Il interdisait le mal et voyagea à la recherche du hadith dans des contrées lointaines et des pays divers. Il partageait ses nuits en trois parties : un tiers pour le sommeil, un tiers pour la rédaction et un tiers pour la lecture. L’un de ses contemporains raconta l’avoir vu [en rêve] (1) après sa mort et lui avoir demandé : « Es-tu parvenu à ce que tu désirais ? » Il répondit : « Oui, par Dieu, nous sommes auprès du Messager de Dieu (ﷺ), et j’ai présenté devant lui mes ouvrages sur le hadith, qu’il a acceptés. »
Abou Bakr ibn al-Haddad (2), le jurisconsulte shafi‘ite – de son nom complet Muhammad ibn Ahmad ibn Muhammad, Abou Bakr ibn al-Haddad – était l’un des imams de l’école shafi‘ite. An-Nassaï rapporta de lui et affirma : « Je l’ai accepté comme argument entre moi et Dieu – Exalté soit-Il –. » Ibn al-Haddad était un juriste spécialisé dans les branches de la loi, un spécialiste du hadith, un grammairien et un homme à l’éloquence remarquable, possédant une grande finesse d’analyse dans les questions de détail. Il composa un ouvrage singulier à ce sujet. Il exerça la fonction de juge en Égypte comme suppléant d’Abou ‘Ubayd ibn Harbawayh (3), et nous l’avons mentionné dans les « Tabaqât ash-Shafi‘iyya ».
Abou Ya‘qoub al-Adhra‘î (4), Isḥaq ibn Ibrâhîm ibn Hâshim ibn Ya‘qoub ibn Ibrâhîm an-Nahdî, fut décrit par Ibn ‘Asâkir comme originaire d’Adhra‘ât, une ville du Balqâ’. Il était l’un des transmetteurs fiables parmi les pieux serviteurs de Dieu : il voyagea et transmit [des traditions] de plusieurs maîtres, tandis que d’autres recueillirent de lui. Un autre rapporta qu’il figurait parmi les notables de Damas, à la fois parmi ses dévots et ses savants (5). Ibn ‘Asâkir a relaté de lui des faits qui témoignent de sa piété et de la survenue de prodiges en sa faveur. Ainsi, il rapporta que cet homme disait : « J’ai demandé à Dieu de me faire perdre la vue et je suis devenu aveugle. Lorsque j’ai fini par souffrir en accomplissant mes ablutions, j’ai demandé à Dieu de me la rendre, et Il me l’a rendue (6). » Il mourut à Damas cette année-là, en l’an 344 de l’Hégire, ce que confirma Ibn ‘Asâkir, et il avait dépassé quatre-vingt-dix ans.