Les mécréants, dont un grand nombre fut tué, et un groupe de Rūs fut fait prisonnier. Parmi eux se trouvaient le gendre du Dumastuq ainsi que le fils de sa fille. Au cours de cette même année, les gens souffrirent de nombreuses maladies, de fièvres et de maux de gorge.
Cette année-là, l’émir louable Nūḥ ibn Naṣr al-Sāmānī, seigneur du Khurāsān et de Transoxiane, mourut. Son fils, ʿAbd al-Malik, lui succéda.
[Parmi les personnalités décédées cette année-là] :
• Al-Ḥasan ibn Aḥmad (Abū ʿAlī al-Kātib, l’Égyptien). Il fut le disciple d’Abū ʿAlī al-Rūdhbārī et d’autres. Abū ʿUthmān al-Maghribī l’estimait grandement et disait : « Abū ʿAlī al-Kātib fait partie des adeptes de la voie (spirituelle). »
Parmi ses propos rapportés par Abū ʿAbd al-Raḥmān al-Sulamī, on trouve : « Les effluves de l’amour se dégagent des amants même s’ils les dissimulent ; ses indices se manifestent en eux même s’ils les cachent, et il se révèle à eux même s’ils tentent de le voiler. »
Il récita ces vers :
« Si jamais les âmes des hommes gardent Son souvenir secret,
je le perçois en eux, sans qu’ils ne prononcent un mot.
Leur souffle les embaume et s’échappe pour s’ébruiter :
comment le musc, remis au vent, pourrait-il demeurer caché ? »
• ʿAlī ibn Muḥammad [ibn Muḥammad] ibn ʿUqbah ibn Hammām (Abū al-Ḥasan al-Shaybānī al-Kūfī). Il se rendit à Bagdad où il transmit de nombreux récits et fut lui-même rapporté par al-Dāraquṭnī. Il était digne de confiance, intègre, récitait fréquemment le Coran et possédait une grande connaissance du fiqh. Il témoigna devant les juges durant soixante-treize années, étant constamment accepté d’eux, et il fit l’appel à la prière dans la mosquée de Ḥamza al-Zayyāt pendant plus de soixante-dix ans, tout comme son père avant lui.
• Muḥammad ibn ʿAlī ibn Aḥmad ibn al-ʿAbbās (al-Karkhī), l’homme de lettres. Il était érudit, ascète, et pieux : il achevait la lecture du Coran chaque jour, jeûnait continuellement et reçut la transmission du ḥadīth de ʿAbdān et de ses contemporains.