-Dawla retourna alors à Bagdad après que l’accord eut été scellé.
La même année, al-Muʿizz le Fāṭimide dépêcha son affranchi Abū al-Ḥasan Jawhar al-Qāʾid à la tête de ses troupes, accompagné de Zīrī ibn Manād aṣ-Ṣinhājī. Ils conquirent de nombreuses contrées dans l’extrême Maghreb, jusqu’à atteindre l’océan. Jawhar ordonna que l’on y pêchât du poisson pour l’envoyer, vivant dans des cruches d’eau, à al-Muʿizz le Fāṭimide. Jawhar gagna ainsi les faveurs du calife, et son prestige grandit au point qu’il atteignit le rang d’un vizir.
Parmi les notables décédés cette année-là figure al-Zubayr ibn ʿAbd al-Wāḥid ibn Muḥammad ibn Zakariyyā ibn Ṣāliḥ ibn Ibrāhīm, Abū ʿAbd Allāh al-Asadābādhī. Il voyagea, écouta (les traditions), parcourut plusieurs provinces et fréquenta des maîtres comme al-Ḥasan ibn Sufyān, Ibn Khuzayma, Abū Yaʿlā et bien d’autres. C’était un mémorisateur fiable et méticuleux, qui composa des ouvrages sur ses professeurs (ash-shuyūkh) et sous forme de recueils thématiques (al-abwāb).